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Full text of "Le second livre, iovrnal ou comptoir, contenant le vray discovrs et narration historiqve, du voiage faict par les huict navires d'Amsterdam, au mois de mars l'an 1598, soubs la conduitte de l'admiral Iaques Corneille Necq, et du vice-admiral VVibrant de VVarvvicq. De leur voiage, & choses plus memorables, eux audit voiage sur venues, de leur riche charge, & sain retour ... Aussi est icy adiouté un Vocabulaire des mots Iavans, Malaites & Flamengs"

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LE SECOND LIVRE,' 

IOVRNAL OV COMP 

TOIR> CONTENANT LE VRAY DISj 

COVRS ET NARRATION HISTORIQVE, DV VOIAGE 
faift par lcshuiél Navires d'Amfterdam, au mois de Mars -.Un i 5 9 «• foubslaconduittc 
dci'Adimté/aques Corneille Necq,6cdnVicc-Admm\m De 
leur voiage, & choies plus mémorables , eux audit voiage fur venues , de 
leur riche charge, & fain retour, 

EnCembleleurtraffique^antenacbepterquen^endre^ 

tt&cs MolHcquesJetrain,converfation,equipage de la guerre, fitmtion des hem, quel 
profit quilj a a faire fort rare & utile a lircj. 

Orné avecq beaucoup lames d'erain & Cartes, joint leurs explications. 

cJusfieJlicj iitout'timVtcMaindts mots Françoù } Uv<ms é Ul/UUitUi 




3^ey. Oufanty Cunctorum !favancnsntm 
fëgywn jJoimtisJîmus- ci}, numtroo) Xofi /tirm 
ef jfânftm vsdém emUttfàt: T^çtdaiiomÇm, 
yrt jjïûnmmi mtenhir clr oiwj'ahis, a^jus 
urui navujta jjCwvmti mari conimuo para ta 
et mflrucla (îafei; J^e^nwn egus Orra 
IJî'Hc-kium^ esi J'c/raçisjvrnum , 



Imprimé a Amfterdam chez Corneille Nicolas , fur l'eauc au Diare. 

PourBonaventurcDacivclleLibrairea Calais,lAn iôot. 



IOVRNAL OV COMP- 
toir, CONTENANT LE VRAY DIS- 

COVRS ET DESCRIPTION HISTORIQUE, DV VOIA- 

G E FAICT PAR LES HVICT NAVIRES D'AMSTERDAM, SOVBS LA 
conduitte de l' Admirai laques Corneille Necq t ôtdu Vice- Admirai Wtbrant de Warwicq^txvL en l'an l j 9 S. 
au premier jour de Mars,de leur voiagc , & chofes plus mcmorablcs,eux 



audit volage advenues. 




V nom du Seigneur, en Tan 1 5 9 S. nu premier jour de Mars,ont mes Seigneurs les Supcrin*endensde t' a » m* 
nottre patrie équipé iix fupeibcs navires , avecq deux Patafches pour lingler vers les Indes orientales, KIT».* 
foubs lcfquels onr elle ces (bus nommez. 

Le premier noiVimé CManrue, Admirai laques Corneille Necq âl Amsterdam, mai (tre Goâefridîean. 
Le fécond nommé ^mjierdam , Vice- Admirai Wtbrant de ^rir/^aunid'AmuerdamjmaiûrcOr* 

V ille le ^n Forîitin, 

Le troiiielme nomme llolUnâe> maifire Simon Lambert C*fau. 
ï^c qmiticfmc Zelande,mzithc N/colas lea* <JMclc nap % 
L c cincquicfmc nomme GuehUes ^s\\\i\\ç. lean Brnin. 
Le hxidmi Wtricht ,mairrre lean Jklartm. 

Le fepticfmc lagrande Pata'chc,nomméc Fnfe, mxÇnc Jean Corneille 
Lehuicliefmela petite Patalchc,nomméc Oticr-TItl.mMicStmor, IeanHoen. 

Sur ces dits huid navires ont elle environ c:nc cen s & loixante hommes, & ont pafle monftre,le neufierme de Uml 
le 13 .partifmes d'Amll erdam,& le 29. font les grands navires conduits par les navires d'eau,outrc Pampus. 
Le 4-d' Auril radoir la navire Hollandia chez le (able d' Fnchu fe,ou il fuft contraint par tem pelle & orage de couper le 
jnas du triquer ,ôc le 22 .arrivafmes au Texel,ou nous iejournames Séjours, attendans bon vent pour fortir. 
Le premier jour de May partifmes de Texel, avecq ung vent S.E. 

Le 1 3 .palTames Doevcres,ou nous rencontrafmes quelques navires de guetrc,aufquels nous filmes parolles Ôt le qua- i^ïSr- 
triefme vifmes Wicht, Port lande & Bevcfir. ««derc** 

Le 1 o.arriva en la flotte dans la mer Hifpaniquc,ung Bat! eau d'Enchufe venat i Avtrofr environ deux heures après 
ruft il pour fuivi par noftrc petit Brigan in, Rapportant quelques lettres \ & achepia de luy bien icooo. pommes d'Oran- 
ge,lefqucls ont eftcdiftribues entre nous & chafeun en eu 11 huicT:. 

L'onficlmeeufmes la haïr eur des Bagrelr^k avons baptifé fur la navire nommée GucUres 9 bien 23 .perfonnes. 

Le 1 5. vifmes les //foafc CMadcra ôc les Sartirs. 

Le ly.dévam les difner paflàmes les Illes de Canarie,afcavoirC7<?7Ztfr4 &hPalma. 
Le 2 3. panâmes les lflesfaiines,alcavoir///Zp de JMaio, &SwtIago. 

Le 29.avons eftë fur la hauteur de fix degrez & nous fallut alors par tempefte ôc orage caller nos voiles,& le vent con- 
tinua environ de deux heures. 

Le 1 .de Iuin prifmes une Tortue, pelante 145 .livres. 
Le fauta Gérard Jean d' Alcmar hors le grand Brigantin en la mer. 

Le 6.voloit en la navire nommée Gueldres ung poiflbn volant,qui nous fembloit une choie ettrange. 
Le S.palTamcsdes fous r^uinocJial d'un bon vent,& alors chafque bouteille avoit un pot de Vin. 
Le 15. avoit chafque bouteille 3. de joye qu'eftions paiTé les feichereffes de Brafil , Cmécs fur 18. degrez au Sud de Eft*n« P *r« 
tvSqmmcl, r s i ei£ L hc ff* 
Le27.seigaroiftlc petit Brigantin de nous, a caufe de la neblc , Ôc le 27,cnvoioit l'Admirai la navire Hollandia la fuli;ntlC 

«1 | nous une 

chercher. grande \<*?* 

Le lendemain au matin, prifmes la pi (le du pays, & quand nous fufmesdelToubs ledit pays, y a il deux Barques quî 

gafehoyent vers le pays, pour trouver aucun refrailchement. 

Le 2 9 .arrivoith navire avecq la petite Patafche en la Hotte,alors(èfiiU juftice fur le navire no» 

me Gwldresyôi vifmes grande quantité d'oifeaux,a l'inftar des Cigoignes. 

Le 24.de Iuiilet avons en l'hauteur du C.de benne Efperance, fitué lur 2 5 .degrez de l't^quinocliaL 

Le 27.avons veu flotter des longs tronchets , voire aucuns de 20.011 25 t bralTées > auj[li vifmes une grande quantité des 

grands oiicaux,bonne marque du C.dc bonne Efperance. 

Le 2 8. avons amaré noz cordes aux ancres , la mefme nuict avons eu grand orage, tellement qu'il nous fallut bridet 

nos voiies 3 cx vifmes la mefme nuict, un feu fur le mater:au ? ôc une lumière a l'inftar d'une chandelle. 

A z u 



prinleds 
li vies. 



luilletJ 



LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION i^S.' 



Lc29.s*çfgaroient denous quatre navires, & entre le 3 o.& 31.de nuid en retournèrent 3* dont nous reftoit encore 



; nos navi- ung,afcavoir Corneille lean Melc-nap 



Le lendemain au matin,vifmes le pays du Cap de bonne Efperance. 



&decc qui 
leur «vint» 



teî^'ef- 

Saroycnt4» 
c nos navi 
xss , eftâs fur 

la hauteur du * , 

if ?cwkc nC 2 ' d'dotsgjl beumes noltre dernière cervoife , & eûmes de puis la première portion a eaue , alcavoir par jour quatie 
.Muycttes,& trois de Vin. 

Au 7.nous print derechef une aigre tempefte du S.E. voire tellement, qu'il nous fallut baiflèr nos matercaux. 

Au 8.devât le fbrab fc leua un véhément foudre & tonnerre,dc fortc,quc fumes contraints de callcr nos voiles, & a la 
nuiâ fed'efvoya Y Admka\,H ollandia y ôc le petit Brigantin,par ledit efdiftre & tonnerre de nous, 

AiiH-abborderent noftre Commis & le Maiftrcde la navire l'Admirai, ôcont amoindri noftre portion , de forte 
qu'cufmes par jour une lefqui Muyette du Vin,& fix Muyettcs d'eaue. 

Au 1 5 . vifmes ung petit lieu en la mer roullant,a l'inftar d'un chaudron bouillant , dont l'eaue eftoit fort grife, ayant 
la longueur d'un coup de Canon, & la largeur de la longueur d'une navire,lequel paiTames, mais n'avons rien trouve, 
finon que ce fuit une chofe eftrange a vcoir. 

Le iy.a on faict Iuftice fur noftre navire, pour aucunes choies illecq perpétrées. 

Au 1 8. avons eu le vent contraire, & tenions noltre cours S. E.ce mefme jour avons veu plufîeur Baleines. 
Le 20, avons eu une grande pluye, méfiée de tonnerre & efclair,dont le premier matereau de l'Admirai, le rompift en 
trois,au mefme jour,vuida le vent, tellement que finglames, a l'E.N.E.avecq bonne profperité. 

Le 22.rctourna la navire Zelandia,cnviron 25 .jours quelle s'efearta de nous,& eftions alors cincq en nombre. 
Le 24. ont les compagnons de la navire Zelande,\cuc ung mas de celle de C 'ueldr es 5 pour en faire un a la boulingue , caf 
il avoit perdu le fien,en s'efgarant de nous,& avoit efté en grand péril. 

Le mefme jour , avons veu le terroir Sint Laurent ou Madagascar , qui fit grande joye es naux, fommes ainfi au 25. 
dudicl:,fmglé vers le pays, car nous vifmes que ne povions monter la pointe de Madagascar y tellement qu'avons faicl: rade 
a la pointe du pays,la première fois que jettafmes rancrc,de puis le fordr du Texel. 
Comment u Au 26. dudit mois au matin , y a il deux Barques qui gafehoyent vers le pays , pour trouver aucun refraifehement , 6c 
fthoy-îtve» venant foubz le pays, yailuneBarquéedelanavirc WwA/fubmergée, ou un Quartinier d'Amfterdam delà Barque 
le pa /s de ( nomm £ i em pamer) fubmerga,& au mefme jour avons eu encore une horrible tempefte foubs le pays , tellement qu'il 
nous fallut quitter le dit pays : car la mritc Zélande , le Vice-admiral , le grand Brigantin, & la navire Wtrecht perdirent 
chafeun un ancre, & la navire Gueldres,t'mt fa rade. 

Le 27.au matin,avons guindé noftre ancrc,& avons apprefté noz voiles, pour fuivre les autres, qui eftoyent en équi- 
page, &eufmes bon vent,fifmes le cours E.S.E.pour monter le Caf Saint! Seïajlian, & fommes paffé au i9.dumatinle- 
&&Cap. 

Le 3 o. panâmes le Cap lulian ,cumes grande tranquillité, & le vent contraire a temps obfcur. 

Le 4. de Septembre , ont tous les Marchants & Mariniers,efté chez le Vice-admiral, & ont tenu confeil entre eux , s'ils 
vouloyent entrer en la baye d'Antongil, ou s'ils vouioyent jfuivre leur routte vers Bantam ,& ont trouvé bonde.pafter 
outre. 

Au 5 .avons eu derechef 3 . Muyettcs de Vin , & quatre Muyettes d'eau : mais n'avons point eu du pottage,a caufe que 
n'eûmes pas grand relief d'eaue. Le mefme jour , eûmes le vent en pouppe^llement que fifmes le cours E. & E, quart 
an Nord. 

Le i7.avons veu l'Ifle nommée^ C<?m?,fort collineux,de forte que foupçonnames qu'il y euft de Peau, qui caufaft 
wcuilKT une jovedefmefurée entre nous,car le feîon,commençoit a emincr . 

Le lendemain au matin,y a il deux efquifs garnis des gents qui tiroyent vers l'ijle do Cerne , pour recouvrir aucun re- 
comment f re fli cne mêt & appropinquas ledit pays, ont ils fuivi le long d'iccjuy : mais ne trouvoyent nulle ouvcrture,de forte que 
eiîiiu nL noftre Commis s'eft accompagne au Vice-admiral, & ont ordiné,que noftre equif chercheroit autre lieu, pour y arrivet, 
£ «ocrent tellement que la dite Barque garnie de fept hommes eft allée vers le pays,& approchant au dit pays , trouvèrent ung bel 
P p r^ufiiportclos,auque^ & ainfi retourna la ditte Bar- 

feSrchcôt- quc,devant le foirai' Admirai, & ont apporte avecqcux,bienhui& ou neuf grands,&force petits oifelets toutes prinfes 
de la main,& trouvera aulfi des excellêts ruilTeaux, defeendats des montaignes,de forte qu'il y euft entre nous une joye 
alors infan'ablc, que povions fa oulcr le ventre d'eau, tellement queceft le plus excellent port,pour fe refraifehir eue 
pourries finir, & entrafmes en la ditte Ille,le 1 9.ou nous trouvafmes bon fond , & fcjournafmes fur 14. bralTécs a fond 
delargille. 

Le 20.dudi& mois,ont efté quafi tous les gens de tous 1 es navires a terre , ou nous ovifmes la Prefche , d'un Miniftrc 
qui fuft en la navire du Vice-admiral. Quifuft juftement 4. mois & 20. jours que n'cufmes eu pied a terre , ce mefme 
g^S*f^T jour avons eu double portion de Vin,cn fouvance de la dédicace d'Amfterdam , & rien executca caufe du dimanche, & 
ïvtt^a f,n t"cufmes devant & après le difncr une Prefche,rcmerciant Dieu de nous avoir amené on tel lieu, car t\ n'euflions trouve 
je v ii(n C r a uue ce (Ve place, vrayement il y euft eft une belle troupe qui n'en.euft faid rapport, car le félon fe montra fort entre nous, 
,IClChCf mefme noftre eaue commençoit fort a puir,& fi noir,comme l'eaue d'Evier,& fuîmes (fuivant le dire des Pilotes) envi- 
ron 5oo.lieues de Bantam,ôc cette Ifle fuft des noftres nommée tMaurice. 

Le 21.au maùn.gafchoit noftre cfquif vers ung autre lieu du pays, pour s'enquérir s'ils povoyent trouver aucuns 

gens, 



Septembre» 



llOc do 

Cerne, autre 



oi'.caux, 

Su* ils prin 
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Septembre; DES INDÈS ORIENTALES. t;** % 

Kns,dc forte qu'ils ont trouve une fraifche riviere,defccndante d une môtaignc,mais n'ont trouve perfonne ] icy avons 
nous fourni d'eaux on y peut entrer d'une Chaloupe ou Barque,* puifer Feauc en la Barquc,fort propre pour quenr 
d eau. En cefte rivière prifmes fi grade quantité d'oifeaux,que ne les povions tous menger, yoirequâdnous hfmcs mine 
de les prendre , demeure rent ils afieoir & ne feavoyent enfuir , tellement que les primes de la main , qui cftoit bonne 

marque que ce fu ft ung pays inhabité. ... , . 

Au2 3 !yenavoitilquelquesunscnune petite nafielle qui vouloyent pefcherd unerctsappertenantau Viec-admfc „ 

raLcar il y avoit du poiflbn en grande abondance. 

Lcz^yavoientilsaucuns^preuspouralleravecqlachaloupeaterre, cherchants autre embouchure pour fortirque 

celle qiii leur fervit d'cntrée,a caufe que le vent ne leur voulut fervir,pour fortir du did trou. 

Le lendemain en retournèrent aucuns quieftoyent depefehés , mais n'ont trouvé perionne, le mefmejour avons 
chargé grande quantité d'eau. 4 - T , t ,.. 

Au 27 v a il derechef faide une Prefche pour les matelots en gênerai , & il y euft ung Indien de ceuk qu ilz avoye&t - 
autre fois menez avecq eux , afeavoir celuy quilz avoyent emmené de CMadagafcar , le mefmefuft Chriftienn^ 
laifiaftbaptifcr,&:fuftnommé^«r^/. . dcMauncç, 

Au mcfme jour,retourna la chaloupe,mais n avoit trouvée nulle profondeur qui fuft fuffifante pour fortir avecq les 

grands navires. , . , , , n ■ 

Le 29. en retourna certain nombre de ceulx qui avoyent elle au pays,mais n avoyent rien trouve,fi non un heu en- 
richi des Coquiers & ont apporté des Coquos,ôc nous nous avons pour veu d'eauc fraifeh . 

Le jour enluivant y avoit il une certaine troupe de nos gens , en opinion de quérir des Coquos, & eufmes alors noftre 
première portion du pain,a(cavoir par jour une livre, f 

Le 2 <î Octobre eufmes bon vent , & fifmes voile : mais venants au trou,avons eu tranquillité, de forte qu il nousfaj- Commetl 
îuft conduire les navires avecq la Barque & efqu ifs, mais noftrc Vice-admiral eft rurfement entré , & comme nous ^aXt. 
citions forris avecq ! es navires , ont nos Barcques gafché vers iceluy , pour le faire fortir : mais fi toft qu'ils l'avoyent dejriflc 
abordé,veci le vent commença ung peiit a fe lever,dc forte que par ce moyen il fortit quand & nous , & prifmes la pifte 
àcBantam, al'E.&E.quartauNord. 

L e 1 7.avcns eu le dernier beurre & continiia,le vent fort piquant. 

Le 2 8. &29.femonftra la mer blanche a merveilles, tellement que penfions eftre chez quelque pays: mais cftionS 
totalement fmftré de noftre entente. 

Le mefme jour avons eu le Soleil outre la telle, & fuft la féconde fois que l'avons ainfi eu. 

Description de l'IJle do Cerne.quife nomme maintenant Maurice* 

Jitué fur 21 JegrezauS.de ItsfiquinocJ. 
riHido Cerne .nommée par les H ollmdois Maurice, gifl fur iiJegrczauSjcltAEquinoclial, fraenviron ts. lieues au circuit, © ercrîptî ^ 

J-j J . *■ de l'Ifle 

guerres plus ne moins ; Maimcc,& 
Celuy qui y veult entrer , qu'il 'face rencontrer les deux mont aignes y & laiffe les fix lftettes alamaindroitte ,& vaamfifur ie. **i*hm* 
braflees. la main feneftr eyail une l fie, par i*us nommée lifte d Heemfquercq , & la baye porta le nom de noftre Vice- Admirai & 
fuft nommée la baye de Warwicq. Et a un beau port, ou on peult bien rader des 0 .navires, garanti de tous vent s devant t embouchure 
n y ait que fonder , tellement qu'il y a plus de ioo.braffées. 

La diteJfte eft 'inhabitce,ejrn % aiamais (comme nous fembloit) eflé habitée, car nous fifmes maint marcher : mais n'avons trouvé 
perfonne, fini qu'expérimentions par ï apprivoifement des oi féaux, qu elle fuft in habitée, a caufe qu'on les print en grade abondance de 
la main.Trouvafmes ausftdes hérons: mais ne les povions prendre,car nous le perdîmes le vtue\ a caufe qu ils prindrent leur adrejfe es 
Arbres, mais aucuns de nous apport oyent force plumes, icy efloyent ausfi des oyesfauv 'âges, mais en petit nombre. 

Le pays eft icy fort mmtaigneux,ér les montaignes fort peuplées des arbres infertiles, aucune -fois voit on ung Palmier , aucune fois 
une Palmit, mais les Palmites & Palmiers prévalent es Folies Jes montaignes font fi hautes.que le pays eft quafe entièrement couvert 
'des nues, S a la-fois voit on monter une fiefpefti fumée ,qu on ne peut a peine veoir. Bt fa nature eft il fort pierreux, mai s nonobftant w« 
fort fertile des arbres fauvages, qui y font en grand nombre, voir efifolides quon nj peult quafipaffcr. Ces arbres ont de nature (i beau 
Hebenin, quon pourroit finir en aucuns pays, voire fi noir comme glu,ejr fi égal comme ivoire, par dehors font ils couverts d'une efcorf 
fe ver de]è far dedans font ils orné de çe beau Hebenin , pareillement y a il qui eft excellent rouge^ausfiiaune,voirefipar fait! en cm- 
leur comme cire,&decefte triple couleur a vons aporté une pr eifve, laquelle efl trouvée fort belle . 

^Ausfiy ai/force Palmites,dont nous eufmes bon refrailchemtnt^ crotffent en forme des Coquiers , a lapomtey ailuneefpeffet^ 
laquelle nous coupâmes. & cfioit remplie de la moelle, laquelle nom megeafmes,& en fifmes ausfi de lafalade, qui purgeaft grandement 
nos corps, & en fifmes un cwfjon comme naveaux,& ladite moelle eft fi douce &fi blanche comme un naveau 3 mais cflant tranchée efi 

tlfortefcailleux. rn ■ t rr 

Nousailafmesavecqlapluspartdenûsgentsa terre, fraperceufmes que ce fuft un pays ftraw^de forte que fifmes la aucunsTen- 
tens.é'cabannesounoHspenchamesnosmaladesiufquesaceqùils reconvrerent leur priflmefante, bonne manque de UfermitéM 

fayst $ »ua 

Eftant toutte le flotte furgie a terre j a il Prefche faifie devant > & après le difner , t ovant & remerciant le Seigneur de nous avoir 

A 3 amerti 



LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION ïi 9 S; 

'iminiitt tel lieu, auquel nom trouvions tel rc franchement, car fi n eusfions arrive icy, fins doute il y eu fi eft é bon nombre qmnekâf 
fent racompté,car le filon fc monfirafort entre nous,&ïeaue eftoit du tout puante,voire [moire .comme celle dune gouiiere. £t M 
allors 4.mois ejr 20 jours, que n avions efié a terres. 

Or eftants fur Tlfle CMaurice,y a il une barque fwglée vers un antre lieu du pays 7 pour enquejler icllefujl peuplée , mais n ont rien 
trouve jinon une rivière coulante des montaignes^ey icy fufï noftre fontaine. 



Déclaration de la Figuere ejr Carte du port de 11 fie do Cerner. N°-i. 

A. EiU'enrrée du port.par nous nOmme'e Waervvicq félon lencm du Vicc-Admiral. . merveilleùtcmcnt délicat. 

B. Eft une Arbre par nous mifefur une ïflettefervant de lignai , laquelle fut de nous appellc'c F. Icy eftoit fort belle caiie, ou nous l' allâmes querre , &y euft telle profondeur a hautemel 

Fortuin.fuivantlenom du Maiftrc Corneille Iean Fortuin,q.ule drefla. | qu'une chalo»pe, y povoitfingler légèrement, icy fetindrent force oifeaux , quis'entte 

£ v<?lrn Rn ? C °™ o CC r '* r,i -r-,. . , I f»e»ncm du poiflon comme chez nous les oifeaux marins , lefquels povious prendre al* 

V* Eft 1 Iflc nommée Heemfquercq , félon le nom du Commis fupeneur delà navire de Ican } volcc. * 

Bruin,nommc Iarr .es HeemCquercq. . | G. Autour de cefiepointeen une valéefift noftre Vice- Admirai (emcr des Orangiers , Lim.o* 

5 # $ont des ruifieauxialines aufqucls nos efouifs pefchoyent , & y euft telle quantité , qu'on I niers, des Poix,Fevcs & autres diverfites des fruifts. Auffi en un autre lic u bruflerent & 
cerd une pique,& les )etterfur la terre, mais le fileeftuir plHS a droid , c" 



les povoit percer d'une pîque,& les ictterlur la terre , mais le hléeltuir plws a ciroict , car 
nous povions charger nos ci'quifs £v naflcllcs du poillbn , lequel eftoit de diverfes fortes & 



certains arbres,8clcs rendirent idomes pour femer Je planter. 
H . Sont I ilettes fenants pour la defence du port* 




* e la maiti- 'Céucun des noftres ont tente depefeher^ en une najfelle.d'un filé appertenant au Vice-admiral, ejr fuflpar fois changé, 4 tous les if 
Jotûon»! vms 1™ ^ mircnt en œuvre ^ car le poison y flottoit en grande abondance Je Ucment que d'un feul coup ilz remplirent bien 2. ejr demie 
tonneaux, de forte qnils ne le feavoyent adduire,pour la grande multitude des poiffons $prifmes continuelemcni tant de poiffon que nt 
le povions tons manger fraijehes Prtfmes ausfi icy une Raye dune telle grandeur que nous avec touts nos compaignons en avions ajfèz 
a menger pour deux fois, icy primes beaucoup jnaû plus depoiJfon,du quelche\nous ny a le femblable , fi doux ejr favorable , trouvaf . 
mes ausfi des anguilles ejr perches, mais en fort feu nombre . 

1 ey y a il une grande multitude desTort'ùes, d'incroyable grandeur 7 voire fi grandes que nous povions marcher a quatre fur une 
Tortue ejr rampa encore, ejr povions a dixajjeoir es efcailles. 
a ferti ^ a ^ tte ! fe $ ^ ort f ert ^ e > aus fi f ort P eu flée d oi féaux ^comme Tourturr elles en abondance \ de forte quemoy ejr encore deux des mies, 
lité d e r ifl e avons prins en un après difne plus de 150. cjr fi eusfions voulu remplir nos charges, en eusfions prins ejr tuez, des battons en plus grand 
4-olicaux, te nombre II y a ausfi un nombre infini des parroquets gris \ejr autres ausfi d autres fortes d* èifeaux de la grandeur de nos Cigncs ,eflran- 
* gement tefius^ejr fur la teflepeluz^a linfiar d'une chappette ejr font fans aijles : mais en lieu d'aijles ont il%j .ou 4. plumes noires^ & ati 
heu du Cap 3 ont ils quatre ou cincq plumettes crefpues de couleur grifeafire .Ces çifeaux furent de nous nommez, oifeaux de nauféej>ar« 

tic pour et 



DES INDES ORIENTALES. i^S. 5 

ikpour et qu'ils devoyentft long temps cuir , voire fort coriaces , mais épient medicinepour tepmach ejr U poiiïrine, partie pour ce 
queufmes afft^jies Tourtm elles ,qui epyent beaucoup plut délicates ejr favorables. 

i^îusfiy a il encorts d autres fortes d oif eaux, fort propres a meger,n ornez Rabos Forcadesfour ce qiïils ont la queue en forme de h 
for ce d'un Coufiurter .Ces oifeauxfont fi apprivotfez ejr doptez,quilsfe laifjènt prendre de la main au nid,& (e laijfent tuer des battons, 
tellement qu'au terme d une demie heure en eufwns bien chargé une Barque, certaine marque du pays inhabité, car epyent vuidezdt 
toutte frayeur voire qui plus efi,euffent bien venus ajjèoir fur nofirc teftepur (e laifjer affimmer. . 

1 cy fîmes une Forgeju le Marefchal pancha ejr repara aucune fer aille >ausfi ont les Charpentiers bafli icy une gabarre, pour la navire 
Wtrecht,a caufequela leur fe perdit devant ïlp S.Laurent. ± 

us fi avons nous trouvé fur la dite Jjle bien 300 livres de Cire.auquels efloyent eferiptes certaines h ttres Grecques \ a usfi trouva f 
mes icy les rets dune navire, un levier, certaine marque dune navire (ubmergée. 

Ctptjleefi ans fi fi propre pourfe rafreifehir en allant , que 11 {le S .H c laine en retournant. 

Sur la ditte Iflefit ejr ordonna le Vice-Admiral un Tableau de bois,quonfuma a un arbre, four fervir de mémoire , fi y abordoyent comme \t 
aucuns batteaux , afin quil^ pourojent veoir que les Chrefliens avoyent hante ce lieu 3 ey audit T ableatt epyent incis , ces mots enfui- ȕ fit A wr 
vams .CHRIST 1ANOS REFORMADOSou Chrifliens Reformez & les Armvv es d'Hotlade>Zelade ejr d' Amprcam. ZZbicX* 

II) a icy un lieu plan, fur paffant bien quatre- foi* le M an hé d Amftt rdam , auquel nofhe C ommis conpuit un gardinet , auquel il ^ icll€ 
fiant a ejr fiema toutes diverfitez des fruic7s,pour veoir s il y pour oit porter fuici,ejr cela Jeulemet pmr le prou fit des autres navires, qui ° * 1 
y pourroyent arriver, pourfe rafreifhir,a findy trouver aucun confort ejr foulas, ^yîusfi t n laijfoyent ils aucunes poulies pour efprou* 
ver s Hz pouroyent engendrer ejr multiplier. 

Par etiverf ts fois avons envoyé aucuns gens au pays, pour trouver aucun peuple fur quelque autre quartier du pays, mais ejloyent a U* 
fois 3, ou 4 jours envoyé, fans trouver n'y veoir perfonne,ny aucun animal a quatre pieds* 

Déclaration de ï/JIe do Cerne, autrement nemmee Maurice. N°- n 

J'\7 F c y Tentrée de Tlfle Maurice s' eftendant N.E, 

B. V VnaibiedeEuis,leqiielavonsmispourungfignal,auxnavires. 

C. I es croix font tous efeueils foubs l'eau. 

J>.Vne Mette qui nous fournit des Noix Indiennes,nommee Vlficd Heemfquercq* 

E. Sont des R ivieres falines, efquelles nonre nailclle alla pclcher,& en chargcienî une telle quanti* c, qu'a un feul coup 
ils en prindrent plus de jo.Iefquels eftoyent nommez de nous,trenchoirs a caufè de leur rondeur,' avecq encore ung 
nombre infini d'autre forte du poi(Ton,voire que les rets eftoycnr en branflede fe rompre, & l'efquif efloit contraint 
de les leverde leur fa:igue,car autrement euflent ils elle froftïé de leur courage Voire quâd nous eftiens a terre les po- 
vions facilement prendre de la main,en telle abondance fiottoyent ils le long du iiv ai^e,voiie qui plus eft les marnes 
d'une picque. 

*\Cecy eft une rivierefrefche,ou nous chargames de l'eaue. Icy arriva une Barque & prindrent une Raye environ de 4. 
aulnes au circuit,excepîe la queue, & avoyent grand peine devant quele pouvoir charger. 

G.Autourdecccoingdu paysvoguoit le Vice-Admiral feulement pour l'on plaifir,& fit k mer des Orangier s .Limoniers 
des Poix &Feves,& toute autre forte de femence,dont il eftoyt pour veu , temant s'il vouluft enraciner pour s'en ra- 
freifehir. 3 * 

tf.Cecy font Ifles,& la mer hurte icy fort roidemenr,& entre ces Mettes jette elle aucunes fois des Tortues fur le pays. 



Déclaration de ce qu'avons veu çf trouvé fur tlfle Maurice* 

& de ce qui efi par nous exécuté. i\T 2. 



1. C Ont Tortues, 



^ homme 



ortucs, qui le tiennent fur l'haut pays , fmftez d'âifles pour nager, de telle grandeur,qu'ils chargent uns 
& rampent encore fort roidemenr, prennent au m des efcriuifics de la grandeur d'un pied qu'ils meneent. 



, „ t * .,. „ — p- - 1 — meneent 

2 . fctt ung oileau,par nous nemme Otfeau de Natfee,a 1 mftar dune Cigne, ont le cul rond , couvert de deux ou trois plu- 
mettes crcfpues, carent des aifles,mais en lieu d'iceiles ont ilz trois ou quatre plumettes noires des fufdifts oifeaux 
avons r~ ,i£> — : — - ^ 



noifon prins,dont nous partifmes le lendemain vers le port,fournifmes chafque navire d unPilote de ceux qui au par- 
avant y avoyent efté,avons cuicl ceft oifeau,c(loit fi coriace que ne le povions ailes bovillir , mais l'avons mengé a de- 
my cru. Si toft qu'arrivâmes au port,envoya le Vice-Admiral nous , avecq une certaine troupe au pays, pour trouver 




autres audirvdvage- 
iiVn 



LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION ïf 9 $ 

3 Vn DacYiet, dont les feuilles font figïandes,qu'un homme s'en peult guarantk contre la pluie fansfemouillir» 
# quand on y forre un trou & le mette en broche y fort il du vin>comme vin Secq , amiable & doux : mais quand on 

gard trois ou quatre jours>commenc'il a aigrer,& pourtant eft il nommé vin de Palmite. 

4 Eft un oifeau de nous nommé Rabos Forcados^ caufe de leur queue en forme d'une Force, fort domptez ,«& quand on 
les extend,ont ils bien la longeur d'une bralTée,a long bccq,tous quafi noirs, ayants une poidrine blanche , prennent 



Comment nous avons {furtlJleC^aurkeantremmtmmmkdoCerne)tenuwefnagc^. N°-2 

, n J J g. vncChauvclouris fort grâ^c,ayantlatelte comme un Marra 

tsaincs. tsitl—nAm »*tM* ramnanH n«.ic rrand* nuantiré.fic nendenten cefte manière aux arbres. 



l. Sont Tortues fans ailles. , - . r , 

LccOifca.alagtandcurd^mcCig»e,parnous nomme Oifeau de naufee car quand nous 
cufmcs les coîumbelles taht mignardes, 5c autres petits oifelcts en abondance n en filmes 

î . Vn°DaSiér dôt les fueilles font fi grandes qu'on s'en peut garantir contre la pluie fit : Soleil. 
4. EftunOifea i nommé RabosFoicados, ayant la queue en rornx de Cifcauôc quand on les, 

alloneit.avoycnt ils bien la longeur d' une braflec . . k . 1 

S.VnOifeauparnousnoinmélcCorbeauIndien.ayantlagrandetud'unPatroquet de triple 

4. A*certcarbre avons firmé un tableau, orné des armoires d* Hollade, Zélande • 5cd* Amfterdâ. 
7 De ce Palmite vimt cxcllentrafrcchiiremcnt , car cefte piécette marquée de la lettre A.cltoit 
* frit propre pouilc félon (maladie es membres) fit bon cafrechiflement pour nous» 



ne Chauvelouris fort grâdc,ayantlatelte comme un Marmelot.dontnous trouvafrnes U» 
grande quantité, fit pendent en cefte manière aux arbres» ft6 
5>.Icy forgeâmes nos ferrailles qui nous fuft le plus beloing, & fîmes pour l'amour de non» 
Marûlchal une forge.ôc battîmes une Gabarre au lieu de la perdue, . 
10, Sont aucun es Cabanncsdreuees pour ceux quidemeuterét enl'Ifle 3c qui aidoyétlci* 

refchalôcTonnelier. ^ 
I x . Icy atons nous eu une Prefohe, devant le difhetla première partie, ôc al a près dilne 1 «• 
partie, icy fit Laurens(del'Iflc M aiagafcar) accomité de mains autres baptife, fui*" 11 
confclTGo'ndeleurfoy. .. -* 

u icy filmes rftude de pofcker, prenant d'un ftvU c»up autant de poiffon ^cnrcmpiw 6 * 
bien un fcfqui tonnent 




du poiflbn volant , qiiïlz mengent, aufll les boyaux des poilTons & oifcaux,comme avons expérimenté a ceux qu * 
vions prins,car quand nous les appreftames & de jettames les entrailles, engloutirent & devoroyent ilslesdi&sctf 
trailles & precordes de leurs confrères. Eftoyent fort coriaces en cuifant. : ' 
5 . Eft un Oifeau de nous nommé le Corbeau Indien,ayant la grandeur plus d'une-fois que les Parroquets , de double * 
triple couleur. 

C. Vn arbre fauvagc,auquel nous avons mis (pour la fouvenance fi y pourroyent arriver aucuns navires) un aiiTelct, ot 
' né des armoires J' Ho/lande, Zélande & d'Amflerdam, a fin qu'autres arrivants audit Iieu,pourroyent veoir que les Ho 1 ' 
landoisyavoyentefté. , t 
7. Cecy eft un Palmite. Bonne partie de ces arbres,furent par nos compaignons abatus & en taillèrent c eft efclat qupto 
" de la lettre A.bonne remedée pour la maladie aux membres/ie la longeur de deux ou 3 .pieds , par dedans tout blan<* 
«touce,aucuns en mangèrent bien fept ou huift. ^ ^ ^ 



Décembre. DES INDES ORIENTALES. tç<>S. * 

8. Eft une Chauvcfouris,tcftuc en forme de Marmclot, volent icy en grande multitude, fe pendent en grad nombre au* 
arbrcs,ont a la fois un combat entf eu x,cn fe mordants. 

9. Icy drefia le Marcfchal uneforge,6c pancha la faraille,repara auiïi certain fer qui fuft es navires. 

10. Sont Cabannes par nous illecq conftruits d'arbres & feuilles, pour ceux quiaidoyent le Marcfchal 6c Tonncliera 
befoigner,pour partir avec la premier commodité. 

1 1 . En ce lieu lit noftrc Miniftre Philippe Pierre Delphois homme fynecre 6c candide une Prefche fort fêverc tè:is excep- 
tion de perfonne deux- fois fur la ditte Iile,devant le difner y alla l'une partie, 6c après le dilher l'autre. Icy fut Laurent 
(<JVtadagafcarois) baptifé, accompagné encore d'un ou deux des noftrcs. 

1 2 . Icy filmes eftudc de pefcher, 6c en prifmes une quantité incroyable, voire en prifmcs d'un fcul coup bien deux 3c de* 
mic tonneaux, touts dediverfes couleurs. 



ADVERTISSEMENT AV LECTEVR. 

Le benevolent Lcclcttrfauvra, comment tous les huit! navires ont ejîé ajjociez , iufqucs au Cje hoirie Ejperance , ou Hz furent le S m 
d'Acugjl jsqS .far tempe/le & orage mifes en routte^ejr demeurèrent les autres (s. navires) en ordre ,afcavoir ^Amflerdam y Zé- 
lande, G ueldr es JVtrec ht ejr le grand Brigantin .nomme Trife^ejr font arrive^ a 11 fie <JMaurice,ou ilz feiournercnt l'cfpace de j+. 
iours ne feachavsrien des autres trois^afcavoir t Admirai Maurice, Hollande ejr la petite Patafche, nommée Ouer-Tfeljefquels font 
abordera tlfie S . Marie, ejr de la, vogué vers Bantam de f quels notufrons a frefent mention, de leur adventure fur la dicle Jfle S. 
CMariciuJques a Bantam^cr au retour d'ieduy. 

O m b i e N ces trois navires eftoyent mis par tempefte 6c orage en defcrdre } arriverent toutes-fois foubz YlûcSawc? ciment 
Marie,c\i ilz po:irent le Roy, qui fe rançonna pour une Vache, 4c un grais Veau. {£• j • 

Trouvafmes fur celle îllc rien d'importancc,car le temps n'eftoit encorcs en faifon , les Orangiers n'avoyentquela ^Vr™ 0 ** 
fleur,Limoniers, Cannes fucrecs, Poulies, 6c plufieurs aiures rafrcifchcmcms eftoyent en grand nombre , les habitans vt»**** i e 
vindrent, avec des 2.011 3 .pommettes d'Orenge . Vifmes icy un'eftrange ftratagemc,il y avoyent certains Indiens en un ^a. plUon ~ 
Canoas qui curent une Eakincen veùe.6c pour le prendre,gafchoyent vers iceluy & le jetterent un fer, (qui eftoit amarré 
a une corde fai&e des efeorfles d'arbres) au corps »La Balaine fe s'entant bleiléc,voltigeoit 6c pennada par l'eau, 6c le don- ils c ™m*n* 
lièrent fon cours, jufques a ce qu'il z curent la fin de la corde en le main , 6c puis train a il le did Canoas , l'agitant fi lege- *** 
icment al'inftar d'une foarrc,mais lcfdicb Indiens fe fians trop au nager,n'en firent cure,ayant ce dit ftratageme un peu 
continue,fe trouva il hors d'alleinc & fans force, 6c le traînèrent foubz le pays,cntre vent 6c eaiie , le trenchant en pièces, ^ 
dont chafeû en print fa portiô,& en firct prefent a nous,mais eftoit fi lardé, que n'en fifmes cure. Singlamcs a dôc vers la 
grande baye d'Antfngil^GU nous remplimes nos vaifieaux d eaùc.Noftre Indien, nommé Madagafcar , eut le chois de de- 
meurer icy,mais a caufe qu'il y fuft eftranger,aimaft plutoft aller,avec nous vefiu 3 qu'illec nud, montâmes des chaloupes 
la Rivière frefchc,cerchants aucu n rafrcchifiement,mais les incolains nous môftrerent de rerourner , car il n'y avoit rie 
gafehames bien 3 .lieues le lcng,6c le trouvâmes félon leur mon ftrer,qui fuft a caufè que les Rois menèrent guerre entre 
cux,de forte que toutes chofes furent anichileez,voirc tellement , que melme les habitans périrent de faim. Vn de leurs 
Rois fuft occis en la guerre,pourtant n'y fejournames que 5 .jours,finglames vers Bantamfimzs lïoÔrc cours vers lava,, 
6c fommes arrivez a 3 .par la grâce du Seigneur fous Bantam,a{Qàvoiï l'Admirai CMaurice, Maiilrc Gcdefridleav, Comité 
Corneille HcemfquercXz navire Hollandia^Maiùic Simon Lambert Mau , Commue Seigneur Wtenin , qui mourrut devant 
^auquel lieu fucçeda JV<w Clfarefchal.Lc troilîcfme la petite Patafche, nommée 0 ver-Tfcl : MùÙicStmvn Ican, Co- 
mité Arnout Bermmdt <tAlcmar& laques de Nec Superintcndent 6c Admirai ayant cémiuion fur tour , 6c femmes heu- 
reufement arrivez devant la ville de Bantam. 

Or eftants arrivez devant la dicte ville cherchâmes l'amitié des incolains, de forte qu'Hccmfquercq lu rgift a terre pour 
hanter avecq eux, mais ilz cuidoyent que c'eftoyent les mefmes qui l'an précèdent en eftoyent partiz & leuravôyèntfi 
long temps cele en la mer,difants que c'eftoyent pirates comme les Portugaiz leur firent a croire,mais l'ayant réfuté en- 
XoyacMtAbdol (qu'ils avoyent amené) a terre 6c ancha avecq eux,de forte qu'ilz obtindrent audience , & prcfentlrent S^L. 
leurs dous au Roy,qui n'eftoit qu'un enfant,mais Y Archi-Gouvcrneur,nommé Cephatc,qm ave-it Royale puiflance les û * e \ h * 
reeçut fort gracieufement,afcavoir un Hanap d'oré avecq certaines pièces de Velours, draps de Soyc,. belles voircs 6c mi- ° 
roirs d'orez,accompagnez des patentes de Mcffeigncurs les Eftats, 6c de fon Excell . le Conte CKaurice^m eftoyent rc- 
ccus par grande révérence en rampant, eftanteecy palfé commençcrent a hanter avecq les Bantamois , tellement qu'au 
quatriefme jour ilz commencèrent a charger, 6c devant la fin de quatre ou cincq fepmaines,çur êt quali V entière ehargç. 
Ayant icy fejourné environ quatre fcpmaines arrivèrent les autres cinc, bien équipez fourni de nulz imbiciîes. "La vif. 
mes triumpher les Banneroles 6c Guimples,s'cntre honnerâns des coups d'artillerie, 6c s'entre convivans , incontinent 
en approchèrent certains Naftelles (ou Praurves) qui nous apportèrent grand nombre des Poulies ,Oeufs , Coquos , 13o- 
innas,Cannes Sucrécs,gafteaux du Ris,de forte qu'eftions journellement troquants avec eux, voire qu'cufmcs pour un 
kn\ cuillk d'eftain^utanî de viande qu'un homme pouoit de pendre un jour ou deux. 



Comment 
naviics 
occupèrent 
"ainitjc dc$ 
antainois & 
cls dô* 



Quatre Rc 
aulx cilla va 
leur de J .et- 
cm. 



L'An iî99 
l'on ici'mc 
de lanviet 



Ianvier. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION w %^ 99 . 

Ce opiAbdol avoit did nç nous caufa grand proffit,afcavoir, qu'il y eurent encore autant des navires en chemin, voirC 
Le pris du qui plus eft,qu' il y en avoyent certains Zelandois,qui fuft occafion qu'il nous fallut acchepter 50. libvres de Poivre, pre- 
um tcaBaa " mierement 3 .après 4. Reaulx, avoyët grand faim des R caulx,les merceries n'eftoyeM pas tant chercheez que l'argent , ce 
nous fuft certes une fort eftrangc nouvelle que les Javans le nous annonçerêt, monftrats de la main, qu'il y avoyeni en- 
core autant des navires derricrc,difants en leur langage Lima navires, qui vaut autant que cincq navires, car Lima en leut 
langage vaut cineq. 

Le bon Lcdeur entcndra,cu'aux trois fufdids navires y euft encore un, qui eftoit deftiné vers Hollande , afcavoirîc 
grand Brigantin nommé Frifè, Maiftre laques Corneille ,Commite Gautier Willequcns , tous ces fufdits navires , après que 
d'eftre chargez annoncèrent leur partemei 1 1 au pays , pour iatisfaire a un chafeun. 

Apres que d'eftre bien pourveus de Ris & de l'eaue, partirent & arrivèrent jufqucs defloubs Sumatra y o\x ilz chargèrent 
leur eaiie,car l'eaiic a Bantam eft blache,& a la fin pleine des vers. A Sumatra troquèrent ils pour des Couteaux,Cuilliers, 
t0 ' Ml< bt* t ' Miroirs,Sonncttes, Aguillcs,pluiicurs marchandilès, comme Milons, Concombres, Oignons, Aulx,Poivre,en fort peu 
c- nombre,mais excellent. 

tu d. Borna, ç erta j ns jours devât le départir de Bantam y \cs antres 4. navires (qui eftoyent deftinez de predre la route des Molucqtus) 
dirent aux autres (qui eftoyent chargez) adieu, rirent voile de nuid,d'un fi grad bruit & tintamarre de canoner,quc 1 ilï c 
branfla,& toutte la ville fuft fn trouble, ne fchachant rien de î'affaîre,en telle manière dirent l'adieu duquel parlement» 
furent les Bantamois fort joyeux , car journel lement demandoyent ilz de noftrc parlement , & partant fe hafterent ilz 
tant plus,pour nous livrer les denrécs,car il ne leur aggreoift point qu'eftions la en fi grâ nd nombic. 
" Lcsautres 4.finglercnt de Sumatra,^ arrivèrent (bubz 1 1 fie S. H elai ne, ou ilz ferafrcfchirêtrefpaccde 8. jours, trouvè- 
rent une Fglife,avcc quelques cabannes en la dicle Ëglife,aùfli l'image d'Helaine^uu Benoitier,guefpillon, mais l'ont laif' 
fé, & les noft tes ont de laine certains eferiteaux en mémoire, 
ttefcnption Ladidelflceft (comme di£t Jean Hugues) pleine & abondante en Chcvres,Boucs,Sangliers,Perdrix, Colombes, mais 
fediûV* acaufè des canons de tous les gens, qui y arrivent de diverfes contrées , font ilz totalcmentindcmptcz de forte , qu'il 
feroit trop grande peine d'y enquefter. Les Chevreaux s'enfuyent fur les hauts montaignes,apies d'eftre tirezou il n'y 
a moyen de les attrapper. Du poiflon ne nous povions aftez pour veoir félon noftre fanialk , remplimes noz vafleau* 
d'eaùe allez pour arriver en Hollande. 
toax quelle Sur la ditte llle avons abandonné Pierre Gysbert, contre Maiftre de la grande Patafche , a caule d'avoir battu fon Mari* 
iTc^b^d nier , fîmes grand devoir de l'impetrer , mais après la prolexion des Ordonnances & Articles, par nous jurées de voyei 
«itou de îaii- ( c ô mc p OLir fervir d'exemples aux autres) eftre exécutées. On le donnadu Pain,Huile,du Ris, Hameffons, pour pelchei 
un Arquebuze avec certaine poudre de canon,&ainfi le donnâmes îa bénédiction , efperant que Dieu le gardera d'eri 4 
combre,& pourra fans doute cfchapper,a caufe que tous les navires venats des Indes Orientales doivent illec rafreifchif* 
An départir, vilmes un Battelot qui de conjecture fembla eftre un Franfbis,prenaht illec fa pifte , dont iefpere que celuy 
Tafauvé. 

• D'Icy arrivâmes avecq bonhcuraTfAtf/Ie 19 Juillet] 599.au nom de Dieu. Parquoyne feavons aiTcz remercier 1< 
Seigneur de fi heureux vomge,car depuis la creatio,d'Hol lande, n'y a il raid le femblable,fbmmcs charger de 400.1afts de 
Poivre, 1 oo.îaftsde Girorles,certaine quantité de Macis,Noix Mulcades,& de la Canelie. Sôma en moins de 1 5 .mois n"' 
mes ce long voiage,car de T cxelz Bantam n'cufmcs que 7. mois, pour charger & y fêjournions bien encore 6. fèpmaînes, 
& retournâmes en 6.mois de Bantam en Hollande, de forte que tout le voiage tant en alla ni qu'en retournant , contient 
8000. lieues. 

Les Marchants & généraux des navires,arriverent incontinent au 7Vvf/,pour mettre ordre & pour rafreifehir les ma- 
telots. L e Commue Corneille Heemfquercavec Henry Bukq ,font incontinent pmiz vers fon £Ar^//.radvertilTant non feu- 
lement de la joyeufe nouvelle de l'arrivement des navires,mais l'émanèrent certaines lettres du Roy Java» & l'honne- 
icnt des précieux dons. 

Le 27. Iuillct arriva l'Admirai, avecq la navire Hotlandia devant la ville d' Amfterdam , avec un grand tintamarre , ôC 
eftoyent de par la Ville honnorez du Vin, 6c on fbnna de joye touttes les Cloches. 



lefurl'liie 



rît 
et, 
ri* 



L'An Tî98. 
Isovcmbie. 



Le bon Lecteur a icy eu en bref, tout le difeours des trois Navires, les cincq autres ejïojent 

defvoyeSjde forte que fourfuivrons maintenant le voiage des dicls cincq Navires. 

V premier jour de Novembrc,avons eu grand orage méfié d'une terrible pluye & vent , la mefmc de nuid s'clgari 
le Vice- Admirai, acompaigilé de la grande Patafche par tempefte & orage de nous. 
Au 3 .retourna ledicl Admiral,avec le petit Brigantin,le mefmc jour vifmes grande quantité d'oifèaux,& aufll flotter 
grande quanUîc dû bois,la mcfme nuid trcfpaila un fur la navire Wtrecht^ç. premier qui mourut en la flotte. 

Le 6. a l'a pies diné nous bruit un certain tourbillon lldcmefurement,qu'il leva l'eaue hors la mer, voire raviroit bien 
tour ce qui fc prefentercit fur la navirc,& ainfi callames bien toft nos voiles, doutans de quelque cncombrier,& en baif- 
fàn r l'a ivcn ne, vit le maiftre voilier outre le bord,pour veoir s'il y pêdoit quelque chofe en leaue,& corne il tient la tefte 
bniiïcc, cheutladitteantennedchautenbas&letombafiroidement fur la telle, qu'il tomba roidemort quifuftua 
grand mal heur ck fuft le premier qui mouruft fur la ditte navire. 

Le 



Novembre» DES ItfDES ORIENTALES, " ' r | 

Le lendemain au matin l'avons mis hors la navire. <[ 

Le 9 .furent tous Tes hardes en publicq vendues , voire a hault pris , tellement qu'une pîccc de 45 .patarts , fuft vendue 
a raifon de huicl florins & demie. 

Aumefmc jour avons eu la première rançon d'huile^^avoirchafcutl deux Muyettes par jour. 

Le douzicfmc vint le Vice-Admiral en noftrc navire faire juftice, la première fur lefdicts navires. Au mcfme jonc 
vifmes une Iflc,ou nous arrivâmes foubsle pays,devat que le foupçonnames, veu qu'il fut fort bas,de forte qu'avons ti. 
ré un coup de Canon pour l'advertir aux autres,& ainfi avons quité le rivaige. 

Le 1 3 .vifmes encore trois petites Iflettes,de forte que le Brigantinct alla du foir,vcoir fl povioiis monter la dicle ïfle, 
mais il y euft d'inerme profondeur^ caufe d'un bac defeendant de 1' Ifle,de forte qu'il nous fal lut quitter le pays ; & choi- 
fir la mer, Se du foir au croiffant quartier de la Lune fondamcs,ôc trouvâmes 20. bradées , avons autrement jette la fonde 
& trouvions quinze,ticrccmcnt onze,& à la dernière fois neuf braflees , tellement qu'eufmes alors fon maigre profon- 
deur , mais Dieu le previft 6c tenions ainfi la route , trouvafmcs profondeur , de forte qu'eftions icy en grand danger de 
perdre les navires , car nous foupçonnames que le flot alloit icy aprement entre les Mes, qui nous dévoya & nous mena 
jufqucsau rivaige. 

Le quinziefnrc trouvâmes derechef ficcité fur 1 3 .brailées , mais ne vifmes & n'eufmes nul foupçon de trouver aucun 
pays. 

Aai mcfme jour cufmes un vent profpere,de forte que levâmes les voiles , tenions le cours ordinairement E.quart au 
S.& E.S.E.nudid jour tirâmes un grand Tonin,qui eftoit la & le mengeames. 

Le lendemain au marin vifmes derechef une Hle,de forte que mifmes tout noftre effort en oeuvre pour monter la di- 
te 1 lie s'eftendant S.ôc N. fort bas «5c phifintdc veue. Au foir pàflàmes ladittelfle, & levâmes derechef nos voiles riïmes 
le coursordinaircment E.quart au S. & E.S.E. 

Le 22. a f après difné nous princ derechef une grande pluye méfiée d'un vent fiflant, voire ainfi,qu'il nous fallut callei 
les voiles de la Hunne &du foir jertail un violent foudre. 

Le 24. fift le Vice-Admiral triumpher leguimplequifuft figncqueles Pilottes furgeroyent abord pour parler des 
cours. 

Le 2 5 . 1 6.& le 27.fuft la mer bonaçe,mais devant le ibrab nous print le vent Sud Sud Oueft, & fifmes le cours a l'ordi* 
naireEft Sud Eft. 

Au 2 8 .au matin fe leva le vent & hTmes le cours E . & quafi E. quart au N. Le temps eftoit ferain, & du foir fpira le 

Vent d'O. fifmes le cours E.S. F.& S. E.quart a Y E. 

le 3 o.arriva le Miniftre du Vice- Admirai en noftrc navire,& nous fift une Prcfche fort graue. 

Au 1 .de Décembre avons eu bon vent, & au mcfme jour entamâmes noftre chair fumée,d'excellent goufiS 

Ledeux,trois,quatre,cincq, fix&fepticfmc avons eu tranquillité d'un vent hétéroclite, quelque-fois plus hault J & a 

la-fois des petits orages. Au mefme jour avons veu flotter d'herbe a l'inftar des bonnets & couleures , bonne mareque 

d'un pays. 

Au hui&iefme avons eu le vent variable & ala*fois des imbres 5c Tonnerre^ temps cal me , & de huîÛ fpiroit lè vent 
cl'Oucft Nord Ou. de forte que levafmes nos voiles , & fifmes le cours E.S, E, La mcfme imiâ vola en noftre navire un 
poiflbn. 

Le lendemain au matin avons eu bon vent d'Oucft, filmes la pifte ordinairement E.S.E. Au midy tomba Gerbranâ 
Jaques dAlcqucmar matelot de la petite autenne, & devant que pouvoir aprefter la barque fut! il imé. Voire encore un des 
Charpentiers vuida la navire, ôcfe noya nommé T/zw» /rai d'Amfterdam , de forte que ce jour nous coufta deux 
hommes. 

Le mefme jour mourut encore un fur le Vice- Admirai comme fur le Brigantin , tellement qu'en perdîmes ^hom- 
mes en la flotte de cincq navires. 

Au iaavons eu le vent profpere, fifmes le cours ordinairement E.S.E a temps ferain, au midy calculâmes la hauteur 
& trouvafmes huicl: degrez au midy de l'^quinoEl . 

Au 1 2 .1 3 .6c 14 avons eu le vent femblable,finon qu'ala-fois pluye. 

Le mefme jour vifmes une multitude d'oifeaux,& vifmes aufli flotter de TEfcume marine 3 d'ont foupçonnames de 
jTeftreguerres cfloigné de quelque pays. 

Au 1 5 . vifmes aufli force Couleuvres d'eftrange grandeur, audit jour prifmcs une multitude des poiftbns , nommes 

Le 1 6.vifmes flotter certaine matière , comme la femece du foin,en grande quantité fi lôg que la veue povoit porter. 

Le 21. fumes abordé de l'efquifdu Vice- Admirai , au mefme inftant nous print une horrible tempcftCymcflc de vent 
& pluye, voire tellement, qu'il nous fallut callcr les voiles de la Hunne,& comme la ditte tempefte continua,fuft ordon- 
né, qu'on fàuveroit l'elquifjdc crainte qu'il n'enfonecroit la gabarre, de forte que fifmes noftre debvoir pour fauver ledit 
efquif&cnlaguindant, rompala hais quietloit liée au nez diidicl efquif, tellement qu'un Quartenicr client enl'eau^ 
mais fuft viftement fauve. 

Le 2 5 .de :iuid,environ les 3 . heures devant l'aube du jour, cufmes un grand tourbillon de pluye & vent 9 qu'il nous 
fallut çajier noz voiles. 

B % Le 



Décembre. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION tf 9 8. 

Le lendemain au matin ne vifmes que deux navires , mais du foir eufmes toutte la flotte affemblée 7 avons finglé dou- 
cement de la bouline > a fin de n'approcher pas trop près le rivaige , eufmes aufli la Lune fort obfcure , de forte que ne 
povions veoir la longeur d'une navire. 
fAn i Au 2 7.du matin,hauçames tous nos voiles pour achever noftre voiage, fouflant le vent d'O. Nord O. bien propre,à 
, ebrV d Sroni ttm P s bonace, & vifmes a l'apres dîne 1 Ifle do GanoAowi fufmes bien aifes. De nuid nous print une dure tempefte, & le 

veu îc conti- vent fe contrarià.eontinuant environ l'efpace de 2 . heures, & les clabez J'cufmcs a fouhait , prifmes la route vers le COn- 
ncnt de Su- • 1 r A ' 7 7f 

j»aua # tinent de Sumatra . 

Le 2 8.au matin vifmes le terre ferme de Sumatra, pays hautain,defcendât en forme d'un point vers Feftroït.Le dit joue 
fifmes noftre cours ordinairement vers le rivaige E.S.E. Du foir demandâmes le Brigantin s'il y eftoit cogncu,reipon- 
dit qu'ouy panâmes & finglames alors S. E. quart a }' E. 

Le lendemain au matin eufmes un fort orage niellé de pluye & vent , a temps obfeur. Au foir fit le Brigantin figne de 
nous attendre pour tenir confeil âvecq nous,& ainfi callames noz voiles, voguâmes feulement des Trinquets,pour eftre 
au jour au d'eftroid. 

Leur «rive- Le ro.au matin arrivâmes au d eftroit de Sunda, & au midy vifmes bien 4.0U 5 . voil es delToubs le pays,mais nous font 
ffroh de*'*" P 0int âbordez,acaufe du vent & du flot impetueux,ain{I tindrêt la bande du rivaige , afeavoir le long de lacoftede lavd* 
sunda. Le mefme jour ont tous les navires apprefté kur artillerie, & du foir rade a une lieue de Battant , joignant deux Iflet* 

tes,car ne voulumés^pas aborder la dide ville de nuid» 
lis C (ont ™û. Le lendemain finglames vers la ville de Bantam y & en chemin nous obnia certaine gabârre , accompaignée de quatre 
J^ am hommes des autres navircs 7 nous apportant nouvelles quel' Admirai , accompagné de la navire Hollandia,&. la petite 

Patafche cftoyent la,& qu'ilz avoyent quâfi touic leur charge,y ayants efte un mois & quatre jours devant nous,qui cau- 

fa une j oye demefurée entre nous, arri vafnies a la pies difne fur la rade a grande j oye accompaigné des autres navires , # 

ji£ nous manqua en toutte la flotte que 1 5 .hommes. 

Le mefme jour arriva aux navires certaine troiippc des gens apportants des poulies , œufs & plûileurs autres rafrei* I 

lilTements,qui nous fembla chofeeft range. 
V An Au premier de Ianvier 1 j 99. apportèrent ils tôuttes fortes des marchandifès pour troquer^comme des Poulies , ceuft 

& plufieurs autres Fruids. 

Le 2.& 3 . vindrent journellement beaucoup des cfquifs avecq touttes fortes des marchandifès , voire que les navire* 
cftoyent fi peuplées, qu'a pece n'en povions paflèr,chafcun prefentant fadenrée^'un ayant des poules,l'autreBonanas, 
Aul, & autres Fruids. 

Enqueiie Lc4.fuft l'Admirai en tous les Batteaux , propofant de divifer la flotte en deux, dont les quatre premiers retourne- 
Smment les royent au logis,& les autres vers les CWolucquis,ôc fiift le Vice- Admiral>eftabli gênerai fur la navire Amflerdam,\c Com- 
fc^SStî" m * s lac l ttCS Htemfquerc fur la navire Gueldres, Vice- Admirai de la Flotte qui tiroit vers les Molucques y han Carel fur la navire 
Hollandta , Vice- Admirai au 1 ieu de l'Admirai , le Marinier Corneille lean Fortuit*, au lieu du UMe/cnap 9 f\iï la navire i^im- 
fltrdamjc Commis fur la navire Wtrecht> nommé Gautier Willeques fur la grande Patafche > & le maiftre dudid Brigantin 
derechef eftabli fur la navire ^m/lerdam y qui fuit Admirai vers les Molucques. 

Le 5 7.en arrivèrent encore certains elquifs, apportans quelques denrées pour les troquer. 
ianvi!r ^ar ^ c 8 ^ u *°' r P art i mes a <ï liatr c de Bantam vers les ^ftîolucques, afeavoir le nouveau Admirai Wtbrant Warmcq, le Vice- 
«xentie»4. " Admirai laques Heemfquerc y \a navire Zélande Mai ftre Jean Corneille, & la navire Wtrecht, Miiftre lean CMartin . 
Sauumt dc Le 1 1 .avons radé devât une rivière fnuée entre Bantam & Saquentra , diftante environ de Saquentra fufdit 3 .lieues,&il 
y a encore deux Mes vis a vis de la di te, & encore cinc Iflettes droidemefnt devant vous environ une demie lieue de la é 

Le 12. chargeâmes en grande haftede reaûe> car il y en eurent deux qui eftoyent en chemin pour achepter quelque 
rèfreiffche & au midy eûmes l'entière charge , fifmes voile , & le lendemain avons radé devant Saquentra, environ une 
lieue du pays. 

Le 1 3 .au matin fumes abordé par le Sabander demandant noftre defir , pourquoy qu'eftions la ancrez , refpondit là 
Vice-Admiral qu'eftions illecq arrivez, pour achepter aucun rafrechifiement, dont eftoit bien content, répliqua qu'il y 
en euft affez en grande abondance,nous honorant au d'un prefent des Fruids,nommé Mangu* y dom le Vice- Admirai le 
donna un petit miroi^aufli une voarre de petite valeur,au midy partit il, accompaigné des deux Commites pour achep* 
ter refreifehe. Au foir arriva l'Admirai & la navire Wtrecht chez nous. 

Le lendemain au matin , y a il une bareque gafehée vers le pays , pour âchepter aucun rafrechiflèment , de forte qu'ils 
comment retournèrent devant le foir,& l'Admirai appori a beaucoup des nlarchandifes, & entre autres un Taureau donr le Rot 

le Roy nous . . j ' . . 1 \ . r , 1 . * * 

envoya un en avoit faid prefent a 1 Admirai, quifuft divile entre les quatre navires. 

Tamcau. l ^ ^ mat i n>t i ro i ent derechef aucunes barques vers le pays,pour trouver encore aucun refrechiflement,& font att 

midy retournez & au mefme inftant partimes de laquetra. 

Le lendemain au matin fifmes rade,a caufe de robfcurité,car ne povions paflèr la pointe , diftant environ 5 • lieues de 
Saquentra. Au midy partimes,mais au foir fifmes derechef rade. 

Au 1 7. levafmes les ancres, fifmes voile d'un vent N.O.a temps forain. 

Le 20.au matin,vifmes une I fle nommée Lykocq,8c au midy le vifmes av«c encore 3 autres Iflettes a l'orient de l4Vâ 0 
«ufmesle vent proipere ; fimes 1e cours ordinairement E.quart au S, 

U 



Ianvieiv DES INDES ORIENTALES. IfM * 

Le lendemain font les Commis & Mariniers mandez a 1' Admiral,ont tenu confeii entre eux. 

Le mefme jour prifmes la pifte du rivaige.fommes furgis de nuift au pied d'une cite nommée Tuban. 

Le 22. au matin tiroyent deux chaloupes garnies des gens,accompaigncs de deux Vicc-Commites, P 0«t trouver au- r 0 m„™ 

cuncrefraifchc. i,-' ' .;; . j i „ .~ îwJ: ["'««'«t*. 

Le mcfme jour du foir , retournerenr les chaloupcs,& amenèrent certain Gcnt.lhommc du pays de la nation Porni- b«u 
gaifc,ayantviolélafoyChriftienne,&p^^^^ hcufmes leloilir dyle- 

tourner 3. ou 4.mois,aurions charge a louhair. ■ , t. 

Le lendemain au matin fommes avec une chaloupe accompaigne de trois efquifs , retournez vers le pays,pour achep- 
ter du Ris & autres marchandifes. . r ~ r • 

Au mefme jour fommes retournez , & eufmesbien 19. facqsdu Ris, dont le Roy en avoitfaid prefentaux navires, 
pour l'honneur réciproque a luyfaicte,lequeleftoit de petite valeur, &l'eftoit fort agréable. 

Le mefme jour vifmes afll-mblcr beaucoup des gents es rues en armes , fort gentilement accouftres félon leur mode, 
«c entre eux certain nombre des Gentilhommes a Chcval,qui en eurent bonne manie , tant a joufter, picquer,& chafler 
comme vifmes au foir fur le marché. • • L?: ; 

Tuban eft une cite fort marchande & pleine de traffiqué de toutes fortes des denrées, comme Soye , Lmge , Camelot, 
auffi de leurs acouftrements , & auffi d'autres fortes , auffi y a il bon couvre. En la ditte cite demeurent force Gentùz- dc X * 
hommesfortriches.faifants grande traffiquedu poivrequilzenvoycin des Ioncqsvcrsautrcsyilles,ces Gentilshommes 
fon. fort hardiz&fuperbes.leuraccouftrement eft comme celuy de toww , ceints d'unO« (forte dePoignard) lurle- - f 
quel ilz font fort audacieux. Aufti ont ils des cfclaves & fervitcurs en grand nombre , voire ne fortiront pas une ieu. 
le fois,s'ilz n'ont io.ou i2.defuitte. . 

L e 24 au matin partirent deux chaloupes accompaigé du Vice- Admirai vers le pays,pour recevoir leur Roy , fuivant 
fapromeire eftât arrivé fuft ledit Admirai mené par le Roy en fon Palais , le môltrant toutes fes Fêmes & Dames, auffi 
fes Chevaux,fort beaux,au midy retourna le Vice-Admiral/accompaigné du Riz du Roy,car le Roy n'y voulut venir,& 
partit du foir,l'honnorant de iô.coups de Canon,en quoy il euft un lingulier plaifir. 



Defcribtion de la ville de Tuban,fitue fur lava maior,ou nous fommes arrivez* 

le22.delanvieriS9P-ytrouvansbonvivre^>, 

rztlevilUdeTubane(lforibeiU&marckde,circuk 

detouties Us autre, de Iava,le Roy efifmtpmffanude forte qu'on dit Mire leplmpmjfwtdi Iava,comme entendîmes desmcolams T„ba„ &*- 
tellement aua»d il feveult camper en guerre en ïefpace de 2 4 .heurcs , ail amaff certains milliers tant a Cheval qu a pied le Roy Je & fe 
tient fort maznificauemcnt, accompaigne de beaucoup desGentdshommes,mcnantgrande(lat,&tientcourt R m le,dignedeveotr. v«u™. 

Le Roi fufl homme vas je moienne Jlature/ amitié de nom lùyfu/l fort amiable un des noires voyant leur vantertede leurs Che- 
vaux difoitauechez,nom les Chevaux ont biela gradeurde Uurs Eléphants ,& les Chiens de leurs Chevaux, leurs maires fort fidels 
trevalent en fidélité & force deux homes Jofent bien harper cotre un home & te déchirent: Le Roy refpondit& pria qu on amemrott 
un tetChevat&Chre,nomefiions la (corne nom fembloit) les tresbiïvenuz,caraupremicriourquefiirgimesavechchaloupe&naf- 
felleaterre pourveoir fipovions pour argent & denrée avoir aucun rafrefifehement eu(mes le comble de noz. bons defirs, tellement 
tttianoncames ces nouvelles aux autres , qui approchèrent alors plm près du rivatge: Le lendemain partirent aucuns des comités vers le 
lais accompaiwz, de deux ou trois chaloupes garnies d hommes. Le Roy les vint recevoir avec aucuns des fiens , monte fur fon Ele- 
thantMtstnmepetitecafeaïinflardu 

eommeausriVonrkSokil^qUieujllachargedel'ElephantJemaniôh 

éadextrecommeunChcval,vwtmefmcscnUauobvierksdiaschaloupespournom Eflantsfurgu aterre,av,nt ce 

% t edelTm,apresarr l vamesenfonPalaù,&de/aenfacouri,ouno^ 

htUveue.Sacourtefi t tfortgrande,ayan^ 

e „formedestreilles/our tomber lesimmundices, aux fianp 

d/tsellahlesexcedoyLclhcautéàpomp?^ 

t ardenJesParroquetsapart,Uscocqsapartri^ 

% z éù s filezJéesdesPatenoJlrcldetouttescou^^ 

mechoÇefortfacheufe.LediaR^^ 
™3faohefpe^ 

Jklel^wfiTtors habits dont dz, font acoutres. Ont des navires (nommez, loncques) qut chargent dupotvrc pour aller 
^tS^^i^tBfh^hJtsdet^étn^ , quifefontUlecq a.^-W^,*^ W^çj. 



lanvicf. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION 

i*M4C^ le comtm peuples exerce ordimirement a h feft 

^ufirejnente/l comme ce^ 
Sontordimmmcntvcftmd^ 

tequtl^neforu^ . &m ^ lm ^ ^ d ; ^ 

^àun^tttbahurcmphd 

&L ontjilong temps en la bouche jrfques a ce que toutte l'humidité eneftvuidc, & alors le crachent hors. 



Qnand ûytwttM aucuns Marchants ScComiteseiiiaditte vilLdeTu&ân , fuftfaict pour 
raraourdenoilsiincjoiiftc , en telle manière comme cefte urefente Figure montre. leurs 
ChcTaulxfomfort petits , les Telles ornées de Velours, cuir d'Efpaiçnie , & telles des Diables 
font fermes achevai manient aiiOi bravement leurs Lances. Touttè<c:tetroup P ec<tovcntdes 
Gentilhomme qui firentee chef d'Œuvre.veftuz d'un acouarement en forme d'un caïaquin, 
1 un de Velours,! autre de Soyc-Camelot, Cctoufiours ceints d'un Cris, fm lequel ilz ont u A 



PefcriptionduN°' : 



èflfa^ iIz toufioursfuivizdeleni 

A. E1U' Eléphant du Roy, d'une grandeur extraordinaire» 

i>. Sont nos Marcliants,contemplantsccfletriumphedignedcveue , acanfede leura<rili^ S 
de leurs C hev aulx.eftants lefdiôs Chcvaulx lattes les feavoyent changer a leur vouloir.^ 
lomme ce fuit un gentil plaili r. 




De ïeurJ 
ChevaulxCc 
bardes* 



La for me de leurs Chevdulx, enfemble de leurs riebes bar des, dus (lune iou (le.faitte (m 

Z} .de Janvier) pour l'honneur de nos CM arebants une farce certes plaifan te, dont la Figure efi icyad- 
ioincle,pour aguifer l'entendement du Lecleur. 

Lf % G f n r Zh T: mCS àtT " ha r ' font S! a J n * T atCU1S dcsC1,Cvaul ^ car£ 1 uic( >^quelqueeAinie ) eneftpotu-vcud'ii,' 
^lefdids Gcntilzhommes en font auflï demefurcmenr gloiicux.Les Chevalets font de petite ftature , ont les jambes 
fort tenues,d agde roidcur,ufent des Telles precicufès , aucuns de Velours , aucuns du cuir d'Efpaknc font auffi urdouc 
tousdOreez,ont la mefmc façon des noftres,faufquilz n'ont derrière telle hauteur , peintes dTiorribks Dracons & 
Diables. Lesbndesfont ornées des pierres precieufcs/urpaiTant en beauté l'alebatre, lesfrainsfortexquis lestages 
(aux coftez de lamuflc) font ordinairement d'argent,aucuncs blanches d'Ort'ez.aunl de bronze chafeun tèlon ion éftat 
ahbrc&hgnigc.Sortcntauirifouvcntes-foislavillea 3.4. voireencore plus en compagnie, s'cntrcbravansaainerlcs 
Cnevaux,aufli bien en la ronde qu'autrcment,pour vcoir qui pl us gayement feait manier l'on Cheval, tant en tournant, 

virant, 



eftht' 
Je* 

fefor- 
adofh 

dclea» 



ioifc» 



Lmvier, DES INDES ORIENTALES. f 

Virant fautant & autrement,dont l'exercice eit une chofe plaifantc.cnt pm^mat^m^^^^^r^^. 

tLre>fquelsilzontlaman^ 

' 1 . r - ^y /^:...,.,^^,.^ii^r fa lAÎrnn^ /^h^firnnrrp brochant Ion Cheval 



cholcrioucU appropinquants l'un l'au tie,faict le pour (uivant devaller fa picqtie, & paflc outreforochant ton .Cheval 
dcsefpcrons, s'enfuit a bride a batue,l*autrc le pour luit fi longuement que les Chevaulx font des halc.nez. Ccfte ,ouftc 
fuftfaide (lc2 3 . lanvier i 5 99-) fur le Marché d'un grand nombre des Gentilzhommes pour honneur de noz Mar- 
chants & pour veoir la hante de leurs Chevaulx. Le Roy les honnora auli. de la prclcncc , a la-tois monte a Cheval 
& a la-fois fur fon Elephanr.fon habit eftoit un mantelet ou Câlaquin de Vclours,eei nt d un Cris , dot a mâche eftoit de 
fin Or ayant la telle d'un Diable. Les joufteurs avoyët des Chevaulx en fortcs,car li toft que 1 un eftoit l as vint incon- 
tinent 'l'autre : Se tenans non moins magnifiques cncourant,jouflant, & piquant, en lomme ccft elbat tut tort plailant 

^lïuvionsicyaffezdmafrcch^ ... 
comme Coquos, Limons.Bonanas , Mangas & plufieurs autres , mctveillculcmcnt délicats pour menger ; Achep- • 
ïames icy allez du fort bon Ris , apris paflabkÔC compétent, de forte que ccftccontree eft bien accomodee pour ic 
rafrefêhir. 

A La nuîct partimesadeux,afcavoir leVke^dmiral klanâ^teJ^,dr| ^m^^f^^^^^^ 
l\ joinncrcnt encore quelque efpace de temps , a caùfe que leur manqua encore du Roy aucuns Ecftails , & Quelque 

quantité" du-Ris^ . . _ 

Un dclaniWaumidy,pafl^eslepaysdc5^ 5 UcuouS^/&^(auprcmiervoiage) fut mafiaerc, fuiglamœ 

ainfi le lôe du rivaige & fifmes rade au foir fouz le pays de /4t* 3 car ne pouions môter la pom:e,qui delccnd de Madura, 
envoyâmes la gabarrê pour calculer le fond,& retourna a matin à imbiciles nouvelles,à caufedu flot impétueux. 

Au'26 fumes aborde par l'Admirai & par la navire KW^,& finies rade foubs lava & CMadura , car devant le dé- 
fi roiû de CMadtcra.cQ. il fortfecq,de forte que l'Admirai toucha lime, toutes-fois fans dommage , car le fond y efioit de 

/ 2 Le lei^emainau matin partimesdu iMclc-m^^t l'Admirai n'ofa paiTcr ladite feicherefle & ainfi fejourna il,accom- 
jaigné de la navire Wtrecht, après tiroyent ilz vers le bout oriental de ^Madura devant la ville d'Arosbaj , pour y trouver 

du Ris & autrer marchandifes. . i *. «Aj'iii i « te* 

Le d-d jour au midy , fommes ancrez entre dladura & lava , afeavoir au deftroict de Madura, car le flot y coule fort t . , „ 
■hemenr de forte qu'il nous fallut icy attendre la marée , partîmes au midy , & au foir fommes ancrez devant la cité de S*£ M » 

? „ *. • _ tt: -.,7^^ U /-KiUnnPT i.-vrp rhprrhci n r n n R on tipr non r n on q rondiîi re diir a > a caut~ 



vehcmenr,de forte qu'il noustaiiut icy aticnuxc ia uwiw , puin«- — j , p-r ~ — — 

lotun Au mefme jour,partit un Vice-Commite avec la chaloupe a terre, cherchant un Routier pour nous couduire J**^ 
es CMolucmes^ retourna du foir, amenant un Agnelet,dont le Roy eu a voit faift prefentau Vice- Admirai , mais n'a ta** 
r>:L . ; fi„*i* r^nip ^rmiir^n Ht- nnftrp arnvement . car a Iortan eft la rade des Batteaux Iavains. 



ifeur 



ibes 
que 
sôc 
:ge* 
:ftat 
:1g5 
tnt, 
tnf, 



es CMolucques.OL retourna au ion, amuidiu un ii B nuu,umn ^ ™~ V j „ ; 

trouvé nul Pilote qui fut la feule occafion de noftre arrivement , car a /wfcw eft la rade des Batteaux Iavains. 

Le 28 au matin partir une chaloupe au pays,pour achepter du Ris & autres denrées, mais fit bref retour , amena 
lemenr le Sabandre a l'aprcs-difné nous vint trouver le Frère du Roy,qui honnora le Vice- Admirai d'un prefent. 

Au mefme jour', trouvafmes céltahi Flameng qui tint illecq fa demeure, faifant grande trafique en Poivre, Noix & 

Cloux de Girofles» . . r '» fL 

k Le 2 9 .joui ' C nfuivanr,navigarefquif derechef vers le pays A achepta quelque rafrelifdicm 

Le 3 o.furgeames rurfement a terrc,pour achepter du Ris,& pour trouver un Pilote,lcquel trouvâmes. A la nuid fu- 
mes abordez d'une gabarre garnie d'hommes , nous apportant nouvelles que fur iWadur* eurent bien 40. pnfonmers, 
tant de l'Admirai que de la navire Wtrecht, en une ciré bien munie nommée ^érosbay. 

Le *i au matin fumes pour fuivis du Renégat teTuban jufquesa/^*, & fit prelcnt àu Vice- Admirai de la part de" 
fon Rov d'un fort riche Cw ou Poignard avecq deux riches Iavelincs faifts a leur mode , mcrveilleuiement beaux ,1a 
manche du Cris eftoit la vraye effigie du Rov,baftie de fin Or & pierres prec:eufes,rnontant bien jufqucs a la fomme de 
300. florins^ lè taillant flambé félon leur norme,defquels prefents,lcdia Admirai en honnora fon H^ellencc. 

Au premier de Février fommes arrivez devant CMadura chez l' Admirai, &cufmesenla compagnie lediftJfc»^ de 
ruban qui fit erand devoir pour affranchir les noftres,mais a petit fnccés,a caufe que le Roy demanda trop grande rail* 
^on,dont fumes contraints d'attenter une entreprife pour les délivrer par force , mais ne" nous lucçcda guerres , de forte 
que combleray au Ledeur l'entier Difcours. 



500. fl. Ou 
166. efeus ôc 



Defcriptwndel 'entreprife faitte furlawlled'Arosbayaupaysde Madura, 

pur délivrer par force les nofires^ull\avoyentgeole^enfemble de l'tfsùe, dont 
h Figuere eft icy amarie. 



éfl au colle feptentrional de lava maiorje long du bout oriental dudicl lava . Les habitansfont vefim i la Ul 
vanne Sont hommefr oboles tanh $ ur l acô fâ occidentale de Madura^l me petite ville nommée ^Aroshaj 

ulks portes &$M auts ^ 



£7/7o de CMadura 



fort bien munie, tant des mur à 
laz.de leurs ennemis Mais purfaivre nos erres enjerayp, 



VA* 



bnvier, LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION iy><* 

VAn isp 9 .de lanvier, femmes arrive^ fiubs le terroir de Uva y ou nous trouvâmes une grande fccitéjaquelles'efendiufqites^ 
tmhe du deflrâiB de Madura^ejr àinfi au pays de lava payant en pkftcurs efroicls que ftx braffées , voire a la fois plus cjr moins , ^ 
forte que fommes efcarte\ les uns des autres ordiné que le Vice-Admird {qui gouverna la navire Guelària) & 1* navire ZeUn^ 
pngleroyentversledeflroicl de CMadurajntrc le terroir de lava & C^tadura ^devant lavillede lortan^f tuée fur lavaal'oppofo^ 
xJltadura,lieë ou les lavans arrivent avecq leurs loncques.attendans le bon vent jour voguer vers les {Jiiolucques , fumes d 'avis -à 
prendre un Routier pour nota conduire illecq, qui fut U feule occafien de noflre arriveront. Or fingla l'admirai accompaigne dà 



Le pourtraift delà tille dTArosbay fituée fur l'Ifle deMadtira , ounovsenvoyamesune 
♦abarre & un efquif dont les gents furent potires, pour lefquels ilz demandèrent grande ran- 
<$on, a eaufe que le$ noftics aroyent endommage les leurs , les noftrcs les enidoyent de livrer. 
,Maû l' ifluen'eftoitpa» trop heureufe & fe rendirent en plus grand danger, 
A. Eft la villettc d'Arosbay, pays featent en vivres , fournit du Ris & autres l : rui&se« abon- 

d ance, qu ilz troqutnt entre leurs voifin6 , pour certaines marchandas, 
*♦ Eft le guet du port. 

<^ Quand reiitieprift fuit raine, tout ectx qui cftoyent àu pays furet afloratï, voire nag«»yct 



Vefcription duN 0 ^. 

aveccj les noflresen r*eaue,8cle5 maflfacroyant» 

D, Sur ce colle fuft le Renegar de Tuban, lequel iauvoit la vie a roui ceux qui furgirent a tef? 
encette manière. Arrivans au pays fc devoyent agenouiller , ôconles mit unepoig 11 ^ 
de fable fur le chef, lignifiant la }uix,& que la vie leur fuft fauvc'e» 

E, tftlachaloupptdcl' Admiial,&lagabarrcdelanavhe Zélande, ayans entout* f# h 0 ".' 
mes, dont la moitfcfuft rtuliacrce, quelques uns prilbnnicrs , aucuns abordèrent les W« vl ' 
rc* à la nage. 




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quif fous deux bien garnies d hommes au pays four y achepter du Rù & autres chofes nccejjaires, & ayant la chaloupe une vrUe au**' 
tité du Revint a toucher lefond,acaufe que Teaiie leur 

ksnonvclles.cependantfeptaignijl certain Gentilhomme au Roy , que les nojlres avoyent endommagé cese/claves ,cequifuficom^ 
far la navire CdmJlerdam>comme on peut veoir en la première Navigation faicle fur lava. 

Le lendemain furent expédie S. ou <>. hommes en l'efquif, pourveotrla retarde de la chaloupe ,ye/Iant arrive dirent ceux dt^ 

chaloupe quilz, expeQoyent un Bœuf ou deux, dont le Roy feroyt prefent a lAdmral avec ce fie refponce retournèrent M , mais appft' 
chans kguet du port Jurent contraints de retourner bien près de la chaloufe. Voyans le ^confeii \o fièrent ccuix de la chaloupe le Juif»' 
fle,a fn que les navires en pourront avoir la cognoipnce^aù les t^frosbay ens la remirent enfin htu, ftgne d' allie her Us autres dt* 
navires $ les maiflrifer. 

Or après long retardement de U chaloupe érgabarre,vint le Commis Scheumans a quatre en une mcelk \pour veoir la retarde Atl 
fifres» ayant Jufpicio^ 



Fcburier. 



DES INDES ORIENTALES. 



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four l'advertir deleur apprehenfion,ce que le Roy leur confenttjfà condition. qutï\firoyent dcjubit retour, ce qui fut faicl.L Aamiral 
l ayant entendu du jons en comble .envoya incontinent une barque vers lortan ,pour parîiper ces nouvelles au P ue Admirai: Citais 
ceux de Ui!adura,euj]ent ausfiraui ce fie barque de leur Galère, s elle neuf} efié guarantie de la chaloupe de la navir e Wtrecht , voyant 
cecygafehoyent vers le pays.cjr le quittèrent. Le Vice- Admirai ayant entendu l'entier injult des no/ires , hauçaçes ancres efvtntk 
vivis voiles accompagner -les autres ,de forte quilz eferivoyent journellement des lettres , cherebans moyen d accorder ,tjr pour les 
rançonner ,mais le Royfift la rançon bien grande .tellement qu 'ildemmdoit (pour les quarante prifonniers) les deux principales pièces 
d'artillerie de l'Admiral,avecq certains Draps, pièces de Velours fi encore 1000. pièces des Reaulxa 4<;.patarts lapiece , ce qui neluy 
fufl en rien plaifant,ejr les manda s'ilz fe voulount contenter d'argent, denrée s, ou autres marchand* fèi ,voulut volontiers entrer avec 
eux en accord,car (difoitil) les pièces d'artillerie nefloyent point a luy, rien avoit ausfi nulle commifim , tellement qu il nés en povmt 
quittera caufe quelles appertenoyent au pays en gêner al. en cc(l accord furent confume\ bien trois ou quatre icurs,ejr tant plus quil dur 
voit jantflust (loyer ?t opintatrez,cependant fi/l l AdmiraldcCMadura [qui nous fujl bon amy autant) que lefquif ferott de ltvre y 
avecq huiïl ou neuf hommes, combien qu dleur repentit en après. Si tojl que ledit efqutf fut aborde e fiions amené en un village & illzt 
garderie lendemain fumes amenez (fauflc Cornu Scheurmas, ejr encore S. autres; aufommet dune montaigne en une Caverne,char* 
%e de certains Portugais, qui y avoyent eflegeole^fimes no/ire g/fie fur fueilles d 'arbres ,& (fions nourris par les fervileurs du Roy djt 
la viande ruflique,icy fumes deux nuit~ls.Kn fin mtnda /• Admira ftcus les Marchants ejr Mariniers, pour les de livrer par force , car 
avions entendu que les nofircs tfloycnf encore en la chaloupe, de laquelle iltvindrtnt a terre ejr nefloyent n'y lie^nygarottc^ejr ra* 
doit devant la Porte en l Havre, par quoy fume\ iàdvis de les de livrer par afluce,qui nous faillit. 

Le <i.de Fcburier femmes en nombre à 'environ \ $0 .hommes, bien equtpe^embarque^en trois chaloupes ejr trois efquifs y pour aller 
a terre ejr y e flans àrrive\y cu(l il certaine trouve desgents en trdre devant la ville. Or il y eurent deux Portugal^ qui failloyent de- 
vant y difans qu'ûT^vouloyènt accorder :vraye marque >defaintife.ej? 'par tel 'moyen s ' afiemblerent en la ville, maisvoyans cecy ; fautâ- 
mes légèrement en terre bien en nombre de 20. <JMufquettiers,tirans fort afpremen t , de forte qui! y demeurèrent bien trois ou quatre 
morts,ejr tourrants vers la chaloupe cria le Vice- Admirai de retourner en la dit te chaloupe pour entrer plus avane.ee qui futfaicl. Or 
tflants arrive^avec lescfqmfs ejr chaloupes [oublia ville, fortoit de l autre porte, une grande multitude desgents, penfans de nous fer- 
mer l havre .ejr couper le chemin Ayants apperceu leur vouloir, en votâmes bien tofl deux efqutfs vers le guet du port, pour tenir l'ha* 
<vrc ouvert jar s'il\ncus euffent coupe le coing certes il euft efle faicl de nous. Or eftants icy efearmouchants , & rouants a quitte eu a 
double, apprêtèrent leurs artilleries, les defeoeberent furteufèment fur nous, îiroyènt ans fi fort aprementdes Arquebufes cjrFlefches, 
voire fidru^comme la grefie,ejr cuidoyent que quand ferions fruftn T^de Poudre Je nom bien tirer le vir du ne\,mais n'avions faiiï fi 
lonçjeiour.a caufe quil y leuaun fubit orage, ejr leaùe nous défaillit tellement fî voulûmes fanver la vie , nous fallut retour ner Vers 
noflre venue, levâmes noz crocqsgafchames aval 7 eau hors le trou, r ar lèvent fe leva fort durement, ejr quand' efiions environ un 
coup de canon du pays,rcnverfa la chaloupe de l Admirai avecq 3 6 .ho?nmes 5 eylagabarre de la navire Zélande avecq p Mmmcs,* 
caufe du flot, impétueux, de forte que les refiants qui efloyent es autres chaloupes ejr efquifs, ne les fovoitni aider, car avoîcnt afjez a faire 
de leurs mcfmes .tellement quil y en curent beaucoup morts aucuns notez, aucuns mafiacrez des fauvages , mais qui furgirent a l'un ci* 
Jlé,furcnt /auveTjar le Rengar de Tuban,qui efioit a l'une des coflez , ejr quand ilz y vindrent pria il pour eux, quilz les vouiotent 
pendre prifonniersje quHl^fircnt ejr ejlants a terre fe mirent a genoux } rjrprindrent alors une poignée de fable quit\ les mirent fur U 
ttjlefigne de leur vie, mais qui choifirent l'autre cofié furent tom maffacrcl^ & n'en prindrent ndz a mcrcy,ainfi qu'il y en dem. ure- 
rentbien zs..afcavoir 1 $ .de V Admirai , i.delean M a> tin (qui fuft au fi en U chaloupe) çr 9. de la navire Zélande } les prifomièrs 
efloyent coduitfs par la ville,vers une miifon de village. Le T rompetteur ejr Cor f oral effoyet enchaînez Jes autres garolet, trois griejue- 
ment naure^ejr ceux quipenfions délivrer, efloyent feduïts ejr divife\en plufieurs autres lieux. 

: . — 1 1 — j fttt: 

LE6.de Feburicr, fumes cmmcnédcla,^ en chemin trouvâmes les autres prifonniers, excepte fix -hommes, quî^An 
eftoyent emmené autre part& les autres furent emmenez en une Caverne bien une lieue au pays, ou nous fumes fcbûtlcr. 
mis,& gardez par certaine garde,le Trompctteur & Corporal eftoyent quittez de leurs 1 iens. 

Lç7.fumcs tirez de la Caverne, 5c conduits en la ville , mais le 1 rompetteur & Corporal furent prefentez (chafeun a 
part) dev" 
mettant des 1 
roitbien* _. 

mes en la Porte trouvâmes illecq les aturcs,de forte queftions alors 5 1 -en nombre & élirons amené dehors la ville , fur avi "'« 
une petite lfle,fituécdeifoubsladicle vil le pu nous fumes gardez nuiclen jour. 

Le lendemain commença on dreiTer la raxrçon,& fommes en fin accordez pour la fomme de iooo.Reaulx,ou aucu- ^ m ™ e f ^ t u 
nés denrées & fut faitl en celle maniere.Qiiand aucunsdes prifonniers furent envoyez a la navire , payeroit on leur ran- ftSC ut 

— ' îooo.iuaul* 

çon,foiten drap,argentou autres denrées. f fontiio* 

Le ç.furent envoyé hukl hommcs,donr leur rançon fut envoyée au Pays. 

Le lendemain en furent envoyé 1 2 .& leur rançon fut aufll renvoyée reciproquemet i 3c ainfi contnuellemét jufques 
aronfiefme,i2.6c 13. jour, 

C Au 




Efcus. 



Feburicr. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION 



W9. 



Au i 4 .avons eu tous les noftres, excepte deux,dontl'un cftoit auflï prifonnier^l'autre fe cacha de nuid,& font de lcu< 
franche pharetre,ôc fans le vouloir & confent de l'Admirai demeuré illec. 

Le mefme jour,fit la navire Wtrecht trois coups de Canô,cn ligne qu'cufmcs tous les noftrcs, partimes devant Iclbîr, 
& arrivâmes chez les autres navires,avons ainli (uivi la pittc,faifanrs le cours tout le lôç de CMadura E.quart au N.à vent 
O.SO. Eftant la voUchaucccmoututlcmaiftrcdch 



**~r-~ _ p 



Uzs de 
Feburier, 
che 'ft un 
C"jitenier 
delà Hunne 
«a la Mer. 



afea- 
part 
A.fc: 

Ï.E1 



I>r<r/ di [cours de tljle Madnra. 

d?ru!?<fc* L% M s ^ e Undura ejl fort fertile en Ris Je forte qu'il en fournit tom fes voifms Jedicl Ris croifl en belle terre detargtlie\voireÇif^' 
Haaoxu. ts [ e q M c he\nous,ejr efl ternie fi mouillée de ïeaùc,que quaâ Hz la charriient. vont les Bufies ejrcharueurs iufques augenoilen ledM, 
ejr de telle hauteur croifl ledit! Ris,afcavoir la longcur dun^enoilJadiQe Jfie efl fi fertile, que Us voifms ne U peuvent nullement caret 
mais, il ny a nulle Navigation ,a caufe d'uneficcité qui ygift au devant jnau font fort grands efeumeur s ^vivants feulement de la rapt* 
ne de leurs Praiïes. L emblent ausfi bien de leurs voifms que des forains nont encore la hardiefie d'y contredire, a caufe de (a nout- 
ritture. J 

gnand a leurs armes avecq ce qui en dépend, font egaulx aux îavans, corne des Eléphants £hevaulx,Picque$, Rondelles. Ont ausfi 
des Coutelas & Poignardz, orne\des tejles des D tables, votre les (ervttcurs du Roy (ont tous Gentilshommes > ejr leurs Crijfes tous m 
gentezjnais nul^antres du Pays . 

Le 1 5 .avons abondonne le maiïïrc de la Proue, & vifmes les promontoirs de lava mineur . 

Le lendemain vin i l'cfquif de l'Admirai quen c le Vicc-Admiral,pour efliie d'Officiers fur i'Admira^au lieu des maf- 
laciez , fîmes le coûts E. quart au N.à temps lerain. 

Le 17.6c 1 8. vifmes VttkCclcbes fîmes le cours E.& S.quart au Nord. 

Le lendemain au matin .vîmes rifle de Cambaina , environ 18. lieues des Celebes y mà\€t jour vifmes encore une lïfo 
pommée Bouton^ s'eftend de Cambaina E.S.E.cnviron huid lieues. 

Le 20. fommes arrivez autour de l'I fie Bouton^ alors manda l'Admirai les Mariniers & Comités pour tenir confeif* 
* Le 2 1. au matin avons eue loubz l'I ûcCebeJfe, ou nous trouvâmes une ficciié,dont la Carte n en faid mention,^ 
n'en eftions pas mon: é (de nui&) la longueur d'un coup d'un petit Canon,de forte que Dieu nous fift icy guide vifible* 
Celle fcichcrcflc contient environ la longueur de deux lieues , s'eftendant ordinairement E. & O. laquelle te faut biert 
prendre gardc,afcavoir entre ces deux Iflettes,ccmmc entre Bouton & CebeJJà , laquelle gift environ au mi tan deces Iflcs* 
Trouvâmes que les Buxolles tiroyent derechef au N E, 

Le 2 2 . & 1 3 Su ft le t cm ps fort pl unieu x, fifmes 1 c cours N. E. vers ^sfmboina. 

Le 24 fuft fc^e-Xd^^ leComaiisfur lanavircZdWcA 

conftitué fur ce'uy d Wtrecht , & le Commis d Wtrecht fur Zélande^. 

I e mefme jour mourut un garçon du dyfenthere , eftant gardeur de la logc,& du foir l'envoyaumes au farTran . 
lelcndcmainaumatin^ifmcsl'ifledc^^&au matin fumes jurprins d'un vehemenf oiage , mefléde pluyc# 
vent,de forte qu'il nous fallut caller les hunnicrs,& en les baiflant,tcmba certain Quanenier de la hunne, & cheuft en la 
Mer,niais en tombant print un cordclet en la main,& par tel moyen l'avons fauve, voire fe n'avoit en rien bleue , chofc 
certes a efmervcillcr,car le vent fpiroit fort aprement , que ne feavions mener les forfets , mais le vent tourna au S .O f # 
fîmes Iccours N.E.vers tel Pays qui nous fuft en veiie. 

Le 26.& i7.flottames en grande tranquillité loubz rifle Blau,& cufmes ala fois un petitaure, à vent variable. 
Le 28.au ma:in,s'approchames de la rame à l'Admiral,pour emmener le Miniilre, car chez nous cftoyentdeux jeuf- 
nés hommes,qui fe voulurent laiflcr imbuer, touchant le Sacrament du Baptefme,pour fe laifler Baptilèr. 

Au premier de Mars fommez arrivez fou bs YlûeBlau a lïruce au bout Oriental de Boora, ôc vifmes devant nous troî* 
Iflcttes,la première nommée t^ftibotty,\'aunc CManipaM terre GV*,ces trois Iilcttes font fituées devant l/* mboina. 

Le lecond paflames l'Ilk de Blau, ôc devant le loir y arrivèrent 2 . Barquettes a l'Admirai \ mais ne le voulurêt aborder, 
demeurèrent feulement derrière fa gabarrc,cependant envoya Je Vicc-Admiral là chaloupe a l'Admira! , pour entendre 
Jeur venue,mais fi tôt qu'ilz apperceurent ladidc chalouppe,prindrent fubitmcht la fuitte vers le pays, & tenions la pifte 
d ^simbowa. 

Le 3. au matin arrivâmes au deftroicl/t^w£<?/*4, fort cftroiât, &a l'embouchure fut le temps fort calm ,defortc 
quil luy fallut prendre la Mcr,a caufe du flot impétueux. Devant le midy vindrent chez nous troisFr^//^de la villettc î 
de LMantel (îltuée aux montaignes d't^mboina.) Au foir fîmes rade devant une villettc,nommée Iton. 



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Mars* 



DES INDES ORIENTALES. 



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Defcript/ondnN 0 <. 

Lepourtraia de rmcd'Aroboina ou n»as arrivâmes leiî.de Mars 159». a 4,ennoinbc t , l C.tit une remine allant verdie marche, pour vendre fa denrée quelle porte fur la mai*, 

afeavoir la navire Amftcrdam.ôc la navire V Vtrccht, qui ta. fin ( après l'ctpacc de deux mois ; i D.-Lii I* A dmiiàl de la Mcr.eitant le Fiere du Roy de Tcrnati , corne il «ft luivi de les icrviteuiï, 

partirent vers Ternatt.carilzvouloyentaufli par 1er au Roy,& hanter avec iluy. i couveitd'un Tirocloutte laie lie, fon accoultiement rft un Cafaquiuàlargrt manches, 

A JLft un homme de petit moyen, allaut au. Bois pour beibigner, ayant eu la main un Cou- ! qml haute j-ulques aux trpaul<\a>Cw nu Uy». :de Sovcàla Portugaife, Par cedict Admirai 

fléau fort large. i hune* aboidc/. accompaigiie de trois Carcolles , demandant nottrevenue, auquehepli. 

t.Zit un homme plui aparent ayant une Pique en la main, delà lôgueur d'une ftfqui buiïùc, quames.qu'cn toutte humilité fc amitié vjfocs illcv uaffiqufii, tante» ar^catflu'cndcA- 

dontilzontla manie fort oroptc,la jenant fort ifnclkmentoiadioia. I • «cs,doninoihc venue luy tulUKolriiiaïc, 




Description de i'IJle Amboïnaje leur for me , manière, tant aller qu'en tenir ? de leur 

trafique, habitements comme ausfi de leurs-galères* 



r>€ tint 

Amboina & 

du coifage 



JflfetAmboinagtfes CM chèques environ 2^. lieues au cojlé ^0 , de Banda, Ccjte ifeeftfori fertile en doux des Gbtfes^&non 

moins en Fruiclsjomme pommes d Orenge^Limons filtrons \Coquos,Bonanas ,Cannes -Juçr ces cjr plusieurs autres à Ion pris 5 voire uu 
four un Bouton ,en eufmes bien S o tellement que trouvâmes icj bon rafrcftfchement,ks habit ans fontgents fôrtfimplesfembkbles aux «fc* 
Bandoù,& confequemempar tous les CMolucques,s exercent aux Fruicls des Girofles, mènent tmeejcarfe vie. Leurs armes (ont quel- 
ques Picques de Bois.au bout defquels y a il un fer pointu , à deux chrochets, dont fit mènent me merveilleufe agilité, &cnft>ntjifcr* 
mes quilzietterojent bien fur lagrandeur d'un Daeldre.Vfentausft en la guerre des rondelles &glaiucs,leurs poures portent un grand 
Couteau ^duquel ilzgaignent la vie. Ont ans fi des grands, gâteaux faiclt ,Sucre Amandes cju'ilz mènent, rendent ey troquent entre ' 
leurs voiftnsjvfent force Bis dont Hz font des grands pains, a la façon des pains de Sucre 7 quilz mengent en heu de leur pitance. Mènent 
dusft des Galères, fur lefquelz Hz ont le courage fort hautainjes gouvernants fort légèrement , ont la forme d'un Dragon, lapovrert- ^ 
prefentela telle & la pouppe la queue, au/quels pendtnt certaines Guimples cjr B an derolks comme avons veu. Jguwd nous vifmes dii} 
vant <^4mboina,vint t Admirai de la Mer\avecq deux fuperbes dr riches Galères ( par eux nomme^ Caracolles) remplies et hommes, 
tienequipe^gafehanes a l'entour des noftres , montrants figne d'un ioly courage , chantants ejr ibuantffur aucuns bas fins de 
bronfe^avecq des tambours oblonges,qù importent foubs îun bras , &le torchent de l'autre , accordants du Çon des bas fins auquel 
les chetifs tiennent bonne mefure en chantant fort mélodieux a ovir.Cefdifts Car colles avojent chafeun trois pièces d artilleries , fuil^ 
lâchèrent chafeun une feule fois, pour l honneur de no/lre venue dont les rendîmes acle réciproque , & après les rêver encè deues, mouilla- 
ntes les ancres ^crf mes à la nuicl bonne garde, car il^avojen't toutte la nuicl vciïe en voile & vifmes mefme nuicl force efchauguettes. 

C z yipres 



Mars. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION 

<uf Près fumes abordez par l'Admirai^ demanda, îoccafion de mfire vei we,refpondimes jour faire nofire trafique^ tju'a<v0l 
> émenê mues fortes des marchandas dont ils (e refiovtt , fit requefte a l'Admirai de venir a terre, & voulufi avec nous ancber i# 
eord.Le lendemain y vint le Vice- Admirai pour traitter avec eUx d'accord, tjr y efiant venu J' ont recheu fort honnorablement à *J 
meneret foubzuncTente.dreffée les voiles ^laquelle ilzfichoyent aux arbres, ou il^ traiclerentd accord, & dt mandâmes fi y pourrit 
bien charger toutte nofire maffia. 

t'A» i s 99. T E 4-dc Mars au matin fut apporte aux navires grande quantité des Frui&s pour troquer,comme pommes d'Orengtf» 
jdeMars L Limons, Citron s, Coquos & Bonanas,& mainte autres,qui y font fort bon marché , car pour un cuillier d'eftainefl 
f atczgMa- cufmes telle quantité,que n'en feeurnes rou,apporterent aulTi une multitude de leurs pains,pour les vendre & troquer, 
itFnûai cuits d'Amandes <5t Sucrc,medicine pour le flux de ventre. Au loir fommes monté plus haut vers TH. pour trouver bon- 
ne rade,car eftions premièrement fur 3 6,braftées à fond-ord,& fommes ancrez fur 50.braflees,aufonddefable. 
^mment ^ f umes abordé par l'Admirai de la Mer venant vifiter noftre navire , qui ne s'efmerveilla non feulement de l'a*' 
4*z par * tillerie manuelle & inniobil e. Mais qu'eftions 11 richement pour veus de toutes chofes , avoit bonne manie d'un Haf 
quebufe,auquelileuftle plus grand plaiiir. 

Le lendemain au matin,furgift le Vice-Admiral avec 3. vice -Commîtes a terre, pour parler au Capitaine, delà chaf' 
gedefirée,&eftansa terre, vindrent les gouverneurs du pays,les recevoir , 5c les faifants grand honneurà leurmode,^ 
monftroyentfort hilairez de noftre venue, & difoyent qu'aurions charge à fouhait,dont eftions bien aifes, & l'ont amc 
né foubs un Tirofel parlèrent entre eux bien trois heures de long. A i'apres difné retournà le Vice-Admiral,amenentl* 
Frère du Roy de T^^accompaigné de beaucoup des Gentilzhonimes pour vifiter noz navires , & partirent au foir # 
furent honnorez de cincq coups des Canons,dom les deux eftoyent chargez,ce qu ilz avoyent requis de l'Admirai. 
Le 7.au matin furent apporté force Fruicts pour troquer. 

Le 8. au matin gafcha le vice-Commis a terre, pour parler avecq les Gouverneurs du pays, pour trouver moyen dj 
baftir une maifon, pour y tenir noftre marchandife,ce qu'ils nous n'ont refuie,mais avoue, & nous ont monftre un LO' 
gis,pour y mener noftre traffique. 

Le lendemain , ont efté tous les Commîtes & Mariniers a l'Admirai, & ont tenu confeil,quelz navires ilz ordonne 
xoyent pour tendre plus long,car avions entenduz que la charge n'y feroit aiTes fuffilàntc, pour touts les4.navires. 

Aumefmejour afeavoirau difner, partirent certains Charpentiers a terre, pour baftir la maifon permife, ce qu'il* 
nous oftroyerent à la reparer & drelTer en ordre,pour y tenir noftre marchandife . 

Le lendemain fift on Iuftice fur la navire Gueldres.Lc mcfme jour apportèrent les incolains 5 force Eruifts aux navires, 
& eftoyent fort diligents pour équiper la maifon. 



ADVERTISSEMENT AV LECTEVR. 



Flaife au benevolent Lcfieur ftavoir, comme tous les quatre navires ,afcavoir la navire t^mjkrdam, Wtrecht Zélande fjr GueldreU 
(ont arrivez le troi/ufme de CMars ij pp. devant Amboyna y rjr comme il^prefumoyent que Us quatre navires , ne fefcauroyeP* 
ajfcz charger findrenteonfed de les dtvifer,& lean Corneille,) &la navire Gueldrtl 

( Mai/Ire lean Bruin,) ordone\de prendre la routte de Banda $ font partiz en tel ordre d'Amboyna l'on fie/me de CMars , de laiv 
fants lesautres deux quiyfeiournerent encore l'tfpace de deux mois. Or fuivrons doncq la defeription des deux navires de BandA, 
l ejr comme ilz font chargez 5 tjr a la fin de leur navigation [uivrons l ordre des deux autres , afeavoir de la navire Amfierdanf^ 
M aifire Nicolas leanmde CM elcnap,dr de la navire Wtrecht \CMa)fire lean Martin, quipartirent d'^tmboina vers les CM' 
lucques le S .de Mars, a fin que l avideux Lecleur puijfe lire & entendre difiinclement , la description de touite la Flotte , laquelle), 
farttt d'Jmfierdam le 13 Je (Mars 159 . 

LE 1 1 a I'apres difne partimes l'un de l'autre 3c finglames vers tournais la navire Zélande demeura encorcun peu,* 
fin qu'elle ne feavoit trou ver fon ancrç,& devoir attêdre fa vague, car le fond y eft fort ord, voire que foupçonnamtf 
que la corde avoit enveloppée quelque pierre,dc lorte que navigeames toutte la nuicl: ça & la. 

Le lendemain au matin, hauça la navire Z<rW<?fa voile, mais acaufedela tranquillité, ne fçavions prendre ntfl 

chemin. , c * 

Le 1 3 .devant le midy, toucha la navire Zélande le fond au deftroit de O«,foubz rifle de lelaupu la marec couloit tov 
afprement,alioit aulïï fort contremont,dont le flot hurta impetueufement contre la planche , lituée tout devant ceft* 
Iflette,mais pieu le previft,& cufmes alors le vent fort propre,avons mouille l'acre &guindames la navire en ordre, & 
finglames , dont eftions fort allégez. A I'apres difne nous vindrent trouver deux naçellcs, difants qu'il y euft une navir c 
Portugaifc devant Me Noefau, a l'embouchure du deftroit de Cent , a l'orient d^Amboina , dont les habitans font ^ 

m f Lc lendemain fuft le temps calme & ferain,mais devant le foir fpira le vent du N .O. fîmes le cours Sud E. vers Banty 
Au mefme foir vifmes ladidc Ifle de Banda y zu S. E-de nous,a la nuid arrivalmes près une lfle,nommée Poclfctton, litu^ 
au cofté N.O.cnviron cincq lieues de Panda.Siiï cefte lflç jn'.y a il , n'y oie auffi demeurer aucune ame vivante , comr^ 



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Mars* 



DES INDES ORIENTALES. 



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aôus did noftre Pilote. Et en ont ainfi grande peur,car difent qu icy règne le Diable, voire que quand ilz y arrivent , ne 
le feavent par quel moyen faites tôt paflcr,ce que vifmes au Pilotc,qui print un hauet, fe mettant en la prorç de la navi- 
rc,lc gouvernant ainfi,cuidant que tant plutoft il palTcroit laditte 1 fle, & cftant laifé , mit ledift hauct au devant delà na- 
vire,cequenousfallutaufli 5 faire, jufquesace qu'eftions palTé ladite Iilc ,& quand le temps fuft un peu calme ne fift 
noflre Marmoufet que fleuter 6c fi'flcr,penfant d ainfi allicher le fantofme,ccrte figne de leur {implicite & incrédulité. 



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Btnda excède teuttesle» Mes det Molucqucs en Noix Mufcades, Mac», voire nulle autre 
contre* n'y a il des Noix qu'icy.&a Poeleuctacquc.Pollerln,Pulovtay& Gunanappi A Gu- 
nanappi y a il une Montaigne teatente en Soulphres 5c touliou» bruflâtte.Icy a Banda, avons 
l'aiflTezo. denoz Contraignons, pourceus des marchandiies & argent , qui achcpterontles 
Frui6tscnlaifon,& les garderont jufqucs a noftrcveniie. 

A New fc foi a la plu» grande trafique & il y a grande convention de» eftranger», comme 



La Carte de Banda. N° 6. 

lavàs,Chinefes,5c maints autres, entre OrtatS &Côb« n'y a il qu'une maîfon,5c n'ont nu!!© 
converfation entembfc , a caufe qu'il* prennent les SanglieiS quife tiennent tllecq , ceux do 
Labbeucque,Combcr cV VVayer mènent une guerre ilnglantt contreceux de Neia , lontor ûc 
Poeleron, laquelle n'eft jamais a reconcili r , a caufe qu'ils ont pillez 8c «ndoùmagCj leu* 
Fmicts.oc ccuxd'Orwtan (qui font au milieu d'eux) vivent en paix. 




î-eij. vifmes encore deux ïflettes, environ uncfefquilieiïeauS.O.deffW*, nommé Polleway, l'autre Polleruin, u {omm 
diftants environ une demie lieiic l'un de l'autre,a l'apres difné fumes abordez par une Praùe de l'illc Polleruin , bien gar- »« «rivez * 
flic d'hommes,gents fort robuftes ont pour accouftrement un ligne de Cotton alentour du corps , J eu rs ai mes font des dî bIiÎÎÏu * 
Picques qu'ilz jettent de la main. Au foir arrivâmes en la rivière de Banda, mais la navire Zélande fe tint en la mer , car 
cftoit alTez bonacc 5 dc forte qu il ne povoit entrer. Au mefme inftant , arrivèrent aux navires grand nombre des Praiïes^ 
difants qu'il y avoyent cfté deux Portugaiz,qui eftoyent partiz envirô trois mois palïe , ayants leur intègre charge.Nous 
monftroyent quelque efchantillon des Noix,Macis & doux des Girofles& allèuroyent noftre charge dçfire'e. 

Le 26. a l'apres difné fumes abordé par le Sabandre,qui voulut parler au Vice- Admirai & alors aproçha le CMelcnap 
de nous,fur i4.bralTécs à fondde ûble. 

Le 1 7.de Mars nous vint trouver un autre Sabandrcde la ville nommée Ortatan, lequel voulûmes honnorcr de quel- 
ques prefents,mais les reFuibit,difànt qu'il retourneroit le lendemain. 

Le lendemain retourna lcdid Sabandre, & fommes accordes pour faire une franche trafHque, tant en açhepter qu'en ^f^^ 
Vendre, & eftions accordez a raifon de quatre bares de Macis^pour ancrage & péage , mais nous promit de nous donner. *c «caoïT 
un Logis , pour y mettre noftre marchandife en vente. Devant le foir partit il,& l'honorâmes de i o.coupsdes Canons. 

Le i ç.partit noftre vice-Commis avec celuy de la navire Zélande à terre,avecq certains Charpcnucis pour reparer la 
maifon affeurée^ans laquelle pourrions mener noftre traffique. 

C 5 Le 20. 



Mars. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION i???. 

Le 20.fumes par abordé le grâd Turc de Bantam,& parla au Vice-Admiral,ttifant que pourrions îcy charger a fouhafc 

Le 23 .fuit la première marchandife de fchargée & menée en la villctte d'Ùrfiitan. 

Le lendemain fîmes la première traffique tant civachcpter qu'en vendre. 

Le 25 ,fin<*la l'Admirai vers l'autre collé en opinion d'y louer une maifon, pour y vendre noflremarchàndifejCar a ce 
eofté fe fift plus de traffique, qu'a l'autre , a qu'aufe qu'illccq demeurent les lavons, qui i viennent annuellement faifan* 
grande hante. 



LcpourttaiftduViccAdmiral.comm'ilfurgiftatcrre pour accorder avecq eux 01. ilh.lt 
joyculementrécheu & le firent grand honneur&reverncc, ramenèrent ioubz uncTcntcdcs 
voiles, fichée aux arbres fou bz laquelle iUcltoyent aifis. 

A. Eftle Gouverneur du Pays, homme âgé. 

B. Eft lcFrcrc du Roy de Tcrnati. 
CMï le Vicc-Admiial avecq fonTrucheman. derrière foy» 



DcfcriptionduN 0 ?. 

D. Svnt les Gentilzhommes.asfis foubz l.idiclc Tente. 

E. Éftl* Admirai delà Mcr.fe tenant de cotte' avecqfcs lervîteurs. 

F. Eftle Los'isdu Gouverneur' 

G Le popuiahe citant ausfi asfis aucofté de là Tente avecq fcsTerviteur*. 
li .Sommes nous Hollandois avecq no* Trompettes lefquckaous fallut aU'foU lonncr t S 
leut fuft une choie agteablc. 




Defcriptîon 
de la traffi- 
que.ôc quand 
diargeames 
la première 
BUrchâdifc. 



«rtie.de Mars 
nous ôt oltc" 



Le 26.avons tenté de mener la navire au rivaige,pour charger. 

Le 27-fuft la marchandife menée a l'autre cofté afeavoir devant la villette de Nera, 

LezS.avonscflarginoftrenavirc, pour charger quelque marchandife, & au mcfme jour rccheUmes force NoixSC 
Macis. 

Le 29. & ^o.avons cfté fort occupez a terre pour achepter & vendre. 

Le 3 1 .avons charge la première marchandifc,a{cavoir des Noix Mufcades. 

Le 1 .2.3 .d'Auril,avons eftéfort occupez à faire noftrc traffique. 

Le 4.avons recheu des lettres de rAdmiral,quifejourna a chargera caufe de la guerre que les incoîainsmcnoyëtcon» 
tre les Portugaiz, & les vouloyent exiler du Pays,car fur le bout occidental de ladi&e lflc ayoyent dreiTé certain Chàftc* 
let,duquel ilz les endommagèrent grandement. 

Le s .nous ont ceux de Nera ofté le poix & défendu de traffiquer voire que ne povions diftribuer un fcul brin de mar- 
chandife , que devant l'accord des Gentilzhommes , qui vouloyent aufli eftre honnorez de quelque prêtent, de forte 
qu'avions pour' lors ferme noftre boutique. 

Le 6.avons charge h première denrée de la villette d'Ortaton ^afeavoir des Noix. 

Le 7,alla le Commis de la navire Z clan de a tcnc^afcavoii c ^ k îiH c de T^ra, cherchan t aufeu n moyen d'accorder a vd 

lesGen* 



AuriU DES INDES ORIENTALES. 1*99. 11 

ks Gcntilzhommcs,tcllcmcnt qu'ilz nous rcftituoycnt le poix , & nous fat alors licite d'hanter a tel pris qu'il nous fut 
poflible. 

Le lendemain efhons fort empefehez pou r mener la marchandifeaterre. 

Lei 4 .partitlachaloupe,accompaigncede i 4 .hommes vers ^;«W,pour lcavoir nouvelles de 1 Admirai. 
Le zô.retournaladittcchaloupe^diWt que l'Admirai n'eiut encores chargé que cincq laits des Cloux de Girofle, 
maisefperoitcn bref avoir charge plusapparente. m t , . 

Le 2 8.0c 2 9 .avons efté fort actifs a trarriqucr,& avons commence a hanter avecq les Javans , afeavoir en Macs , Noix 

&Girones,acheptameslal?^ 

Mufcades,pouriix Reaulx, chafque Bare contenant i.oo.libvrcs poix de Banda, & chaique libvrc cincq hbvres & un 
quart Hollande , mais ce marché ne dura guerrcs,car le vouloyent haucera plus haut prix. En ce mois avons eue fort +5 , Eicus . 
occupez a mener toutte la marchandée a terre pour la troquer en Noix Mulcadcs, Macis & cloux de Girofle, qui trouve- 
rent bien toft leurs maiftres,& Rift vendu a la crippe happe, voire quenclcsicavions aulli tort fournir j ficcftionsainh 
empefehez depuis le matin jufques au foir , autant que icavions îibvrer a deux Balances , de forte que receumes a la-tois 
en un leur une charge entière, voire aufil bien deux & tout a petit poix. 

Du premier jufques au dernier avons fai&grand devoir dtfcnarj^fc : 

Le 8 .vint en la navire Zélande une CouIeuvrc,ayant la longueur donfe pieds, fort grande a veoir , & fuft mengee fur 
laditte navire. 



FomtrMftduConviuedeceiîxdeEanda.qiiardilzvontti'OHvcrlenrsennemis, ou» ce taux 
CD cette manière. Les Neransavantstousleursalliez&conrederez enfemble, (qui KS\ien- 
nmt trouve* te leurs G.->tne , âflavoïrdc PoeIeron,FoeTêvvay & de Lontor) font rechc,scx 
feftoyezpubllqucj»cnt6«raiMe«lïcefiei»aoieïe, Frtansafhsen rang les apport oniur-une 
feuille d'arbieun Bonanas (qui cft leur trencheir chacun une pie>e du pai.i, pareil* , nom- 
«îeSaga^&alois les apport' on fur in.ef.uill- froncée, du Pus bo-ily,furlequcl ont un fruité 
de chair mouillée, cjn'jlz mengent fôit brutalement, le jettantde la main en la bouche, ce 



DefcriPtionduN 0 S. 

pendant que ce Convn:efe faift,fe prefement quelques Gentilzhommes , faisants enlapte» 
lénee de tous quelque ftratageme Sccombat , à beaux Capriolesôc alegrades , montrants le ur 
agilité &hardie(T«:,n'eltans en ritn acquiefee:*,. mais tous jouis t'antellans, tant devautcon.me 
d.-rriereA quand iUfont lak.fe prefente incontinent au a.:rre parti, en carrie e , qui continue 
li longuement que lesdapçs '.ont iaiûes» Ce qu'avôs voulu mettre icy.pour recr.ecr-ren;<ndc- 
ment dn.benevokiit Le&Cur, 




Defcription de Labbetacq de la ville de Nera, de ce qui y avmt a noTire fe tour. 

LEf.deluinvindrcntceuxde Labbetacquez quatre Galères devant la villettcde^*, ou ilz firent une efearmouche 
contre les habitants de ladite ville A 1 eurent certains maflacrez & nauvrez, ces villcttes font diftants les uns des au- 



tres 



1 1 



Iuitn LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION î^ 99 . 

très environ une heure de chemin , & ont entre eux une inimitié irréconciliable, tiennent fort bon guet aux Bois&afl 
rivaige attendants i'enncmy,leurs armes font des pauois de la longucr de quatre pieds,atifli des grands Braquemardsf^ 
pefants,dont les manches font couverts d'eftain dont ilz ont la manie fort gentile,ont au Ai plufieurs Arquebufes & ^' 
nons de metail qu'ilz ufent es Galères & vil les.Ont au ffi en l'à main (allants à la guerre) deux Javelines fai&es de B<A 
fort durc,dc la longuer d'une fefquj braflec, dont ils jetten t de fi dtoiâ: fil qu'ilz percheroyent bien un homme d'un 
coup,& quand ilz ont dejettez toutte leurs Picques , combatent des fables , voire aufh bien d' Arquebufes maisfortpc 0 ' 
Les Morrillons font entre eux en grand cltimc,car cuident (qu'en eftants veft us) eftre garantis de tout encombre. 
Aumefme jourfuft le Vice-Aemiral fur le rivaige voyant refearmouche. 
pt et nui fut j c j 7 2U mat i n partirent ceux de Ncra,Lontor,Pollcrway avecq leurs Galères vers l'Iflctte de Waiter.ou ilz tuèrent ctf 
tain nombre des gents & en figne de vi&oii 'c,pendoycnt les telles auxGalcreSjCn delpit des Labbetdcqrwis,amYCïcntM» 
à Î^r4,qui leur caufa grand honneur, voire triumpherent de leurs Glaives fanglantes par les rues , mais lesenvelopf*' 
rent encore de fine toile de Cotton 6c les inhumèrent honnorablcmcnt. 

Le29.charga la ww'vîz Zélande là .dernière rafche,afcavoir du Macis&NoixMufcadcs^udicI: jour bcfoigncrentW 
gents mecanicques fort chaudement a la maifon,quc l'Admirai fitdreflcr. 
Le i .de Iulliet print la navire Gueldres là dernière charge, 
^ntnd ie« Au fécond fut le Vice- Admirai a terre pour parler avecq le Sabanàre & autres Gcntilzhômes,pour dire adieu, & p0°! 
feuîdcpmc- un peu recommander les noftrcs,ce qu'ilz nous promirent,tcllcment que l'Admirai fitauçuhs prefents tant au Sibffi 
ment. rf/r, qu'aux autres Gcntilzhommcs,di(ànt ainfi l'andabe, à l'aprcs difne fimes voile 5 mais nous fallut incontinent moiiil' 
1er l'ancre, à caufe qu'il n'y euft aflcz moyen pou r fonir. 



exécute par 
les Galères 



i Boîs.chargf*'" 



Defcript/en du N°y , 

Yne Galère de I'Iflc de Banda par eux nommer Carcolles,', lefquels ils mènent en la guerre, | ïubfcîrtce .xl'a'pprcttent en telle manière qu'il ne fc change point en l'eau. 
& les gouvernent fort Icpcreir.enr,font fort terduS de bois & liez enfeirbîe des cordclets.qu' ilz. A«Elt une Elclave de Banda par eux nommez lafehar , comme ilz louent du I 

£rmeut avecq membrures par dedans, diftants les uns des autres la longueur d'une braffee , & < Fruicrs& Vin deBuis,qti'ilzboiuenreux mefmes. 

enlaconliruantfont accorder tous Ls membrures de tous les plancha , outre l'un l'autre , & J B.Eltunc povre femme louant du Bois,chargee de diveriltez des Fruits, allant vers le 

fit dedans fichent quelques bois aux deuxcoftezdefdits menbrures, voire qu'ilz font alors du j pour les vendre, & les porte une natte faide des lèacqs , ayant en haut 8c en b» un eCO** 
tout bien liez, n' ufent nulglu, linô qu'ilz trempent les efeorches des Noix Indiennes (par eux 
nommes Clappus, ) comme l'cftouppe de lin,& le folident de lachaulx, le meflant de quelque 



qu' elle a devant le chef, & les poxte aiali. 



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Defcrf 




sft* 
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Bois. 

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taufli 

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DES INDES ORIENTALES. n 
Defcription de l'IJle Banda, fituee fur quatre çf demie degrés au S Je tEqu inoS, 

de leurs accouflrentents, forme ejr manière \enfemb le de leur guerre, 
contre leurs voifins. 

L'ifle de Banda,eft disante ^Jieùes iAmboinaJfle certes fort fertile en <JMacis${Mx mufea les , e/l ausfl divifee en trois far- 
ties>qui contiennent sJieùes,dontla principale fe nomme Nera^qui excède touttes les autres ijles des CMolucqvesen OWufia- 
des 4e forte que les îavans y mènent grande trafique fant en achepnr qùen vendre \ ausfi ceux de CMalaccafihina draytry 
Jjles adiacentes. ou il\arrivent avecq leurs marchandées, ejr tiennent illec mefnage avecq une mefchme quilz acheptent four l efpace 
de deux ou trois CMois, & quand ilz ont vendu & troqué touttes leurs marchandées ejr denrées /etournent avecq leurs navires at$ 
logis, & après la trafique faicle retournent en leurs pays les donnants congé iufquau ret our . 

Ce Fruiti tant excelet, ne croit en nut^ 
autres endroits du Monde quicj a Banda, 
& es Ijlettes circumvoifmes , afeavoira 
Lontor , Ortatan , Combcr ,é*enU ville 
y - ----- *w„ m p t en tjjle cun- 

ranappijcjr es Ijlettes de fraye, r j~ 

Pulore.D Icy ejr de nulle autre contrée ne 
vient il. Sont meure^ trois fois en tan, af- 
cavoir en \yiuril , enAougfjt ejr en De- 
ccmbrcvJMais en Aurilfont les plus excel- 
lantes ejr en plus grande nombre , l arbre 
ne diffère pas grandement d'un Pefchier, 
mais a les fueilles plus courtes ér rondes, le 
Fruicleft couvert dune cfpeflc efeorche, 
laquelle s* ouvre par weur été jfrpre fente U 
Noixavecqfefcorche, efiant couvert du 
Maris, dot la couleur rejjemble le Cramoifi 
deleâable a veoir , & quand elle efi tarie 
fe divife le Maris de l'efeorche , & après fe 
change la couleur Cramoifie en Orenge. 
Chez nous cognoit on bien la vertu dd 
Maris & des Noixmufcades : car ii\ for* 
tifict ejr chauffent CEjlomach,chaffentles 
vents font deriger la viande , confument 
tous froideurs flegmatiques, & qulpluseff.Vren dcsNoixmufcadesou Macis,pulve- 
rife les, à méfie les i huile rofat/aicles en un empla/lre mette\le fur lapoiclrine , ^di- 
gérera tout te U viande, fur tout font les fleurs des Noix muf codes ou Maris, dignes défit e 

m**!'*** Jr demeurent en leur naturel l efpace de huit! ou neuf ans . , f r i r* 

gardeesycraemeuremenieurnaiureu yp m ihumetifles auauelilz ont un çr ai zele, voir ene viendront pas une feule fois 

Les babttans [ont ordinairement payens&granas Mammmiies,auqtKiu~vr>» & > m /Wr*»^ 

ae la garai,™ » , > * >. J . if » ■ j Mt vmri th d eaue devant L> Temple , pour fe curer & laver , ejr ejtants 

Wençnuusfiunecrudkg,^ 
^rnmttlmUgmmcnttfuntnwre^ 




LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION 

faueUer$>efpces & braquemards y nomme\en leur langage Tadangjlef quels Hz cvt une propre marne , voire t en feignent aux enf^ 
tn leur ieunefi[e,pour avoir teferime feur.O nt ordinairement des Javelines, faites de bois durejefqueles ilzgcuvctnet fertdroiftw 
somme Avons veu,ont ausfi une forte d'armes crochues au p oint, fichées a un bajlon auquel il y a un cordelet lié, ejr quad il\ (cntff& 
de pou/voir eom hêtre main a main, le iettent les autres au corps, cecy font tout s leurs ai mes, qui ijl leur exercice iournelle. Ont ausfi W 
sJMorilkns creflé^ , qu admettent en cap quand ilT^ vont a la guerre , tmhelli dîne ai fie de perdricx au lieu d'un pbward. f^r 
i alors efire du tout garanti^ ausfi j a il aucuns G en tilzhommes ceints d'un Corcelet, ou quelque autre façon dtharnois, penfint i& 
tespduoir grever n'y endomager>& quand il\^ fortetfur quelque entreprise \y a il tel tintamarre de crier, timpaner, ejr a torcher les w\ 
finsflùilZjemblenttous injenfez ejr enragez , les Gentilshommes font des caprioles tortues de leurs armes a qui mieux , ejr le w*r 



Defcription du N°'io. 

Tênrtriîft 4e noltre IdeeaNeraHeudenoftreiraflique, tant a troquer qu'acontant,vin- | nolires, laquelle balance , & poix allâmes querre du Sabandie , mais un pea «près f urcnt ^ 
drent en tel équipage devitnoftreLoge,& firent peler leurs m an hâdifes en une poife de bois, marequ ez,v in drent icyhantex, noas apportants du Macis, Noix fcCloux de Girofle*» f 
balancée de ceruùi poix,paieox nommes Catti , quivault la valcurdc s- libvies , & demy det J autres Matchandifes» 




fctbl 



uprioleur en tient grand cour âge, au cojle des Caler es, y a il des efchafauts des cannes, lefquelTjouchcnt a peine leau 3 fur lefquelz fôrf 
leurs efclaves asjis en rang,pour gafcherjar en lieu des aviron s > ufent des hoves ejr font asfis deux ou trois en rang, enr amant, fort 
fajjèr les houettes outre la te fie , tenant teant ainfidecofie deux ejr en houant font une grande tintamarre de chanter a leur modh.. 
égalité des méfié de certains timpaneurs ejr basfincurs.Sont gens fort vaillants en guerre/ ofent bien harper entre eux, comme vimes que ceux $ 
ibitans. Lahbetacque vindrent a quatre Gaietés devant *NjeraJieu du noflre domicile, ou il^ émanèrent une brave efearmouche au pays , âf] 
eurent certains maffacre\ ejr blefiez^a grand defpit des Nerans^qui attendoyent leur tour, par tirent le lendemain au fin point du ioUU 
perentre- accompagne de cincq Galères verslîfiette de Wayger {ou les habitants tindrent la garde en la ville de Labbetacque parfont entre eti* 
w^xtmSt *mys) ejr y ^fi Ans arrive^Jes prindrent a l'imporveu ^tellement que eux qui fe prefenterent en campagne, furent tous affomez , & c * 
de vvaygcr. jigpç j e viftoire apporter ent les te fies a Nerajes lacèrent a un cordelet,chofe qui leur caufa grand honneur , ejr en cognoiffance de 4*' 
rite, firent une grande triumphejaifferent dominer tous leurs Guimples ejr Banderolles > lâcher (nt leurs Canons quil^avoyent es C*' 
1er es Retirent deux Femmesjt une fufi fref entée au Sa bandre : qu'il tient pour [on efclavej autre fufi coupée en deux, certaine marcq^ 

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Iuillet. DES INDES ORIENTALES. \^ 99 . n 

de leur nature brutale. Et après avoir faccage, dompté , tue 5 tjrmajjacre leurs prochains , ejr qu'ils font retournera* Logis,tririm~ 
fhtnt de leurs Glaives fanglantes i bien cincq ou fix iours par les ruezjn deffit des leurs ennemid',mais //^ ont une hame mortelle con- 
tre leur s ennemis, toutes^ ois inhument les îejles fort honnorablement,en ce(le manière. Quand il\ font arrivez avecq leurs Galères 
font les tcjles lacées a certain bajlon, le pref entent devant la maifon du Sabandre Joub\ un arbre, fur un grande pierre ou tous ces ter 
fies Jons mis, a fin que chafeun peut veoir leur magnanimité , ejr ce quejl exécuté par eux fur leurs ennemis les laijjent doncq ainfi lefi 

face d'une heure , après prennent ces tejics , les enveloppent de fine toile de cotton , ejr les mettent en un plat ejr ainfi les enievelient 

brufentjorce encens a laccouflumée.Btquandilya en aucuns trefpaffe\de leurs amis , lamentent ejr pleurent les femmes fort pitoya- ccremoni* 
h lement.pcn fiants de les refiufciter de leur cry,ce qu'avons veu^cjr voyants leur mort continuer, apre fient un grand repue a leur mode moau™** 
invitants tous leurs ami* audicl conviue.mefme tous ceux qui ont efte a la funer aille. Sont eufieveli\ comme che\ncus ,f'non qu'il) a 
fiur les Obfeques une fine toile de cotton efparfe , ejr efi portée fur les efpaules juivie des hommes, ejr après des femmes : Et après les en- 
Jevelifjements,y a il un vaiffeau d encens brufiant un iour ejr n uitl entier, mais du foiry 4 il une Lampe foub^un petit toicl, drejjée ou- 
tre lejepulchre,le lendemain a matin ejr au foir vient un chafeunfoit Fr anchois ou Breton , faifant fa prière fur le fepulchre , ce qutfi^ 
continuent une affé%J>onne efpace^ejr étants interrogues pourquoy/efpondoyentfi ne fimes le femblable , après demandâmes ïoecafioa 
de leur prier, replicquerent,a fin que le corpi mort ne refufeite f oint, erreur certes, mais d'eux pour vray creu, cuidants, sil\ ne prieroy- 
entjur lefefulchre^que le corps mort refufciteroytjcyy a il des gents fort age\,ejr (don leur vielleffe fort robufles, voire que vifmes fou- 
ventes fois des homes de i$o. ans, ejr plufieurs autres de non mondre âge /exercent es fruicls, les femmes font leurs be(oignes,les hom- f ? Les bc - 
mes trenchent le noble, ne vont ausfi iamais pour mener enfemble : CMais s occupent en leurs œuvres dotnejliques 3 comme ajetcher des 
2{oix CMufcades,ejr les vuider desgouffcs,ce qui ejl leur hante, ejr en maints autres affaires. 

îfefcription duN'it. " ~* 

A.Hft le petit Turquct,nommé Goevtien , duquel acheptames force denrées, j équipe fort richement félon leur mode fur lequel ilz ont le courage fûperbe 

&nousfitgrandamitie ■ C .Eft une Matrone allai^ 

£♦ Ut un Gentilhomme allant par les rues avecq un efclave derrière fo y, 1 Chapeau de fa Maïutcflc. rr 




"iéujmuommem (qu^presawii rioutte noftre charge) parûmes de Banda, ejr de ce que nous avint audicl retûur. 

LE 5,de Iuillet a matin,fimes voile, & fortionsde la rivière de Bandage laiflans 20, des noftres , pourvc'us des Mat- i^dcîumî* 
chandilès & argent, pour achepter des Noix & du Maçis,& les garder jufques a noûre retour. Au fortir , Jafcha- g™j£ w 40 
mes tous les artilleries des deux Navires, pour l'Adieu, choie qui leur pleut grandement, a l'aprefdiné paffames 
Battdafimcs le cours N.O. vers \*4mbrina 9 <Xwvi vent profpere, 

P * Lé * 



Juillet. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION icp* 

Xc 4.au matin vifmcs Tlflc de NoefeUu y o\i les habitas font Anthropophtgi, fituée en la bouche du deftroitdeC^,mai$ 
avions prins le cours trop bas,a caufe du flot impétueux, tellement que ne povions arriver dans l'embouchure, navigea- 
mes d'une bande a rautrc,cherchants moyen d'entrer au trou à y OJ 'Amboina, mais le vent le contraria , de forte que ne 
feeumes ufer rcntrce,& le temps fuit fort molefte , comme de pluye , vent, foudre & tonnerc , ainfi qu'il nous falliut à 

la-fois bauTer nos voiler \ ^ 

Le 6.dc Iuillet,fimcs deux coups de Canons devant l'embouchure Occidctale d'Amboma , iervat d'huée au Maiftre oC 
Comis dc la navire Zclïde,<\x\ i\z furgiroy et a bord,pour tenir côfeil touchât leurs affàires,afcav. s'ilz vouloyet fuivre b 

Dejcnftm du N°* 12. 



m r* ••A^l^iirminlettdeiôvcrâlapraumecommeilrfetiénentcn manière d'uncer- j ra-mundi, de certains cerclets des cannes de Sucre , blgarex , acceluyouineletoucheduP^ 
^/feSdumUieuiettcre dônncntainfi par rangs M'abarent du pied, l'eft en grande ^opprobre voire grandement raocque, jeu cer» bien cftime ewuccujt, aucu», 

1 ^Icut&lcfrappcntenfauicllant^ucuMqwfetourneM 




piftcvcrs/wACMncpovionsattaindrcl'AdmiralquiradoitcncorcdCTrant 
^tc^fouS^ 

^^PS^Sâc^ laquelleeftdivHeeen, ^^ Sm «^ 
"ndrcdYceftcIfleunee^ 

& la trouvâmes fix degrez au midy de Bouton* WJ . ^ 

Le «.au maun.paflamcsnflcdeCw»^^ 
pour paflcrkkndemain un quartier devant le point du jour plus avant, afin que povions paffer enfcmble lcdcftroJ* 

des Cf/«£«,quieft fort eftroiû. . . Ar . . . 

Le 1 3 .du foir,paflamesk deftroiû des Ctkkt.au nous trouvâmes un flot impetueux,qui nous fuft ferviable. 
Le lendemain s'appaifa la Mcr,mais a l'aprefdinchauça lèvent. ^ „„xw«J. 

lcij.&i^eumeshcureuxavancen^ 




ïuillet. DES INDES ORIENTALES. x î9S >: 14 

Araprefdiné vifmes deux Iflcttcs l'une S.S.E.& l'autre S.de nous* 

Le ï 7.fcrutames la hauteur, & trouvâmes 7,degrez moins un quart. A l'aprefdiné vifmes le bout oriental de tMaiûl 

r<f,au S.O.dc nous,fimes le cours le long de <JMadura y 0.ôt O.quartau Sud. au voiage. 

Le 1 8 .paflames par dcvat la villette i Arosbay ,fituce fur le bout d'O.dc Madura , lieu ou les noftres furêt endômagez 
Et le lendemain par devant rifle de T nban & Sjdaye>m cours 0 4 q. au N. & a l'afpreiciiné N.O. vers le terroir de lof*». 
Le 2o.vimes le pays hautain de lapan, & au foir mourut certain Matelot de Scbellmg>nommé Ramer Re'mieride. 
Le 2 1 .flottâmes en grande tranquillité foubz rifle de Ufàn, 

Le 2 5 . fîmes le cours fort variablemen t,a caufe que ne cogneufmes n'y Dieu n'y hôme , mais du foi r vifines les Iflct* 
tesde laquetra,* la nuict moiiillames les ancres. 

Le 26.a matin,fimes rurfement voile, & vifmes le coing oriêtal de Iaqttettrd,* l'aprefdiné fîmes rade devât ladite ville* 
Le lendemain fingla la Bari quelle a terre pour achepter aucunes denrées. 

Lc28,&2<?.fumcsfortoccupczaachepterdcsFruiûs,afcav k du Ris, Coquos>Poulles,&plufieurs autres Matchan* 
eUfcs,au mcfmc jour envoya le Roy un Boffelet (certain prefent) au Vice- Admirai, 

Le 3 o.partit l'Efquif vers le pays pour achepter du Ris, car il y en curent deux lemqm richemet chargées, ce qui nous 
vint bien a propos. 

Le 1 .& 2.d'Aougft , acheptames encore du Ris , au lendemain fuhles abordez par deux Gabàrrés des navires Zeltn- 
<&#,qui fejournerent devant Bantam^fc-xvon de la longue Barque,ôc du petit Soleil , & dirent comme ilzavoycnt illecq 
fejourné plus de quatre Mois & demy,& attendoyent le nouveau faifon. 

Le 4. partit le Vice- Admirai avecq les Marchants de la Barque a terre, pour parler au Roy, Ôc du foir partift ladite cha- 
loupe vers Bantam. 

Le 5 .allâmes a terre pour achepter quelque fruicls. 

Le lendemain partimes de Jaquetra vers la fraifche rivière, polir charger de I'eaUe, & au midy fîmes rade devant la fufc 
dite riviere,& commençâmes audit jour & a la nuid charger de l'eau d'unegrande furie. 
Le 8 .au midy finglames vers Bantam , 6c au foir en fonimes ancrez,à quatre lieues prez» 



DefcHptiân da N°'tj. ' 

Comme les habitans de Banda, vont a la guerre, ont en î* une main un boucli cr, & en 1* autre i fort cruels contre lèurt ennemis, or leur ha'né & inimitié n'eft j amals a réconcilier vaiw» « 
UnPadang (efpce ainû nommée) ont des Iavalines manueles, qu'ilz jettent de la main & ilz dominent fur leurscnncmis.nciuargneront le dernier homme Quand a leur tiranni?! 
tpxeiieiivoudcjeuccSjCombatentdelcuxsSabkSjqu'iltpoxicHcdciricxcleurt efeus. Srint 1 vonJtrop veué,c<lcbénivokmLeaeuxlepouxxaaflet entendre/ «wajuci 



Aougft. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION *<ç 9P . 

Lco.cnvironlesdixheuresau matin , finies Voile,&dufoir fomes ancrez devant Santam, ou nous fumes vifitczdcj 
Mariniers &Marchantsde ladite Barque & du petit Solcil.Nous révélèrent par le menu tourte la circonftance delcuï 
Sa de forte qu'il y en eurent bien 3 6 hommes mort aufdids navires,voire qu'ilz ne les fccutent a peine gouverner. 

Lcio partiftnoftrevice-Comiteaterre,pourachcpteraucuncsftfr«/«»w&autresdenrees. 

Le 14 d'Aougftau midy , vint le Gouverneur accompagnede plus 4 oo. hommes, vifuer noftrenavire , nousmon- 
ftrans erandeamitie & fift requefte que le Vice- Admirai voulut furgir quant & luy a terre. , 

Lei 9 .amatin parûmes de tournais fumes bien tôt furprins d'une dure guillée,menec de pluyc& terrible vent, 1 
continuanrl'efpace d'une heure. 

Le lendemain a matin fômes paflèz la cofte de Java , finies le cours S. O. au mefme ,our eufmes derechef la portion 
d'eau afcav par jourunpot.&unemuyettedu Vin/^parcuxiiÔmé Arac,qu'ilzdiftiiêtduRis,bruage forrafpre. 

Au 22 .au midy,eufmes une apre orage,mc fie de pluyc,venr,foudre & tonnerre, voire fi afprement , qu'il nousfal* | 
lutcaller'nosvoilès,continuantladitctempefte,environrefpacedcdeuxheures. . J 

Le 23 s'appaifa le vent,fimcslc cours comme devant,au vent d'E.S. E. Devant le midy mourut certain CharpcflT * 
tierfi«n<^renavire,nomméP^l'^^^,quirutlcticisauretour. 

Le lendemain du foir.eumes un grand orage,au ve nt S.S.E.fimes la routte feulement des forfets S.O.q.a 1 O. 

Du 25.au 2 9 .eufmes vne réciproque tcmpeftc.afcavoir du S.S.E .de forte que ne feeumes mener les forfets. 

Le3i.s'appaifalevent,&finglamcsdesHuiinicrs. 

Au premier de Septembre,calcu!ames 1a hauteur,& trouvâmes , 5 .degrez moins ' . Au midy expofames la Ban- 
ouelle pour aller querre le Marinier & Pilote de la navire Zélande , pou r parler des cours,& ont délibère de prendre tt 
?outeO.S.O.jufqucsa 2 o.degrez,carlcflotnouspr e fùlbrtauS.fimeslecom 

Le 4 .fpira le vent fort heureufement dcl'E. S. E. finies le cours comme de couftume.afcavoir S.O.quarta 1 O.» f 

1C lT8Sefrahauteur,trouvamcs zo.dcgrez, finies le cours d'un vent E.S.E. O.S.O. fortprofpere le Iendema» 
exoofames certain mort.a la mercv des vagues.nommé DamelCoger à Hamburg^m mourut du dyfentherc. Au fou n- 
mes lecours un traift plus bas & linglamcs a l'ordinaire,afcavoir O.quart au S.d'un vent hideuiement fpirant. 

Lelendemaincalculameslahauteur,trouvames u.degrcz & i 4 .minut. fimes le cours côme devant au ventS.ï. 

Le 14.de Scptembre,nous furprint un tourbillon fort aprc,mefle d'un terrible guillee 3 voire fi vehemêt, qu il nott» 

fal Lelend?main°a^ , hauçames nos voiles , & fimes le cours O.N.O- d'un vent emeroclite , fimes conjeûurel 
d'eftrcfoubz le Tropique de Capricorne. ' I 

Le 20. P rimes la hauteur, & trouvâmes 2 5 .degrez & 45 .minut.au cours O.quart au S.a temps fort calme, fimescon' 1 
jefture d'eftre environ 1 5 o.liciies de S .Laurcns. 

Le 24.avons eu rurfement un tourbillon du N.O.a temps plunieux. . 

Le 26.s'appaifa le venr.fimes le cours comme de(Tus,au mefme jour eufmes la hauteur de zg.dcgrez r 5-minutcs. 

Le 30.avons ferute la hauteur,& trouvâmes z g.degrcz & dcmy,fimcs lecours N.O. q. a 1 0. au ventd O. foupçott' 

names avoir le Cap de Roman a 1 oo.lieues. 

Aupremierd'Octobredcvantlefoir,fimeslecours0.quartauS.d'unventproiperc. 

Le 2 eufmes lèvent a fouhait , fimes le cours al'ordinaire,afcavoir O.q.au S.d'un vent S.E.a beau temps. 
Le5.'aumidyeufmeslahauteur,dc30.degrcz&dcmy,fimeslecours0.d'un ventS. 

Le i2.nous prinr un certain tourbillon du N.N.O.mcfied'une horrible tempefte , fi furieufement qu il nous fallut 
callerleshunniers,&finglamesfeulementdesforfets. 

Le imprimes la hauteur, & trouvâmes félon noftrc calculation 34- c ' c g rez moins 20.minutes,nmes le cours O. 5.U 
mefle d'iin orage,d'un vent N.O .vifmcs icy une grande quantité d'oifeaux. 

Le i 9 .eufmesun vent reciproque.mais du S.O.&d'O.S.O.mefie d'un pétulant orage. 

Du 20 jufques au 2 5 .fut la Mer tranquille,eftant le vent S.E.fumes le cours ordinairement O.q.au N. 

Le 2 9 .nous print une tempefte non moins rebelle.afcavoir du N.& N.O.de forte que fumes contraintsde aller n< 
voilcs,maisdenuianeceifaildetonner,efcliftrer,depareillctintamarrc. y • v 

Le jour enfuivant calculâmes la hauteur,& trouvâmes 3 3 -degrez & demy,cuidames eftre cfloigne environ 1 5 o. lie* 
du Codifiant (côme nousfembla) O.q.au N. au midy s'cfvanoiiit ladite tempefte , & fimes le cours ordinairement N« 
O &N O q.al'O.d'unventS.O.&O.S.O. 

Au premier de Novembre fimes encore le cours comme devant,afca. N.O.& N.O.q.au N.d'un vent O. & O S. O. 

Le fécond deNovembre s'appaifa la Mer & devant le foir, eûmes le vent d'E.&E.N.E.fort propre, au cours ordinal' 

ie,afcavoirO.&0.q.auN. . 

Le3avonseuleventd'E.&E.N.E.fortprofpere,fimeslecourscommearordiiiaire,afcavoird0.ahcureuxvoyagC 

& temps ferain mais devant le foir,fumes furprins d'un véhément orage, voirequefumes contraints de tuer nos voiles, 
fimes lecours Ô.d'un vent N.E.Mais denuicttourna le vent versl'O.S.O.fe changeant terriblement. 

Le 4 .appreftanies nos forfets,fimes le cours comme devant,afcavoir N.O.& N.O.quart au N. a vent aigre. 

Le 8 fuft une tourturclle priufe en noftre navirc,dequoy foupçonnames de n'eftre guerres efloigne du pays- - 




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344 G 13 



Novembre* 



DES INDES ORIENTALES. 



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10* 



Le i o.au'midy vimcs'le pays d^hiofhie ^favoit la pointe de V tentera ,fur 1 a h auteur de 3 2 .degrez & demy . Devant 
le forab tourna le vent vers l'Eft,fimes le cours Sud quart a l'Oueft & Sud Sud Ou.a la nuid fuit la voile de l'antenne la 
cerée. 

ronfiefmefimeslccoursquaficontinuellcmentSudOucit^vccqun orage incroyable du Sud & E 4 Sud E. a temps 
©bfcur.A\onsicy veu ckprins une grande quantité des poitTons,dc nuid fûmes furprins d'un furieux orage del'Eft & 
E.S.E. fîmes le cours ordinairement S.Oueft & S.Oueft quart au Sud. 

Au 1 2. s'ha uça le vent d'une terrible rage,au midy avons feruté l'hauteur trouvâmes 3 5 . degrez, & Fumes félon noftre 
con jeelure 1 5.1/eucs au dehors du pays , au foir rimes le cours Sud Oueft,d'un vent Sud Eft,avecq heureux avancement, 

le 1 3 .au matin fuit la navire Zélande fi loing derrière, qtie ne lcfceumes veoir de la Hunne , de forte qu'eûmes le for- 
fets callées,& finglames feulement des forfettierS^faifarit flgrie de f attêdre,prbfcquames noftre cours Sud Oueft a ternps 
obfcur,mais fumes lurprins d'un grand tourbillon,afcavoir d'iin vent Sud Eft. Apres le defieuner fîmes la pifte O. S.O. 
au midy primes la hauteur, & trouvâmes 3 6. degrez, fîmes le cours Oueft & foupçonnames le C. d Anguilles eftrc a 1* O. 
quart au N environ 50.1ieùcsde nous; 

Le 15. avons calculé]ahauteur,&trouvames37-degrez 1 y. minutes, & tenions le cours O.S.O.aU vent d'O.N.O. 

Le lendemain au midycufmcs le vent N.E.fimcs le cours Oueft Nord Oueft a temps feraih. Mais à l'aprefdine fu- 
mes furprins d'un orace dcmefiiré,meflc d'une pluye ôc foudre eftrange le vent fort variable, au loir s'efvânouit la tem- 
pcfie,mais le vent côtinua & fîmes le cours O.N.O. finglames de noz forfettiers,mais la maladie emina fort entre nous, 
defortéqu en ceft inftant y curent bien 22. malades, a l'aprefdine fîmes le cours N.O.d un vent E S. E.fôrt propre. 

Le 1 8. calculâmes la hauteur,& trouvâmes 3 7.dcgrcz moins 23 .minutes , finies le cours continuellement N. Oueft, 
& feupçonnames le C.d Mgutllos au Nord de nous. 

Le 20.fcrutamcs la hauteur & trouvâmes 34.degrez & 22 .minutes, fîmes le cours N.O. au vent S.E. & E. a heureux 
paiTage & temps fcrain.Eumes le Cje bonne Efperance environ 28.1ieiïes a l'E.& E. quart auS.de nous. 

Le lendemain jufqucs au penultime du mois,fuft le vent S; E. fîmes le cours a l'ordinaire , a heureux avancement & 
temps ferain. 

Le 30.au midy pri mes derechef la hauteur & trouvâmes 2 3. degrez & 15. minutes, alors paflames le Tropicque de 
Capricorne fimes leeours d'un vent S.E.encore N.O. comme defl us. 

Le de Décembre , cufmes la hauteur de 22. degrez &2o.minutes,& au mefme jourfuftle Soleil noftrc J7/i- 
metre. 

Le 2 .primes la hauteur & trouvantes 20,degrez & demy,firries le cours encore a la couftume , afeavoir N. O.au vent 
S.E.audid jour apreftames noz artilleries. 

Le 6.à vons calculé la hauteur,& trouvâmes 1 7 .degrez & 8,minutcs,fimes le cours eôme devant,afcavoir N.O. d'un 
vent S. Eft. 

Le lendemain au matin après le defieuner, vimes rifle S.HeLine a l'O.N.O.de noiis,mais devant le foir callames nos 
Voiles,& fîmes racfc,car ne la povions attaindre. 

Le fc.au matin arrivâmes fur la rade,&fommes ancrez fur 30.braiTées,adeux coups d'Arquebufes dupays^ncoriti* 
nent partirent le marinier,accompagnc du vice-Comis a terre, pour aller querre de l'eaue fraifehe. Au mefme foir ame- 
nâmes des Chevrots & Porcqs auecq nous. 

Le lendemain avons amené tous noz imbiciies au pays,& illec penches,chargeames de reaiie,àu rhefriic inftant aile- 
lent certains matelots plus avant, pour prendre quelq; Beftail,dont en amenèrent certaine quâtité a la navire,cc qui fifli 
entre no 9 une joye de mefurée,mais ne trouvions nulz Pômes,vray but de noftre entête , pour en pêcher noz malades. 

Le I4.furent certains doppinion d'aller en queftede chercher & prendre aucuns Chevrots 6c Porceaux , & eftàns en 
chemin,trouverent une vallée richement peuplée des pépinières & linguliercment des Orangiers , dont cueillirent plus 
de^oco. Pommcs,qui nous fut un prefent agréable. 

Le 3 i.ramenames nos malades. (lente route. 

Le 1 .de Ianuier parûmes de ï lfle S. Helainé vers noftre patrie, fîmes le cours ordinairement N. O .a vent S . O.d'cxce- 

Du2.jufqùesau s.fimes le cours N.O.a beau & ferain temps d'un vent S.S;E.&E.S.E.vifmesicy vne grande quan- 
tité des poiflbns volatiles. 

Le i4.fumcs furprins d'une certaine guilléc de pluye, âu vêt fenfual,afcav.du S. E. fîmes le cours N.O. a vêt proiperc. 
Le 1 8.au midy palTames /'^«/wtf ,fpirant le vent fort heureufement du S.E.audid jour vimes & primes une gràn. 
de multitude des poiflbns nommez D or ados. 

Le 22.fuft la Mer tranquille toutesfois ne celTa la pluy e,tbnnere n'y Tccliftie. 

Du 23 .au 27.fuft le temps en mefme fiifon finon que fumes furprins a la-fois de certaines guiliccs , méfie d'un vent 
horriblement fpirant toute fois fort etcroclitement,primes une grande quantité des Dorades, 

Le lendemain eftions furprins d'une grande tranquillité,finon qu'au premier quartier fumes happez d'uûe horrible 
guillée,du S. E.toufiours au cours N.O. 

Le \ o.au midy fuft la Lune Eclipfée,a la hauteur de 50.cfegrez au pied dit Croix,au cours N.O.d'un vent N.N.E. 

I>u premier de Febvrier jufqucs au 5. fîmes le cours comme dcvant,afcavoir O.N.O. fouflam le vent en pouppcdii 
H.q.arE.commençames a veoir la Polare,laquellc n'avions en long temps veiie» 



Ianuicr. LE SECOND LIVRE t>E LA NAVIGATION %6oo. 

Le 6.au midy trouvâmes huicl: degrez pour la hauteur , profequaiis nofire cours N.Ou. d'un vent N.N.E. profpcrc 
mentfpirant.AufoirfimcslecoursN.N.O.auventE.quartau Nord. 

Le 7. calcul âmes la hauteur & trouvâmes 9.degrcz,au cours N. O- & N. O .quart au N.d'un vent KE. 
Le io.trouvames plus de 1 2. degrez, fi mes le cours N.O.q.au N.à vent N.E. 

Au 1 3 .avons calcule' la hauteur,trouvamcs 1 5 .dcgrez,foubçonnamçs Y lfle de Mayo eftre environ 1 $ o. lieues a TE. de 
flous. . 
Au 14.au matin Fumes derechef furprins d'un vent S.E. & E.S.E, Mais fuft la Mer fort calme , fîmes le cours ordinal' 

rement Nord. 

* Le 22.cufmcs ï k .& demy degrez,foupçonnames eftre foubz le Tropicq de Cancer, ûmes le cours N.N.O» 

Au 24.vifmcs flotter force SaragaJJa fifiant le vent durement dn N.E.& fîmes le cours N.N.O. 

Le 26.de Féburier fermâmes la hauteur trouvâmes 2 8 .degrez au cours N.N.E.à vent profpere , foubçonnamcs cfttf 
li'hbtoaA l'E.cnviron ioo.liciies de nous. 

Lônfiefme de Mars eufmes 41 .degrez pour rhauteur,profequames le cours N.E.q.a TE.au foir nousprint uneguil- 
lcc du N.E.meflée de force pluye & vent. 

Le lendemain fut le vent comme devant teilcmët que (maugré nous)callames leshunniers &ne povions feruter nul- 
le hauteur à caufe de 1 ôbicurîté* 

Le 1 3 .callames nos voiles & vaucranies fur 1 eau, car la tempefte fc leva du N.E. 

Le 1 4 environ deux heures devant l'aube du joui s'appaifa le vent, appreftames nos voiles, dreffames le cours N.q.* 
TE. eufmes alors la hauteur de 42 .degrez 

Lé 1 5 .fumes r urfement furprins dïin furieux ornge afeavoir de l'E.S.E. & finglames feulement des forfets tenants 
le cours N E.quartal'E. j 

Le lendemain continua la tempefte , voire que fumes contraints de bailler nos matereaux, finglames de nos forfet* 
au S.& au mefmc jour eufmes noftre portion du Vin amoindrie,afcavoir chaicun deux Muyettes par jour. 

Le 24 avons Mûié l'hautcu r trouvâmes 48 .degrez, dreflames le cours E. N. E. au foit avons jette la fonde , mais ïfi 
trouvâmes nul fond,foupçonnamcs d élire monte trop haut vers l'Oued. 

' Lekndemaineufmcs48.degrez& 30 lalongucUl 
du canal,car eftions mon é trop haut vers l'O. avions un véhément orage, & du foir jettàmes lafondc,mais en vain. J 

Le gavons eue fort opreflez de la neble, teilemet que la navire Zélande fift aucuns coups des Canons , pcn&m qu'il 
Vit aucun pays,mais c'eftoit une mareque de la neble. 

Le lendemain au foir, vifmes du coupet de matereauje bout d'Engleterrc, foupçonnames eftre efloigné fix lieuesdtl 
pays,au foir n ous print une dure guillée du N.N.O. 6c au fécond quartier,vifmes deux navircs,rmis n'en feeumes nou* 
celles. 

I e 3 1 .a l'aprcs diné virâmes vers l'O.eufmcs la due tempefte en faifon.de nuict vifmes encore une navire, fans*en ap' 
percevoir nouvelles. 

Le 2.d' Apvril fift la navire Zélande figne d'atraindre la Barîqucllc^our demander confeil du Vice- Admirai , car lcu* 
antenne de devant,eftoit briffe, tellement qu'elle ne povoit mener voile,a l'aprcs dine nous print derechef une horrible 
tempefte. 

Le 3 .continua le vent fort apremet ? afcavoir du N.E.fuft noftre portion d'huile amoindrie, dont en eufmes par joui 
deux Muyettes. 

Le 6.d' Apvril avons eu propos a deux navires Franchois,les premières que parlions eufmesalors le vent N.E. 

Le 10. parlâmes une Barquette defeendante de Calais OWrf&,chargée du Vin , de laquelle eufmes deux Pipes & tenoft 
faroùtteversC4/4â en Françe,la navire & le Marinier cftoyentd'Enchufc , car le Marinier nomme leanFrandoU 9 de 
rneuroit iltecq,niais les Matelots eftoyent tous Franchois. 

L'onfiefme paflames les Cafquets^w matin print laditte Bariquelle fon département & s'en alla. 

Le 1 2,a la nuicl: s'efearta la navire Zélande de nous,a caufe de la neble. 

Le 1 3 .ne l avons encore appetecu , a la nuicl: fîmes le cours un peu N.& avons callé noz Hunniers, pour l'attaindïC' 
Le 1 4 a matin fumes joignant Vierleyfr vifmes icy une flotte bien de 3 o. navires, mais n'avons point apperecu la n*' 

vire Zelande,m midy vifmes le terroir de Douvres & foubz la cofte de Françc eufmes le vent a gré> afeavoir du S.O.& al* 

nuicl: parlâmes Douvres. 

Le lendemain a matin vifmes les villes de Dunquercq& Calais , mais fumes a l'inftant furprins d'un vent Nord & a» 
midy fommes tournez vers Douvres ^o\xx y venir fur la rade,& alors retourna la navire Zélande, au foir fommez ancretf 
foubs Douvres. 0* °.fort a P*' 

l e 1 6. a matin fingla l'efquif vers le pays en opinion d'achepter aucuns rafrechifiements , eufmes alors le vent du N' • 

Le 2o.vint un Ménager de Londres & émana au Vice-Admiral certaines nouvelles & lettres. 

Apres fommes arrivez avecq une joyedemefuréc de tous ceux, qui fouhaiterent arTe&ueufcment noftre venue,* 
avons defeharge a ^Amflerdam devant le Cai les Mufcades, qui furent incontinent enfacquées & amenez es Magafin 5 ' 
& donnèrent l'air doux audit voifinaige & eft vray, que ces Mufcades eftoyent fi fraifehes qu'on en preifoit l'huile , voi* c 
ju on n'en ha jamais apporte des meilleures de Lisbona. 



Mars. DES INDES ORIENTALES. t^f lé 

Comme Avonsmonjlre par le menu l entier voiage de ces 2. Navires.afcavoir de celle nommée Zélande & de l autre Gueldres tufques 
au Logis Juivrons maintenant le voiage des antres deux, afcav.de celle nommée Amjlerdam^ de î autre Vtrecht , lefquels après 
avoir feiourné environ tefpace de deux mois devant ±Amboina,& quilzavoyentpour encoresla charge fort mince partirent 
délaie S, de CMay îj^p.versles CMolucques. 

LE 1 3 .de Mars 1 599.côme nous fejournames devant la ville de ruban, arriveret illec 3 Joncques ou navires de guer- 
re de lava,bic munies que les Tubaws avoyent mâdcz en affiftêcc pour les aider vaincre certain Chaftelet que les 
Portu^aiz avoyct occupé d'eux , duquel il les firet grad dcfpit. Quand ces navires arriveret en tel équipage cftoyet 
côgratulez & recheus d'une fuperbe triûphc & ciïans to 9 furgiz a terre chafeû le prépara incontinct en befoigne l'û a dre* 
fer une cabâne,l' autre a vager ça & la a faccagci les Coquicrs,arbres,loges , & tout ce qui fuft en eftre faifants grande af- 
flittion auxincolains. 

Le 2o.eftions accompagné de certains Arqucbufkrs a terre pour pr&lre quelques oifeaux, & primes force Colomfcs 
verdes a l'inftar des nos canards. % 
Le 2 5 .mourut lean Corneille d'Edam,\c premier qui illecq fut enfevelu 

Au 2 9.fut envoyé une Lettre au vice- Admirai qui fejournoit devant Banda. Air mefme jour furent amené certaines" 
Marchandifes aux navires,mais ne feavions accorder du pris. 

Au dernier fuft le vice- Admirai a terre pou r faire le Marche des dcnrées,mais en vain. 
' Au i.d'Auril mourut ifaac Henry de Reez,ôc illec en feveli. Et le lendemain <7/V^r/^/^ 
Le îo.fommcs accordé avecq lesincolains touchant le marche des Girofles , afca voir la Bare a raifon de 35 . Reaulx, G j£jjj^ 

qui vaut 5 50. livrés. 

Au 1 2.troquames en Moriliohs dont cuimes pour tin 250.1ivres des Girofles. 
Au 1 3 .furent amenez certaines Girofles a bord,les premières par nous icy recheucs. 

Le 1 ç.fumcs aborde par la chaloupe du vice- Admirai dcBanda,qui diffcrerët les uns des autres envirô 28 4 lieu.&dirct 
que le vice Admirai eut envirô ïO.Lafts tant Macis,que Mufcadcs de forte que foupçônames qu'a leur arrivemêt il avoir 
la principale partie de" fa chargc,caravoyé telle envirô ;J ours en chemin & alors commenceroit IcMelcnap afecharger. 

Au mefme jour,fircnt les Portugais certaine entreprife fur la villctte d'Amboina,miis in exécutée , a caufe qu'il y de- 
meurèrent 2. morts, car les habitans rirent un ràuagé pour les délivre^ & par le congé de l'Admirai entrèrent 4. des no- certaine en- 
lires en la Praue du frerc Roy de Ternati,cc qui leur fembla Une chofe eftrange voire uri miracle, que les Hollandois prin- ^* 
drent leur querelle, & qu'ilz fe monftrcrcnt enherriis du Roy d'Efpaigné & des PôrtUgaiz. 

Le 5 .de Mav.mourut certain Trôilipcttcur Gauiôis,nommé UMartin. 

Le 8.deMay,aprcsqu'eufmes troqué certaines denrées en Girofles 5 lcfquels trouvions icy eh fort petit nôbre (maii 
du Ris en opulenc^dc forte qu'cufmes pour un miroir d'un bitremont, 1 5 .ou i 6.1ivres du Ris, ôc ainfi autres denrées a 
Tadvenant) partîmes en fin vers les Jttolucques^mQtiïoris certain Gentilhomme du Roy avecq nous , fe faignant eftre 
le frère du Roy,mais iie fut que faintife. Lectid Gentilhomme nous dit,qué le Roy d'AmboinA euft plus de 70. Femmes 
excepte fes Concubines, & que le prefent Roy en euft bien' 40.exc.epte fes Concubines. 

Le 24.mourut Albert Pierre^n la navire de lean UMârtin. 

Au 1 6.de nuicr. palTames t o£quinoclial y & Vimies au matin les Ifles de Térnati & Tidorè. 
Le 22.du foir avons radé fur 1 5 .bralfées foubz rifle de ïernati. 
Le 2 5. mourut le bon laques Flameng, & fut au foir enfeveli* 

Le 2$.fumes abordé par le Roy dcTernatt^mïs ne voulut monter l'efchclle fift feulement requefte a l'Admirai qu'il comme fu* 
defeendroit en fa C4w/fc,cc qu'il fift,& entamèrent illecq pl u fleurs propos entr'eux par Truchemans, vray efpoir qu'il padcR^ 0 
monterait la n3virc,cc qu'il refufoit,propofantdiverfcs exceptions, premièrement de l'efcalierpar lequel on monte la 
navire,combien qif il eftoit affublé de drap,apres eftoit il trop tard, & luy fallut aller faire fes prières , car le Soleil eftoit 
(comme il difoit) en devallant. 

Au 29.furgit le Roy derechef a bord,3ccorripagné de 3 2 .CArcolles, richement cquipécs,garnies plus de i 00. pièces d ar- 
tillerie qui ramèrent fort triumphamment 3 .fois alêtour de noz navires,faifans une grade tintamarre de chanter, à fon- 
11er des grands bafliris de bronfe,& aucuns tambours obiongues,mais comme ilz rirent ces ftratagemes, jeus & allegra- 
des,apreftames nos artiIIerïes,Mofquets,Iauelines,& plu fleurs autres armesrConftituames une troupe des gents en bas 
& une autre fur le tillac, fi d'aventure ilz euflem voulu attenter quelque trahifon,mais par nulle Carcolle ne fumes abor * 
dez,finon que par celle du Roy,mais ne voulut nullement monter I'efchellon,envoya feulement certain Capitaine qui 
ancha quelques propos avecq le Vice- Admirai par un Trtkheman. 

Apres devant le foir,furgit le Roy a bord, accompagne de deux Carcolles , dont l'une fuft chargée d'une Praue, & par 
l'autre afeavoir par celle du Roy fumes flanequée. Fit pafler les autres a travers de nous allés avant en la Mer, & quand * 
Hz furent efloignez alTes bonne piece,cnvoyerent la Praue au faffran. Le Roy voyant queladitte Carcolle l'avoit & 
abandonnée fupplia a l'Admiral,d'y faire un coup par un Conneftable , pour veoir a combien prez il le pourroit tou- 
cher , ce qui fut faicl: lequel coup pleut fort au Ro^ , s'imaginant fi la Praue euft efte une Carcolle , quec'eufteftcfai& 
d'elle. 

Au29.d11 foir momm ReinierRene^Scfnt enfeveliau pays. comme ic 

Le lendemain furgit le Roy enhabit deguifé a bord,pour veoir noftre mine & coutenance, en voyti une Carcolle aux bo/d™ V*l 

g navires, bUdc * uifc * 



ttannorerit 
ïe Koy au 
pays de quel- 
ques prciCB». 



Quand ilz 
Chargèrent 
le» premières 



A quels prit 
«ju* ilz achep- 
terentlcs 

CUoùa. 



Comm«le 
%oy vint en 
la navire 8c 
«le ce qu'il/ 

6t. 



May. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION if>5>. 

navires qui annoncèrent levenuedu Roy. OrleRoyeftoit affisaquatreen une iW(lï& a une Carcolle)dc foi* 
cu'on n'euft nulle foupçon de luy,mais fe mit en la C-v«#,dcmandant fort rares nouvelles, facheufes a racompter. 

Le dernier a minuid,fumes vexé en la Loge de lean CMartin d'un certain fantofme & y fift un tel bruit & tintamaric, 
quclcsSuperintendentslafallurentquiter. 

Le 2.dc Iuin furent les Généraux au Roy, 6c rhonnorerent de quelques prefents, dirent qu il y eurent aucunes Oir^ 
fles & qu ilz viendroyent le lendemain vifiter noz denrces,voirc qu'ilz accorderoyent du pris. 

Au 3 ont ilz efte a bord >P ourvifitcr nos marchandifcs,mais n'avons fecu accorder n'y pour troquer ny pour con- 
tant faifoyent la Bare des Girofles la fomme de 1 20.Reaulx, mais les noftres n'en feeurent qu'offrir. 

Le io avons amoindri noftre portion,afcavoir par jour une-fois de la chair ou poiffon & trois-fois par ;our du Jsfr 
L'onfiefme furent les noftres au pays,cuidans parler au Roy,mais en vain a caufe de leur dimcnchc. 
Le lendemain partitent lés noftres au pâys,bien pourveus des marchâdifes ; le Roy mefme nous vint aborder du io , 
mais ne vouluft nullement cntrer,fift requefte d'un Mofquct d'oré,duquel il fuft honnoré & comme entedions,le vou- 
lut avoir défalqué de fon péage, a raifon de deux Bayes & dcmic,prenant la dixefme partie de fon péage. 

Le 1 8 chargeâmes les premières Girones,afcav la qùâtitc de i .Bores A ainii augmêtâs de jour en jour,les troquai^ 
en pctits'voarrcs de charletaneurs,qui no» coufterêt un demy gros la piece,& en cufmes pour le nôbrcde 6co une B*> 
' Audernier fut noftre pitance de chair & poiffon amoindrie,dc forte qu'avions 2.fois du poiffon & chair la fepmainc 
Uo.dcIuillct.fc fit le marché des Giroflcs.afcavoir 54^ . . 

L'ônficfmefurent ceux dc7crnati*TidoreA V pillerêt certain villag C ,apportcrct certains glaïues & boucliers embel- 
lies des oreilles de leurs enncmis,qu'ilz prefen ter et a leur Roy,avec une femme Portugaife,qui fuft vendue pour efclaV* 
Le2A.furentlcfdias7™^^ teftes, avecq certains prifon mers d ont ilz en 

maflacrerent encore un,ainfi qu'ilz cuidoyent lurgir a terre,* encore un qu'ilz décapitèrent qui fuft eftranger & y v# 

^U^Z^Slz^ S&crm en noftre navir^en opinion de la vifiter par dedans fift reqUefte a l'Admirai poij 
tenir illecq aucunsde noftres,cn fin deambuloit par la navire,* tout ce qu'il vit cftoitdefamine,vintcnlaLogeducUi 
fuinier,print le fouflct,& fe foufla mefmes en la bouche a l'inftar d'un fol. j 

Leaïrètimrnal^ Vcnuc fuft P our tcnir ^ 

lecqauœnsdesnoftrcsdontperfonnen'yeutroreillefortchaude. ; 

LC2Q arrivaunePr^de Banda, qui nous apporta des nouvel les de noz deu> :navires,difant,quilzculTcntquafitoU 
tcleurcharsemaislapurever^ 

Le* d'Aoùeft furent amené aux navires certaines marchandifes,* fîmes apparence départir dicy, 
LelendemainaWAdmira^^ . 
Lc6 retournai' Admirai a terrc,pourveu d'une grande quantité des marchandifes, pour en faire prêtent au Roy. , 
Le 12 retournèrent les marchands du pays,avec tous les marchandifes pourfaire voik & pour retourner au Logis, . 

Le lendemain vint le Roy en la navire,faifant marche du nouvcaufriH' 
des Girofles,ou furent troquez plus de 250. brades Girofles. 

Le 14. 1 5 1 6.accorda le Roy avec rAdmiral,qu'il V demeureroyent cin* 
hommes avecq un garçon , richement fournis d'une grande quantité àà 
marchandifes & d'une bonne fomme d'argent, pour achepter & troqu^ 
les Girofles en faifon attendans noftre venue, & ceux qui y font demeure^ 
font ces foubz nômez,afcavoir.F>4»r<9tf Ferdoes, ncucu de Guillamme Verdût 
Prêteur de la ville d'AmJlerdam , Théodore Florent H arlemois, laques Lambd 
d'AmJlerdam 9 leanleanot de Grof Corneille ^Adriaen de Leide ,&leGovi^ 
nommé Henry lean d'\^d mfterdam. 

Defcription du tres-exel lent Fruid & cfpecerie des Girofles,qui ne croî(' 
fent en nulz autres endroits du Monde, qu'es Ifles ctAmboina, Tern^ 
Mortie,Basfian & CM arigoran^mùs les plus excellents a tMagianA a 
dor habitacle des Portugaiz.En certaines Mettes cii eu m voi fines 
croifènt aufli quelques Girofles,mais en fort petit nombre. 

CE Fruicl tant defire, nommé des tJMolucquains Chïmquc Jes feuilles^ 
différent pas grandemet du Laurier, l'arbre ejr les fueilles ont ausfile mefij 6 
gout ejr faveur comme le Fruicl , mais le fruicl pajje en odeur l'arbre ér > f 
fueilles: Les fueilles font au drugeoner blanches, après vcreies,& en fin rouges ejr d* 
res, quand les fueilles font ver des, fur paffent en odeur & mignardife tous les Fr*$ 
de l'vnivers y croiffentfortfolides y e(lans taries, eft la couleur tanee , & ejlant cuM ^ 
font taries cjrpar quelque ftméeatrées.T out alentour des Atbns ne croift nulle W 
faaarUchalw des racines des arbres attire tomes humidite\afoy, Commept* 
txciïf 




DES INDES ORIENTALES. if 

exemple mettez un facq de Girofles fur un vaijjéau deau^ejr verra.* en peu de temps tenue amoindrie ejr les doux en rien empire^, les 
Girofles qu'on laiffe aux arbres deviennent groflès J,a grande chaleur qui efl cachée es Girofles peult on cognotfjre, , quand défont en 
Quelque maifon fermée ,foit a AmboinaouT ernati pour y eflre nettoyé^ ejr ger bêlez ejr s il y a audit lieu une cruche pot , ou (tmblable 
Vafé/emplye et eau ou de leur br uage, ri at touché le point ejr le trouveras du tout vuidée. Et quand ils défirent ajfimblcr les Fru'tfts 
des Arbres le nettoyent tout autour de l'arbre^ m cueillant, lai fjent cheoir ledit! Fruicl } efians tous cuiUicsJcs a[femblent : ejr en font 
unemajfejesfruiclsfurpajfenten quantité les fucilles,ejr font abatuz, d'un rofeau. k^î la féconde année don;-; c ï arbre pLis de fruicl 
qu'a la première : Ces Iteux font Jituez fiub^Je Soleil , T ernati fur quarante minutes an 2{ord de ïv£quwocf & partant nef peult 
chafeun affe^efmerveiller .comment ce fruicl peult icy croijlrè , mais Dieu laberittiournellement de quelque ondée , & après du Soleil 
inifantf Quand nom parûmes de la, fur la fin dAougfl efioyentles Girofles meures , mais on confume beaucoup de teinps a les cueillir 
farquoy rien pottions faire plus longue attente, car font cUillies d AougÇ,Septembre 7 Ofiobrejujques a Vecemb. Les Femmes mafehet 
des Girofles pour avoir [haleine doucejes arbres de pardeli ri ont en rien le naturel des noflres , car fi les noflres fin t embellis des fleur s 7 
& s il y vint une fubite gelée ou quelque Vent apreja fleurs efvanoUit & lefruicl fe perd , mais de ces Arbres >tout ce qnife prefente en 
fleur efl fruicl \efloycnt de nom nomme\ Clou x,d caufe de leurs te fies , ejr qtiil\tefemblent fi bien aux doux de fer . Les Girofles qui 
tombent des arbres senracinet fubit ejr devant ïefpace de huttlans portent fr mil .Les Arbres de par delà demeurent plus de ioo.ans 
en faifon. Des Girofles fraifchesfe difiile certains eane, médicinale pour diverfes maladies, ayant l' odeur fort doux ejr amiable, d'un 
petit gout arroufé les ieux fortifie la veùejes verdes confis ejr aflaifonnez, en fucre .invite le mengerja poudre des Giroflesmife fur la te- 
pjhajfela refroidure lefdits Girofles lâchent l urine .purgent lEfiomach/Jl ausfi OHedicine peur le flux du ventre Ja poudre des 
Girofles bouillie en latcl.ejr beùe,monflre t entrée au beau iardin de Venus , 



;cfl 
cui' 



; rifledeTermtilicu dcT>oflrc.irrivcmcntaui2 dcMaytî99. . 

A. kft rifle de Tidore gouvernée des Portugaiz,ennemis mortels dcsTernatiiw. 

B. Eil une lue inhabitée entre deux, mais gilt plu» près de Tidoie. 

C. Eft larivieic par laquelle paflames pour chercher de X eaue fraifch*, laquelle trouvâmes" , « 
fortit d'un puis, qui eftoit en un village. ■ 

!D«EftlaCJuce!lc du Roy de Tidore richement équipée, accorspagnee de sz. autres Carcolles, 



DefcriptionduN r, 'i4. 

oui nous vi.idrent congratuler d' un flgran lbruir& tinumarrede chanter , crier, afonner 
des baflînsSc tambours, que la Mei en retentir, nient tics houes déboise i lieu des avirons 
&fontaffis deux a deux en rang.âccn nouant font palier les houes outre la teftcSc dejettent 
ainfi l'eaue de cotte, gafehoiten tel équipage autour des uavircs^ers Je rivage. 



E.Eft le lieu ou ilz raderent tout en rang. ' 




Deftriptim 



Ll 
t 



fa 



Iuillct. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION 

Defcription de tJjle de Ternatifouee 28. lie'ùes de Banda. fi 

'jfie de Ternatt efî un pays fort fobre en vivres , car efl impourveûe de tout Beflail, exepte des quelques Chevrots cjr P V{ 
mais fort rares,ri a ausft nul Ris ,ri y aucun fruiiï duquel 'il{ peuvent tremper aucun pain, fin on de quelque arbre qu Hz, ab^ ^ 
—*tent cjr fendent, & eïïant fendu, le burtent cjr frappent d'un marteau faicl de certaines cannes, & leur donne quelque efpecec* 
firme de farine, nommé en leur langage Sagge,dont dz> font les pains de la grandeur inné paulme, duquel il\f ont leur principale traf* 
f que. Ladite Jfie efl ausfi pafjablement peuplée des Coquos cjr Bonanœs, ausfide quelques Limoniers cjr Or angier s, abondante en GiW 
jles, qui ne peuvent (félon Jean Hugues) croifir eau rivaige de la Mer , mais au contraire b;cn efioigué de la <JMer en Monts ejr f ^" 
lées,riefl ausft en rien opulente enpoifjonjfte certes fort fobre en vivres. Le Vin de Palmite fe vend icy en fecret , a caufe quil efi defet* 
du en leur Loy,cjr pour ce/le occafion iachepterent les noflrcs es logis \pu il^ feeurent fort bien trou ver le comble de leur defir , combit* 
quil ri y a icy nul\T avernes comme a Banmm , mais touttes chofes y font vcndtblcs pour argent cy denrées. Jly en a plufieurs qui ofif 
apprins des Portugais on feulement parler le langage mais ausfi cognoifirc de l'argent > defir [certes) entr eux grandement eftinte» 
Leurs viandes, comme poiffons cjr maints autres apprefte^J félon leur mode) à herbes, ont le gout fortmignard,deleclable cjr favortUX* 
Jly a icy des beaux Perroquets ayants fur le do\des phmettes ro uges,ornc\ausfi des iaunettes , corne au devant des aijles 5 mais font 
nn peu plus petits que les ^Américains : apprennent ausft mieux a iargonner , le Chirurgin de la navire mjlerdam en tuf utf f 
fon*îa vatur qui contrefit la chat ejr Cccq,ejr commanda au cmfmier défaire fin devoir, pour lequel il fovoit avoir la fomme deioo. D aires lequel 
<ic 5 o. eicus. 11 avo - f tr0 q Ue p ûuy m fart J e 4 % patarts. Ont force Perdrix, de [quels en povïons achepter un pour S .pat arts font grands amateurs des 
belles couleurs, corne de Cramoifi rouge cjr pourpre , les noflres changèrent pour un vieil Chapeau cjr vieil Chemif oie une Chivette. Ont 
ausfi une grande asfifience de vivres des Bantamois- En touttes les contrées de l Inde Orientale, faicl il fort bon vivre, mais à Ternatt 
ejr Banda mieux qu a \^dmboina,a caufe de la chaleur tant véhémente, mais efl toutes -fois un contrée fortplaifante.lly a force Aman-, 
dicrs,dont lesfrmcls (ont grandes a l extraordinaire. & les coquilles font propres pour tremper le fer, a caufe du feu véhément. Les hi< 
hit ans font fort débonnaires, ont la nature fort mendiante y on feulement les fui et s, mais ausfi le Boy avecq toutte fa famille , hayent le 
larrecin , voire eflrangltnt tous les larrons advint une fois (que fans la a terre) quil y eufi certain garçon d'onze cudou\eanS$ 
ayant emblé feulement unefueiïle ou deux de Tubacq ,& efiant attrappéje lièrent les mains fur le dos , cjr k menèrent par la ville ,fui* 
vi de plufieurs autres garçons, le menacèrent de force iniures.lcy croit au.fi du Tubacq,mais non de fi bonne valeur quen <^Am ricàt 
les efclaves en ufent beaucoup, cjr favoyent toufiours preft, lefiiment {efant beu) efire grand confort cjr allégement , font grands enne- 
mis des Portugaiz,car vis a vis de Ternatt gifl l'ific de Tidore. gouvernée des Portugai^mais ne tiennent entre eux mille foy 5 tuent 
ejr maffacrent l'un î autre, comme befles, votre en quel lieu ou iï{ fe peuvent attraper, comme il advint au20.de Juillet . que Ut 
Ternatins partirent vers Tidore, cjr y faccagerent un village cjr en maffacrerent trois, cjr en amener et encore bien 43 .prifbnniers \doitt 
lun efloit le frère du Boy de Tidorejhomme de prime barbe {de 2 1 .ans) cjr efiant amené prifonriter devant le Boy de Ternate, cjr apreS 
ejlre exaucé, fufi amené hors le P allais du Roy, lie d'nn licol \ cjr efiant parvenu au rivaige le commandèrent de laUer [es mains , le pri* 
ffonmer s accroupit pour les lauer ^incontinent le donna un autre d'un me fine coup,quc les entrailles le pendirent du corps , cjr après ejlrâ 
raffafiez de leur felonnie cjr inhumanité fufi le corps mort lié a une Praùe cjr tramé en la Mer, ou il fufl latfféa la mercy des vagues* 

Le Roy de Ternatt effort curieux, car [ainfi quel" avions honnore de quelque 20. ou so.Fufiecs) le lendemain nous aborda il faifimt \ 
requefte de l'apprendre, à 1 l'ayant apprins le mit en œuvrer- 

i^iinfi que l' avions faicl a croire, que feavions la manière defndrun grand Arbre ou Tref feulement de deux poignées de PoU* 
dre,ne ceffa de le veoir,ce que fîmes en cefie manière. Devant fa court y eufi ungra*d poutre, lequel fimes percer au milieu d'un tarât, 
a 2joigts prez,ey efiant ledit trou rempli de poudre ^bien broyée cjr pilée,ejr cloué d'une broebe, perchée dun petit trou > fufi mifie a fe* 
en laprefence du Roy, qui vit ce fie fi rce, mais quand il vifi haucer la flamme 5 s enfuit ^ejr ledit Treffe fendit fort doucement en deux, h 
ieu qui luy pleufl fort bien. Efloit fort vaillant en la guerre > viril , atfif, gelant pour attraquer fin ennemi^ diligent faifant peu dt\ 
compte de fa vte.Ce que vimes en une entreprinfe qu'il fitaT tdorc,dc quel zele il courut par l'eau pour attaindre fa Ca? colle. <$uanJ> 
vous fimes requefte a luy pour y trafiques .demanda s .pour cent, cjr (on dmiral pareillement, d 'ont eufmes l'oreille trop chauve, mais 
fimes accord avec luy par prefents/honnoramesde quelques excellentes Arquebu fis, d'un tonneau de Poudre , d'un entier Harnois dt\ « 
pied en cap, cjr de plufieurs autres chofes. Leurs armes font certaines i avelines de boit faicl s des cannes, quilTjettet des mains , ausft 
des Glaives cjr boucliers ob longes \comme s"il\ fufjèntfaiiïs d une entière planche ^de la longueur de 4. pieds , aucuns ufent des grandi 
Mofquets ou Arquebufes,mais en fort petit nombre , fi non de ceux quili^ gaignent fur les Portugaiz. f&uand le Soleil ou la Lune ejt ^ 
Eclipfé, mènent un merveilleux bruit ^craignent fort la mort de leur Roy ou de quelques uns de leurs chefs , comme il avtnt a noflrc fi* 
iour^afe avoir an 6 À' Aougft ^environ les S heures du foir,quela Lune eÇoit Eclipfée, menoyent un maintien fi eflrange , de crier \ hur* j 
1er, prier, pleurer Janguir , fun a torcher des bafftns , l'autre a fonner des tambours, de forte que ne lesfeauroye a quoy a comparer , <jf 
efi ans interrogue ï 'occafion de leur vie infenfee , nous monfircrent l'Eclipser que pour cefie occafion Hz menoyent ce fie vie, doutans U 
mort du Roy ou aucuns de leurs Magifirats. cjr quand l'Eclips efi paffe cjr que le Roy ri aucun de leurs fuper leurs, ri efl mort , tienent (fe ' 
Ion leur mode) une grande fèfle, ejr font le lendemain une Proceffion générale f es meneurs de ladite Proccffon , portent certaines Porcc* 
leines,cjr après fuivet certains laveliniers,Hellebardiers,Mofquettiers cjr Arquebu fiers ,derrierc lefquels on porte 3. Lampes, en telle 
manière corne on peint che\ nous le pays de promifJio,apresfuit ungarço en habit Royal, cjr devant luy précède un home avec un efuen* 
totr d'oré,fuivi dune multitude des Femmes tant agel^que ieufnes , richement orneez filon leur mode, certaine figne de leurioye. 
Wons les racomptions que che^nousy eurent desgents quifeavoyent prefager l'Eclips, tant du Soleil que de la Lune, ce quilz cuiderit 
efire une chofe impofftb le, voire un miracles* 

k^u départir, fumes conduits par le Roy ^qui nom donnai adieu amiable édifiant que Dieu nom av oit envoy e la, a l occafion que 

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Aougft* DES INDES ORIENTALES. typ* iS 

[ctmttsfibimaccordirwtcU^àdifiomqu^ tôëmfcW wajjacre^nojlre Prince eh 

Jcn P allais^ répliqua le Roy que Us Portugais avoyent faicl le mefmede ces ancejlresj avoyent utile en pièces ,f aie. & ainfi envoyé a 
<JMallacca\ce qui epit a luydevenger tous les ioursdeja vie ,& comme nous entendions quilz efloyent ennemis des nojîresjvy [fut 
voftre venue jort agréable. Au départir fupplia de nous de lafcher toutte nofire artillerie , excepte les 2. pièces de derrière, ce que frnus 
chofe qui lus fut de fine Et comme vimes quily eujl certain Portugais abinre.qmavoit pnns leur Loy, homme caut ,fin & ajlut ,par 
eux nomme Rcncgados^ qu'il) efttit en grande r eputation fîmes jon a mitié .afin qutlferott un pe u en aide les demeurez» 



Description du N°- r j: 

Eefcnjuion delaFigurede IavilledeGanmielammc. À.Sont nos deux navncs. b.Eit | ou le tilt noltre Trafique. 



uneCarcollequinousfDoxda, gratulant noftreveniie. C .Sont leurs Carcollcs guernercs, 
D.Eftun Pal avecqmutdte de leurs ennemis. E.Soubzce{tc Arbre eft leur Marche. F.l b- 
gîife ou Mufquita. G.La court ou Allais d« Roy conttruitte des pieres. H.yn jetrau,oi- 
ft»*ntU Lt r i a Mailon Que le Roy nous permit pour les demeurez, K. LltlaMaiion 



L. EftimConventdèl'aina Paul. M.Vne kaifon des pienes 
baltie des Portugaiz. N ♦ Le Logis .du Truchcman du Roy. O. La Tour fur laquelle eltoïc 
une pièce d'Artillerie» P. Vnejlie lituce entre Tidorc& Ternati. Q^Eft l'ille de Tidore. 
R l/ Embouchure de la ville. S. Lit une Gondollc, T.Leur xnaui cre dcpcilhcr» V t Vnc 
navire Marchande de Ternati, 






BefcrtftionflusckiredekTiguerefrecedentc^. 

VEcy la ville dcG<iww/4W*e,fuuéeairTfr»d^,lieudenoftre tnmque.oulesmaifonsefloyét couvertes dcsro- 
feauxefpez & aucunes de bois. .rf. Sont nos deux navires comme finglames devant la ville. B.YAluncCar. 
toile fluinousabordadcmandanti'occafiôdcnoftreveniieAl'ayantentëduenous fit uncagrwWc ehere. C.Eft 
tinecW/«dc guerre. D Vn pieu auquel il y avoir une tefte fichée de leurs ennemis.hc d'une corde parla bouchcSc 
menton E SoubzceftearbrclèfaiaicMàrchepourcftregarantizduSoleil. J.Eftk Temple ou umfiuiu. G.Eft 
îcdomidlc courr& Logis du Roy faid des pierres. W.Vnpctir maifonnet tontdevantla court, lur.Lcquel ilyaunc 
pièce d'artil'lerie jctréenl'eaucparleCapirainei i -ra» l ;fo«I)^».engrandcneceflue&par cuxtrouvec. /. Le Logis 
qui roft donné du Rov a ceux qui y font demeurez. K. Le Logis de noftre rraffique. L. Vn Cloifl.K deS .Paul* jadis 
bafti par les Portugaiz. (JW.Vne maifon conftruittc des pierres. Sv^Lc Logis du Truchcman duRoy , (repar- 
lant bon Portueaiz. O.Vne Tour fur laquelle il y a une pièce de Canon. P.Vne Ifle .inhabitée entre Termul & T ula- 
te S UlfiedeT/^habitécdes Portugaiz , ennemis mortels dcsTernatim. P.. L'Embouchure pat on les navires 
paffentear tour au Ion™ devât la Ville cft elle circuic des pierres & guez, & a baffe marée,yont les gitans vers cefte fie- 
cité prendre du poiffon qui fe tiennent entres les P icrres,fentes & crevaecs. S.Vnc Cymbe. T. Pcw prendre des grâds 
fcoiffonsufcntccftcaftucc prennenr piemieïemcntunegrandetroupe des peurs poillons^'unerasdfîjetA après en 
avoir crins une grande quâtité,drcflcnt un îôg rofeau en laprouc de la BaiiqucHe,& eu haut du roftau font un trou,par 
^ " E| lequel 



LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION 

lequel font caller une cordc,& au bout y a il un croc,& un peu plus haut une fucille, a fin que la corde feroit mcnécftf 
le vent & alors y a il une aflis derriere,& dejette ces petits poiiïbns vers l'hamcflon , qu'il z lai iTent pendre outre le bord, 
vraye manière de piper les poiflbns. Vfcnt auffi des corbeillcs,qu'il z cnfonçent & eftans au fond , voyent s'il y a du poif 
ion en la corbeille, & s'il y en a plonge quclqu'û en l'eau,& leue ladite corbeil le & en ofte le poiflbn. Aucuns pourront 
dire cornent il feroit poflible de pouoir veoir les corbeilles fi profonds en l'ime, afeav. de 1 5. a i7.braû; jerefpondsqtf 
l'cauccft icy il claire qu'on y peut veoir coucher les ancres , voire qui plus eft , ou y peult veoir flotter les poilTon s, cal 
le fond y eft fi cler s'il n'y euft qu'un pied d'eau, K Vne navire Marchande de Ternati , ainfi qu'ilz font leur traffiq^ 
d'une Ifle a l'autre chargée du Ris,Sagg€,& Efpcccrics. 



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— » - I Dcfcriptioi 

A EftleMofqMe<mTèple,*.in , .ieliIyauncchatreaI , inftatdeceî!e d'unMiniftre ScauTcm- 
*ple y ailttni«ftrument lemblable aune Timpanc . lequel ils fonnent quand ils les invitent 
ar£clire,quicefaiaievendredy,ioiirdclcutdimanche, & viennent alors dévotement a 
l'Eglite: Et quand ilz font tous alTemblez.fe prefente leur Miniftre (qui eft auffi leur Mai - 
ftjed'fcfcoleîau Mini(iere,car jay veufon Tableau pendre devant Ton Logis, auquel eftoyet 
cfcriptes eftranges tortes des Lettres, afiavou des crochcts.linies oMiqucs , en ioramcune 
efcriture fort rare, 

3*A.nfi y a le Roy en fainagnirkcncefoubz unTirefoI.YcftuCn drap dora rEglife, pour faire 



fonfacrifice.circui de» genfdarmes comme cefte Figure demonftre.horame ayantgrand'? 11 ' 
toi itc entre l'es fubjets. Carquand il y aquelqu'un qui l'obuic de loing le faut il accroupi' 
mains pliees, jufques a ce que le Roy eft vzÏÏé bien loing» , 
C.Eft un Pallais, auquel il y a uneChapclle, ou les Portugaiz ont fouvëtes- fois chantez la if * 
le. Audi a le Roy beaucoup d' artilleries tant métaux qu' autres . auffi des Boulles d'arti' 1 * 
rie, mais s'il eft fi bien pourveu de Poudre, ignorera la muraille( de la Maifon plus emi")* 8 ] 
te) pend une Cloche fansbatail & quand il y a quelque mefconfeilla fonne on.Iors s'aflcl* 
blcattousles habitans de rifle tant parmer Que par tcrrc.&cquipetitbiea+o^CarcoU» 5 * 




COmme le Roy de T ernatîjtz. a TEgîife pour faire le v œu. Devant luy pafle un jouvenccau,ayant une eipee fur W 
efpaulcs,& par l'autre mené il un Chevror,aprcs fuit certaine troupe des gens darmes,& après les Soldats fuit tftf 
autre 5 avccq un vafe dcncens,apres fuit le Roy foubz un Tirefol avec certains gens darmes derrière luy, & une enfeigitf 
defployéc.Or quand ilz viennent devant le mîufquitaj a il certains pots rem plizd'ea lie , ou ilz l'avent premiereme^ 
le mains & pieds devant que d'entrer, & eftans entrez,cftcndcnt devanteux une toille blanchc,fur lequel ilz s'agenouil' 
lent a mains ployécs,courbcnt la face en terre, grommclent entre les dents, en TEglifc y a il une chaire couverte d'un' 
blanche toillc,& en lieu dune Cloche ont un in ftrument femblable a un Tambour , lequel ilz fonnent d'un grand b# 
ton. Aufliyailaunc maifon une Cloche fans batail , & quand il yaaucun mefeonfeil s'aiTablcment tous les habitai 
tant riches quepovres,l'un avecq une IavelineJ'autreavecune efpée & rondelle , le tiers avec un Mofquet,le quatriçj 
jîk avecq une Arquebufe,mais les Mofqucts & Arqucbufes font fort inufités. Spectacle certes joly. . ifî 

' 1 — j ! ■ . 

IL me faut encore une- fois racompterpour complaire an LecJeur la fitttation des Molucques } afcavoir ces foubs nommeT^ui font tï 
nuz> four les principales, comme Ternati, Tidore, Maquian, Moitié ejr Bas flan . En ces ([les croiffent ausft des Girofles , maïs en ftift 
petit nombre ^afeavoir en l'Jfle de Meau,diftante environ ix.liciïes de TernatiyMarigoran^inomo^Cabclejr i^Amboina rjr 
tes ifles font fubiettes an Roy de Ternati, excepte les trois Ijles 3 Tidor, Marigorang & Basfian qui font va faux des Portugais Lïlfo 
de Meaugifl a To . de Ternati, ou il y a bon port, car les CM in danois font iouflours icy pour mieux ejlre afteure^ des Portugais, cari^ 
font icy mieux a franebiz de toutte crainte que devant Ternati, en cefte Ifle de JMeau fe font tous les Car colles , ejr tout tes appendice 
des navires du Roy de Ternati, Le Roy de B isftan tient fa court au pays de Marigorang , llfle de T idore eft la principale forterejf d& 
for tugai\de tons les'^Molucquesjont un fort qui eft leur retrait! e, pourveu de quatre petits bouleuerts, ejr ont encore un petit bouleaerf 
fur ladite ifle, mais eft de petite valeur , s elle fuft affullïe d environ 4,011 j. cents de nos gens darmes^avec 2. beauxCanons nefrù^ : 
longue refiflence. Le Roy de T idore eft Oncle du Roy de T ernati,T idor ejr Ternati font fttuez, fur une mefme hauteur, afcavoirjur 4 Qs 
minut.au N.de l\^]mnoclial,ef oigne l'un de l'autre un demy quart de lieue .Ternati eft la principale^ caufe qtiicy giflla court 
Roy, rjr quicy eft ausfila trafique, combien que dlaquian ieite pins de fruit! que T ernati, Quand le Fruic! eft en faifon, ont les Pot' 
tugai^faufcondnit ïefpace dun mois ou fix fepmaines, mais fi les noftres continuée icy leur trafique, les défendront léger émet la le^t 

€arilj 



>oif- 

>yi 

que 
.cai 



DES INDES ORIENTALES. i» 
arHyauMbaàtirmoncHiableattrttux.acMfe 

p34.ans,teUtmentautles Portugais ne devojentpœs feulement vurder la vdledeGammelamme .mats touttc l' lfle drTernati , &â 
cette occafwn veott en icy des fumptueux baftiments.comme le Chapeau, le P allais du Roy,t Eglifede S.Paul, la parafé de S. D omini- 
de ruinée & »» beuleuert des pierres avec certaines maifonnettes des pierres, qui fervent encore des reloues. ïljle de Tcrnatt efi en. 
vironSMeuesaucircmt,payshautain,teauefraifchejfortde^ 
n^fiau-unerùebienUnwAcavoirdelavcÙUPoricdts 

(ouvertes des roleaux niais aucunes de bois, 1er Temple e/l ftftM de bois, il ny a ausfi nulle rade devant la vdle,aca ufe qu'Hy a une 
flanche couverte que leshabitansy ont faia faire pour eftre tant mieuxàffeur ez,,feulement avec uneeflrntteentree.afin qu-onneles 



ine»' 
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nu* 

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tôt* 

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crût: 

Tof< 
leur. 



Description du N'-i/. 



* » . , . w,j,, r , w , B ,j, lltmln i!„, dont les d1u« bas «IL-hënt des batôns, rcs &c ii hauts qu'il/. voloyenr en la pl is grande navire , les ailles font fi tenues que verre 

Iv«*r:S a-cfpagnc 0 „.c ! v«oi,« , '„ oral > re i«fini,»: <)U i tenI UM e r< 1 u a n<l.«,„ trcSlo ir 0 „«U St ui. 

i w.vuia «iiuita . .,,1 .... . iA*uc.Krft /!».■« rrtmKién due ne dent engloutir. 

fc.EftlaCarcolleou Galleredu Roy deTernatl , dontaux deux codez font faiâs (comme en 
une balance) désengagements des roleaux, lefquels tontgarnizdesefclaves, gafehants joi- 
gnît l' uni' autre, dont l' extrême fin pend en 1* eau,ôc encore s'affilent certains autres par de* 
dans.ayantschafcun une poignée des rlel'ches , & en lieu d'avirons ulënt des houes , 'qu'il* 
font'pafïcr outre la tenc.i'ur k tillacq affifent certains .tambourins & balfineurs , qui font 
grand bruit & tintamarre, laditte Carcollc cft pour veiie de fept pièce* d'Artillerie, avec cer- 
taines I avelines dreffees,extraordinaircment longues , & n haut, cft un Litk de vcUms q u | 
éûlagifteduRoy» 

3b 



lt& «Jevaritrtibanfle ont des Artilleries a 3 ♦coûts pour les lafeher d'un coup , combienqucnc 

,upit» les avons veu fouventes fois lalcher.car quand envoyâmes une Gabarrfc vers le? autres navi- 

tes.pour les participer les nouvelles de noftre mefehef, énvoyerét lubit une telle navire vers 
,io<f' ladite-Gabariefourla potir.ee que vlmes,cnvoyame» incontinent unechal^^^ 



ladite Gabarre pour la pottr,c*. >. 
mer, mais nous lestirionele ver du ncz& nous œoitrerentles talons. les diasnavuesfont 



pourveusde plus de deux cents hommes tous armes félon leur mode , 



, mais n'ont nuIzAr- 

quebulîcrs^ceuxquienbntn'enontntdlcmentlamanie.Vifecsunètdic navire dreffee 
ponrlaparachcvergrandeoutiemcfure , en lieu de poix ufent delà chaux ou gva le A le 
trempent qu'il ne peut fuccer aucune eaue,leur manière de bâtir les navires eft forte» range. 
Î.Som des poiffonsvoUns aucuns a 4 ,& a z. ailles volent bien la longueur de jo. & 40* navi- 




opprimeroit point des Brigantins^onUrefpefemblablement aux tf h allas qui font drefe^devant la ville i Am fier dam , de forte 
qu il nous fallut chercher rade devant une villette/ituée entre Tidor ejr Ternaii nommée Telmgamme une demie heure de chemin, 
un peuplus loinggifl une villettc nommée CMaleyo ou nom fîmes fouventes -fois une pour menade: Ce/le ville e/l circule d'une murail- 
le non maffonn'ee , drep feulement des mains papblement haute,a caufe que les Portugais y fret aucun rauagejnais en ces 3. mois que 
fèiournamesicy,ne vmdrent en nul\endrùicls de Ternati.^u temps iadis fouloyet les ChtneTjraffiqtter a Ternati' 0 mais a caufe que 
les Portuge\ en acquererent dommage, mouerent querelle, en tuèrent certain nombre, & pour ce fait font exileTJe ladite Ifle , de forte 
qu'en apperceumesfort peu.Lcs CHindenadois ontaprefent une grande àliance & amitié avec le Roy de Ternait Recourent Cun Uu~ 
tre,carle(dits CMindenadois mènent guerre contre les Portugais qui tiennent leur refidence es Philippines. 

Le Roy deTernati e/l une home membrure brieueflature,dge de 36 .ans allaite defpnt, curieux pour feavoir des nouvelles , imu 
tant tout ce qu'on le mmjire/illuy efi posfible de faire ou non,Ejl toufiours ordmairtmet en mer avec fa, Car colle > enrichie d'un chalii 

dore, 



LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION 



'iorimmmtdesPmugaùCtit^&desChine^ 
ttrtainbou auauelburlnt les a<virons:Mandafouvemes. fois le Pilote de t Admirai, pour l'expliquer ^Chartes ^Livreâtm 
Buzues^JilcufiunPkifir^ 

thoriti réputation & dtgrÀ^enversÇe sv^x&fubie^ chefs t &Captt^ 




î> efcription duN°it* 

Efcri meurs Moîiicques par euxn ^ 
tnez Baqueleyers, ayants fur la tefte w 
Monllio , orne d'une aille des Perdr* 
au lieu d'un Plumafion,& eflantsenj» 
lice îàUtellent toufiours fur un PJ^ 
ayants ainfi toufiours le fautpteft^ 
fitoftque l'un aflaille l'autre , l'a^ 
recule un grand faut derrière j&jL 0 }^ 
fiours fur un pied , font les fàutsfi^ 
gers ,qùec'eitunplaifira veoir. l& 
accouftLemcnteftun CafàquinavfljJ 
Une brayette de Cotton ou Soye, 
genoil bien larges a la mode de cd^ 
nouvelle façon Ai {panique. Le0^ 
efcrimeurs lbnr fort audacieux 
tageux de leur elcrime* voire nous fcf* 
verét d'eftrange façon , & dirent qu' 1 ^ 
entr eux s'ofèroit bien harper £ 011 ^ 
fix des noftres,ce qui nous fit entrer 
grandahan i &yeuft un entre noi$ 
oui ne pouant fouffrir tels braverfà 
Giibitjde vouloir côbatre corps a corp& 
feulement d'une efpce & Poignard A 
que l'autre n ofafit accepter,refulbii:^ 
armes & la prefentation 5 mais vcoîîjj 
combatre de ces armes,cjui font à la 
çon d'un glaiuc pcrficjue, mais au W 
bien I arges, en la main ont ilz une p#j! 
te rondelle auquel ilz ont le coutel > * 
en la main fenefae un efeu bien Iargfc 



Vue Femme Molucqi^ainfï qtrf 
va jpar les rucs,couverte far Je chef d'U 1 * 
habillement de Cotton'-, pour ne s'h^ 
1er du So!cil,ont les accouftrcméts bt? 
dees de diverfes couleurs. Quand # 
vontquerre de l'eaue , ufcnt une cannj 
bien efpcffe de la longueur d'une Cefqv 
bra{fcc,auquel ils lepuiflènt& l'app^ 
tent fu r les e/paules au Logis. L 
vrage des Femmes eftde titre la t<0. 
& le file de Cotton , car il y en a graiv 
abondance , vendent leurs denrées $ 
le Marche , alèavoir du Poiflbn fale & 
frai/che,PotiIIes,Bonanas , Cannes 
crces,Gengembre meure, quelques Ù 
rangers & Limons , peu des Femm^ 
voit on aller & vager par les rues. V 
bruvage des habkans eft eauc &Vi? 
de Palm, qui croiil au pays aux Pallié 
tes. 



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è-pmsdmchefleuer >& après les faire dejetndre iufques a ce qu'il\ font enJawUr.ee & qu'il entame Je» proposées GenttMo* cc 
msfont velittL en S oye,ausfi aucuns en telle de Cottonjes Brayes a U Portugaife dejjoubs larges , mduts d un pourpoint de Cotton ,« f 0 
h n LouÀÇcorcbesd'Arbres,cequiefiillecqbienbeJoigné y genSscertesm t eu 

hommes chenu^fortfeueres^ants commandement outre les leurs Jont hommes plw propres ,plsugwm,& plus confiants &jl* 
(es aue lej lavanine font ausft tels patromlleursjy pipeursjriausft n'y a H pas un en toutte la lava qui porte la barbe , tnau arrael» 
^cueiUentlescbeveu X m[qmaejlrecbauves,voirequtllontlafacecommeunemacq^ 



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Aougft, DES INDES ORIENTALES. tff% ao 

EJifirt dévot an firvice divin. 

Lacirconçifionfefai&en cette manière. 
A CranipompeÇtfaiahchconcifmjnmiercm^ 
J^tesJesfmventdeuxquipormttmbatlon^ 

équanàil^rochentbienfreUcla^o^ 

vent en lamejme magnificence au Logis. I 

Le 1 9 d'Aouoft partîmes de Ternati,pom achever noftre voiage. 

peu d'huile & pain fecq,fcarant en vcrmcs,avceq un peu de Ris & eaue,& une muyette de Vin par ,our. 

Le 3 o.viancsnflc„'0^,lcqueI panâmes au N.I (le certes bien grande. 

LcfdeSc^^ 
brer pleine^ 

LcioJuftvenduûnFoumwgcdcièptlilwics.pourlalbmmedcizJonns&demy. 

Le ravoi s ndè devant une vilietr. a l'Oecidér d'oba,ou il y a une belle troupe des luettes , mais n en fcavions nulz 

dei6.a2?.brafiees & fîmes le lendemain a matin voile. rr 

Le i z avons rur'fement rade foute ladite Ifle a cmfe que 1er,, iM*M f<*** àc nous , pour trouver patTage entre- 

deux maisrctotirnalelendcmainacaufcqucrAdmirnl fit uncoupdeCanan.f.gnequil dcfcendroir 

uï3_SS3#4rt* & fîmes voile,mais fîmes incontinent rade , poureeque Jean MM ne nous pouoit 

approchéfaSuS 

mes p lïfiems propo^ 

^JiSSi^M nousdonnerent ieconfeil de fortir,& .de prendre le cours vers II lie de Sabohe ou nous 
auriomaSem^ 

lie nommée itf/^cesl fies font fi^^^ . 
Le Animes de la vers noftre venuc,ancramcs a l'aprefdiné,& après l' cfpacc d'une heure fîmes derechef voile,ma 1S 
du foir Sesancrez, les noftres montèrent fur le cotipet du grand matcreau,& conterenr plus de 5 o.lficttes,& les avôs 
touscirciiialalon"iicurdci4&i5.1ieues,&n'enpouionstrouverlafin. 

des Ifiettes,paflamcs par un lieu cftroia,& laiff imes une fablonniere a eftnbord,ou il y euft encore une planchette, & a 
bâbord efloycntencbwttoispedtcsIOet'tes.dont du S.defcendoycnt force i.cctez ,& la mer tourmenta hideufemenr, a 
l'aprcfdiné de laiflames a cftnbord une horrible cimente , & eûmes heureux F aiTage,de lorte que fumes par con,ecturc 
bien quatre lieues au dehors du pays* 

Le 18. a matin vifmcs derechef certain terroir bien oblotigc& hautain. -, < «•<,.■ r 1 

Le 2 _.fommesapproché audit pays,* en cuidames paffer outre autour d'E.chofc qui nôiisfut impombtea caufe du 
«nt&fomnK's accordez avecq , , J 

Le 2 3 .toucha ledit lean Martin qua fi le (bnd,a caufe du temps calme & ferain.car n avoir point encore 2 & demi fettf- 

fermais le trainerêtdetaBarqucdudimtcA 
&fumesparluyab*rdé,«qu4^ 

fc-^onsaUflîenquefterlencmdcl'lrlcJinonqueîesPiIotesfoupçonnerem 

Akm<_nenuWicteledit/^ 
unevielleplanchedelalongueur^^ nen endommagée : Et 

eftoitau(fiicylefondfortinegal,<lefortequ'.lzfonderentles40. brartecs, & devant que pouvoir moulh.r les ancres, 
eftoyentafond,&;cftantsiusallercntE.S.E.dela. . . . . 

Lc2 5 furen lesgemsde /«« Af-r/»au pays,& ont entamé certains propos aux habitans , & d.loycnt que le pays- 
s'appclloh TéhtJjbam en Ris.cheures & Poulles,eft un pays fort grand & (e on noftre conjure , avions voguez 
bien 3 o lieues tout m long d'iccluy,& après ne trouvions autre chofe que des feicherclks & guez , dont ne lcavtons en- 
core vcoir la fin nous fallut reprendre le chemin qu'eftions venus , & le changeo.t entièrement en une corburc , de 
fortcqu' 1 ln'yaà'd'efcr.renuldroiacours,ou.ldeuroireftred'e(crft 

Le premier au midy euft chafque bouteille un pot de Vin , de ,oye qu eftions vennza la fin Or.cntaledeT aboque, 
iîyeurenrencôrcbcaucoupdcslllettesalafinOrientalcducuapays. 

Aumefmejourdenuia,vaucra/„»c^^ 
pouppe touchiit il le fôd & derrière la proue y euft il biC 30.bra.Ils mouillerai 1 acre ,ourncl par la Galère & 1 ot guin- 



( 

J I 



Oaobre. LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION ic<><>. 

deduditlieu alors virere ilz vers la fcichcrcfle, & le tournoyerët des matereaux de Ia,& quadilz guinderct r ancre ft^ , 
pit il en 2,pieccs mais lefdits pièces furet fauvcez,a caufe que la corde de la marq; de l'acre eftoit torfe autour de la cabto , 
Du 2.au 4-avons navigé ça & la,cnviron au S,dc lts£quinocl, a caufe du vent & de la tourmente eufmes le Soleil alo* 5 ^ 
droicl: outre la telle. 

Le 5 .mourut Salomon Théodore d'Har lingues Quartinier , & avoit elle le compagnon du Mailtre de la proue. 
Le ô^n'avions plus du Ris,de forte que le cuifinicr n'enapprefta plus , n'avions autre viande quedupainfecq 
rcau,une muyette de Vin,& une muyette de miel par jour. (mol* 

Le 9 .fut augmenté la portiô de pain de forte qu eufmes 5 .livres du pain en 5 .jours , mangeâmes aufîi lors la derniC | 
Le 10.au midy eut chafquc bouteille un pot de Vin,a caufe que n'avions autre chofea diner q«e du pain fecq. 

Le lendemain fuft Guillaume Hermans Cloche d'Alcmaer conftitué Quartinier en la place de Salomo Théodore , ainfi q u4 t 
fuft Quartinier & Corporal enfcmble. J 

Le 1 2 .fu ft Gautier Bgberts de Bretrolde eftabli Conneftablè. , t i 

Le 1 7. vîmes 2 ./2y*«,mais ne les avôs parlez,fumes alors fur la fin d'E de Botto & eûmes la hauteur de 5 .deg. & ' 
eftions alors au vieil Canal,car quand finglamcs vers Amboina, eftions joignan t les I dettes & eûmes la hauteur de 5 .d«f 

De celle Iflc de ^r/^ defeendent encore 3 .autres Mes tirans plus vers TE. dont du S.E.defeendent beaucoup des pl 3 ' 
ches & feichcrelTes. Quand on va vers Amboina y \cs faut on laifler a eftribord & fortir joignât Botto 7 cu vo 9 trouvez enec* J 
2.1fles au N.lcfquelles vous lailfez a bâbord, & paiïez entre deux a l'occafion de la feicherefle qui defcêd de ces 3. Iflettc* / 

' Le 2o.d'0£tobre patTames par l'eftroicl: entre les lûcsCelebes & Soles.cnœrc y a il 2.1ilettes au mita de l'embouchu^ 
quand vous paflez entre dcux.diffcren t bien la longueur d'une grande lieue , il y fembloit bien avoir un pafiage , mais" 
n'y paflerentquedes/V^f 4 La dite embouchure eft clloignéc de Botton environ ^o.lieues, & au retour biffions pi* 
fieurs Ides a eftribord, fituecs fur la hauteur de 5 .degrez & 50. minutes. 

Le lendemain avons eu par l'en roiét fur le bout Mcrid.des Celebes la hauteur de ; .deg. & 5 0. min. Ce pays s'eftend &' : 
diirairement O.q.au N.& E.q.au S.& alors eufmes la dernière chair fumée & chafquc bouteille euft un pot de Vin* 

Le iz.fommes paffé ladite ïfle des Celebes, s' cùcndzm O.q.au N.&E. q.au S.ha la largeur de Teilroicl: vers l'Occiddf 
environ 2 8. licu.au devant defeend le pays fort bas, & en ladite baflëur gift une certaine hauteur bien biguarrée & dccfo' 
quetéc.Ce pays gift au bout Merid.fur 5 .deg- & 50.mi.& quâd on defeend du bout Occid. ôcqu'on eft paiTe 8.ou io.li^ 
tout au long du pays,veoit on une haute ronde collinc,comme chez nous un fenil qui gift es champs femblant ellre^ 
dehors du pays, mais quand on y approche gift il au milieu du pays,& la terre qui y gift au devant eft fort balle s'eften<# 1 
bien deux degrez par /Vfipwtf au N.tellcment qu'il a la longueur d'environ 8. degrez au S,& N. 

Le 2 3 .pafiames une feicherefle ou il n'y euft que fix braiï.d'eau,au cours O.q.au S t eftions fur la hauteur de 5. deg,* 
5 6.minut,& environ 1 8.1ieucs,au dehors du pays au vent S.E.vifmes une Ille de la Hune au N.dc nous fort petite. 

Au mefme jour au foir palTames ladite feicherefle de 1 2. a 1 y 4 bralT.continuant l'efpace de 3 . chante pleures , au co^ 
O.quartauNord. 

Au 24.au midy eufmes une bouteille de Ris,avcc un pot de Vin , & eftoit le premier jour qù avions vogue fans vcO» 
terre depuis le 3 o.d'Aougft. 

Le lendemain de nuict palTames derechef des feicherefies,au cours O.quart au N. de la profondeur de 20. brafl' 
continuant jufqucs a minuit, & eftions félon noftre con jcdùre environ ço.lieues du bout Occidental de Celebes . 

Le 29.d'06tobrc vifmes certaine contrée & eftoit félon noftre conjecture le r ays de CMadura , lieu de noftre emp^' 
fonnement trovions (en fondant) la profondeur de 4.o,a 5 o. braflecs à fond de l'argillc. 

Au dernier jour avôs eu derechef une bouteille du Ris, vimes toufiours tcrre,mais n'en pouiôs avoir la cognoiiTantf 

Le 2.Novembre avons eu la hauteur de la terre ferme de Mddura, & du N.delcend une llle nommée Laybocq , difta^ | 
environ 1 S.lieues,entrc lcfquels palTames & vimes j onrnellement pays. ^ ^ 

Le 54%aiTamesrifledcCï^ 2o,lieues,fituces l'une de l'autre E. &Q.jettames lo^' 

ventes-fois la fonde ds 30 a jo.braiïées a fond de l'argillc. 

Au 9. paffames encore une llle,delaquelleeminent,quelques 8. ou lo.arbresen l'eauc ôc eft efloignée àzCarmefiW * 
va environ 20.1ieues,ordinairement O.q.au N. & E.q.au S.lequel paflàmes autour du N. 

L'onfiefme fommes arrivez devant Saquclra } ôcàu mefme jour avons charge aucun Ris, de forte qu'eftions lors {p* % 
ce a Dieu) de livré de la famine , entendions que le vice- Admirai eftoit (pafle trois mois) parti de Bantam. 

Le ô.partimes de $aquentra,& avôs radé au mefme jour dev ât la fiaifchc rivière , ou no 9 chargeâmes une bône qua^ 
té d'eau. LesChinez vindrët ky & no 9 apporterct du Ris ôcAracca en abôdance , lequel acceptâmes la livre pour 5 .pc* 1 ' ^ 

Le lendemain parûmes de la vers Bantam , ou il y eurent 2. navires de Zélande, aufquels eûmes au 1 8. dudit mois c& 
tains propos,& eftoit la longue Barque & le^/«/,qui y avoyent fejourné 8. mois & dix jours , 6c eftoyent partiz de nU*| 
fans fe rafraifchir,avoyët troquez touttes leurs dêrées, argent & marchandifes,de forte qu'il leur fallut par faute d'argef* 
troquer les Siflets des Quarteniers,voire n'avoyent exécute certes grands merveilles,car lefdi&s navires n'avoyent char^ i 
tant de Girofles que Poivre non plus que 66.chargcs,& eftoyent aftbiblis de plus de 55.perfonnes. 

Le iç.fommez arrivez devant to/4»?,eftions les très bien venuz,tellcmêt que /rj» Martin chargeaau 5.1epremi^ ^ 
Poivre,racheptoit par facs pefants envirô 50.1ivres,qui no 9 coufta 4.Reaux & demy,& l'acheptames en fin pour 4.^. 
aulx.Ouandau Macis & Girofles l'acheptamss par Bares a ^oo.libvresla^r^le Macis a 8o.& les Girofles a ôj.Rcaul*. { 



cro' 

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LllX. 



lanvicr. DES INDES ORIENTALES. \€oo. ïi 

ïn TAn.de grâce I6oo.au 1 5. de Ianvicrfuft l'Admirai a Bantam , chez les Magifhntsks honnora d'aucuns prcfênts 
5c tindrent divers propos touchant la trafiqueront feeurent fort bien accorder remcrçians l'un l'autre reeiprcquemët 
& s'efearterent avecq amitié, l'Admirai honnora le Gouverneur de la.Chaloupcde laquelle ilz cftoyent furgiz a terre,, 
citoit affublée d'un drap de Qanioj il rouge avec deux petites pièces de Canons,mais n'en feeurent la manie. 

Le 20.de Ian vier f urent les Marchands amenez aux navires & avoyent venduz toutes leurs marchandilès. 

Le 2i.partit certain Marchad a terre avec certains Velours lefquels il vendit, & achepta pour l'argêt zo.facq de Poivre, 

Defcription de Banîam. 

QVanda la Police ejt une chofe fort effrange: Car s il y a quelque homme qui meurt Je laiffant aucuns bies y ayant des enfans ou non\ 
y f rend le Roy la femme les enfans ejr wéiii & en fait! fien, f allant âe la mere une efc!aue ? ejr s il y vint un Chine^pour achep- 
ter larnereou laf lie les vend on ejr quandtlX ont e(ie certaine e^ace enfembleejr s il\procreent des enfans yfefaicl comme devant, 
s 'ilvient aux oreilles du Roy quily a auctitu chiens ejrilnya nulle remède four les riches /inonde donner les enfans toft en maria- 
ge a fin qu 'ilzpeuvent eftre héritiers des biens de leurs par en s. Ce quifefaiclausft , car tayveuquil^font promis en mariage des 
leur enfance, afeavoir dey a io.ansjnah les riches ejr opulent) le font encore plw tempre , voire qui plus ejl un garçon de S. a 12. ans 
a fouvent es-fois deux eu trois femmes félon leur Ytcbefft ce qui fefaicl pour exterminer le Roy de leurs biens. 

ïayveutfartt la qu 'une ieufne efpoufe de la grandeur d un enfant de $. ans , (car les femmes font icy de petite fiatnré) efioitportéc 
fur le bras d'un homme ayant Jur le chef une petite couronne avecq un Tirefoldes belles plumes outre la tefte pour eflre garantie du So- 
fa f car eftcii riche .nous dificns les uns aux autres fera cela une Ef pouce <eh ce n'efl qu'un enfant. Semblablement la femme d un Chinez» 
(fort petite) venant a h loge du Routcillter laucr les plats & autres appendices .comme un foùillcn ,cfloit bien petite 3 maisavoit les 
mamelles fi grandes qu'une femme agéejaifoit fes befotgnes bien wyeufement, fîmes mainte iongkrie , ejr far chérie avecq elle, quand 
vint cheznous.Voyentvolenticrs des hommes blanches. 

guandaleur trafique font grands larrons y tanl les ChineT^qut lavans , voire quilz.Lt font àfaux poids ejr qui plu* eflfauf- 
ftnt le poivre de cer taine noire arène 3 ejr de quelques petites pierrettes,pour tant mieux avoir le poids, font ausfi faulx enparolles. Sca~ 
tent en meurtres, car silavint que deux comb aient ejr que l tyf l'autre le faicleur [fcachantfa mort) tuera ejr maffacreratoutet 
quilrèncontrejoithomefewmeouenfant^efpargnerapcrfonne allaiclants , iufques a ce quifefi vaincu par la 

grande multitude •des gents , ejr alors le prefenfon devant le G ouvernenr ou il oit fa fentenc c ejr le Gouverneur le donne un coup en U 
fottrtne quil tombe a terre \mais rarement advint il quon les peut prendre vifs, car il\ fe laiffent ordinairement tuer. . 

Le 2 î ,de Ianvier partimes de Banta m pour retourner vers Hollande ,mais a l'aprefdiné avons derechef rade a caufe de la 
tranquillité Ames du foir rurfement voile. 

Le 26.avons eu portiô d'caue,afcav.par jour 6.muycttes avec 3 .muyettes dArac.h. n'eftiôs point audehors des Iflet- 

Au 2 8 .avions la hauteur de 8 .degrez & la mer s'appaifa au vent d'O, (tes de lava. 

Au s.deftburier eufmcs le vent du S.O.dc forte que fîmes le cours S.E*& S.S.E.a heureux paiTagc. 

le4.avionslahautcurdc30.dcgrcz,&ne povions monter plus haut que S.q. a i'E.&E.S.E.a vent d'0,*paiTablc* 

Le 1 2 .mou ru ft le maiftre Barbier oVaijlrc Chrijlophre ^Jufriacq. 

Le i4.paflà le Soleil outre noflre telk,iur la hauteur de 1 3 .degrez & 1 2.nunufl& 

Au i7.mourut le Corporal Iean Pierrot ^Angloism la navire de Jean CMartin* 

Le 26.avions la hauteur de 1 ç.degrez, a heureux vent fîmes le cours ordinairement O.S.O.a pleine voilette* 
Le lcndéniain, vola (par le trou par lequel coule l'eau) en la navire ^mflerdam un Poiflbn volant* 
Le 3 .de Mars avions la hauteur de 2 3 .degrez & 5 o. minutes ,& finglames d'un vent a plaifir* 
Le 1 6. avons elle fur la hauteur de 3 5 .degrez, rimes le cours O. quart au N. 
f Le 1 8 .eurent les principaulx Officiers (a 1 6.cn nôbrc) 1 .muyette d'Arac a la nuicl: quand la garde de chi€ (ordonnée 
par l'Admirai) fut fiiiie,cufmes le vet du N.dc forte que ne portions môter plus haut qu'O.N.O. Le jour enfuivât folli- 
citerent les autres matelots pour en avoir ausli 1 .muyctre,côme les autres Officiers,cc qui leur fut rcfufé , mais leur fuft 
Octroyé 1 .muyette pat jour, pour le défalquer de leur portiô & ufer de nuid , tellemét q ; les Officiers en eurêt par jour 
4.&lesautres3.1evétcômedevant. Lc22 4 denui(fteumeskvëtduS.E è fortprofpae i fimcskcoursN,0.&O.N.O, 
r Le 2 3 .mourut en la na v ire de {^imfterdam lan laques de JMedembticq. 
Au 26,eufmes une tempefte meflée d'un vent O.N.O.fort apre* 

Au 29.de nuid eûmes le vent du N.a fou hait allâmes O.quart au N. & O.N.Ô. touts ccfcMs jours fut le vent fi vari- 
able chez nous,& félon les Pilotes cftions cfloigné bien 20o.a V E 4 du C.de bonne Efperance. 
Le 1 .d'Auril eufmes un furieux orage de J'O. 

Au fécond jour de Pafques eufmes en lieu de noftre œuf Pafchal une bouteille de petites Febucs , avec un plat du poi£ 
fon bouffi, & un pot du Vin d'Efpaigne en lieu d'Jracq. 

Le 3 .mourut/*** Jeanotiofembrug Tonnelier fui Jean Marti». 

Au 6,avôs eu le vêt du N.E.fort pro/pete,mais celTa biê tôt a caufe des variabletez des vers & des t£pcftcs côtinùcles. 

Le 1 3 . vimes le pays envirô 70.1ieu.a i'E.du C. fur la hauteur de 34-<kg.& demy, fondâmes 8o.braflees,foupçonnames 
«rtrebien 5.1ieues au dehors du pays,mais avons prins autre route a caufe du vent O.S. O. melle de certain orage. 

Le 1 7 .eufmes le vent derechef a gré , afeavoir de TE.S.E, Les Pilotes tindrent confeil & conjecturèrent que le Cap de 
fonnt Efperance ^elloit environ 68 .lkucs,au cours N.O , quart a l'O.de nous. 

r * AÙ19. 



April. 



LE SECOND LIVRE DE LA NAVIGATION Wdtf 



Au iç.avons eu derechef un tourbillon de l'O, 

Le 22. avions la hauteur de 3 7.degrez & 40.minut # avions prins la route pour monter le Cap fie noftre cours elW* 
rprdinaire,afcavoir N.N.O.& N.O quart au N, 

Au 24.vimes derechef pays, mais tournâmes le doz a l'occafion que ne pouiohs monter plus haut qu'au S. & O. 
Le 2 5 .avons eu bon vent,afcavoir au commencement du S.aprez du S.E.& après de l'E. 

Le27.avonsefté fur la hauteur de 34. degrez &40 minut.a l'O. duCap félon l'opinion des Pilotes& environ^' 
lieues au dehors du pays le vent comme devant* 

Le i # de May avions Iç vent du S.aflcs propre & eûmes la hauteur de 3 2 .degrez. 

Le ç.avons efté fur la hauteur de 22 4 degrez & 5 minutes , continuellement flottèrent icy des Trombe ? ligne d'efr { 
bien près du Cap le vent KO, 

Le 1 6.vinrcs environ le midy Tlfle S.ffekwe,<\m nous caufa u ne joye extrême. 

Le lendemain avons veu une Caraqùe deffoubs le pays qui fu ft l'Admirai de la Flotte des Portugaiz & couroit versl* 
rade ou y eurent encore trois autres Caraques,dc forte que fumes contraints de choifir la vieille rade , qui eft la primi^ 
vallée que récontrez autour du coing du N , O. & là rade des Caraques eft la troifiefme vallée autour dudit coing, de fo 1 ' 
te qu'eftions diftants les uns des autres un coup d'un petit Canon,cnvoyames4.hômes pour parler a eux , mais ce qulf 
eft trai&é ne feaiié point. Au mcfmc foir vint encore une Caraque fur la rade,venat autour du coing de N. O. voire qu'O- 
le nous approcha de fi prez que parlâmes aifement a elle , demanda ce que de nous,difions qu'eftions HollandoUfic q llÇ 
cherchions iîlecq des rafrechifchcmcns , s'efearta de nous 6c fit fon cours N.CXvers la mer abondonnant le pays. 

Le lendemain avons cfte a quatre a S.Heleine > pays fort montagneux orné des belles valées, abondant cnCh^ 
vres,a auflfi aucuns Porcs. Cuidamcs de trouver icy de l'caue fràifchc,mais fumes empefehez des autres navires , de fbrtf 
«ju'il n'y euft nul moyen d'y acquerir,car avouent cftabli des gardes au pays, feul deftourbier de noftre rafrecîiifchem^' 

Le 2 1 .afeavoir 1 e jour de Ventccafiç partîmes de la pour retourner vers Hollande ^ eftant la voile haucée courut enc^ 
re une autre Caraque vers la rade,la fixcfmc qu' avions veiic fîmes le cours N.O.quart a l'O. 

Quand a ïlûcS.ffe/eine,cft un pays fort fertil , voire fort fain, fur la rade y a il telle quantité de poiflbn , quec'eft ufl* 
chofe incroyable 3 afcavoir la plus part des Maquereaux & plufieurs autres fortes des poiffons plus petits,côme des BraP 
mes au Ai d'autres fortes ayants les yeux comme un Eglcfm,mais le corps plus plat. 

Le 2 5.avons cfte fur la hauteur de 1 ^degrez & eufmcs le vent du N.E. mais nedurâ guerres changeais 'cours au 
avoit efte ordinairement ainfi depuis qu'eftions partez \cCap. 

Le 3 o.au matin vimes rifle Afienftonfixx la hauteur de hui£ degrez au S.de t*/EqntnoftfiL avons du foir faitt rade d< 
fou bz ladite Ifk. 

Au mefme jour de nui£r,avons envoyé certains des noftres au pays pour le viflter,& au 1 êdemain, envoyâmes cncO* 
re plufieurs autres pour chercher partout quelque rafrclifchement , mais il n'y avoit rien a trouver voire point un fe^ 
brin,la dite Iljeeft entièrement remplie des rocqs & pleine des houles ou d'efeume de metail bruflée,vifmesicy certain 
Porccaux,mais ne nous feeumes afies cfmervcillcr dequoy ilz povoyent vivre, car il n'y a arbre, fueille,n'y herbe , voi* 6 
on ne peult eferire des pl us fterilcs^ais il y a icy allez a tuer des mouettes , voire s'il y euftent une belle troupe des gefl* 
pour certains temps. Aurti primes icy aucunes Tortues dont en apportâmes 4-aux navires,eftoycnt aflèz grandes de (ol* 
te qu'il y avoyent aucuns qui eftoyent eftinuz de la pefmteur de 400. Iibvres, niais eft allez abondante en poiflbn. 

Au dernier de May au foir parûmes de fi rte K_Afccnfion pour arriver (avec la grâce de Dieu) au Logis, & d'un heurcu* 
avancement fîmes le cours d'un vent S.E« N.O.quart a l'O. 

Finalemet après beaucoup des travaux, foucis, peines & dagers de maladies,caufées par faute des vivres & rafrechifchC' 
ments font ces2. navires arrivez au Texcl,<k après d'eftred'efonorez font arrivez a Awflerdam, a grand proffit des parti 
pans,chofe qui eft aifement a conjedurer, que tous ces 8. navires eftoyent arrivez a grand proffit en fciir port, qui parti- 
rent tous 8.en une Flotte vers les Indes Orientales au premier de Mars 1 5 98. Dont le Souverain Seigneur enfoit ren<' ' 
honneur & gloire,qui les a conduits par tant des vagues horribles & les a amenez au Logis. 



Déclaration de cejle Figure icy annexée >ainfi que/lions recheus du Roy Tubain. 

WYbrant de Warwiicq,eitant jadis Vice- Admirai des hui&Navires^iitt (apres que l'Admirai laques de Necq , fuit retourne avec les qiif 
tre Navires vers Hollande) Admirai des autres 4.Navires qui fmglerent vers les Molucqiies 3 & ayant acquen du Roy de Tuban (un d# 
plus puiflànts de lava) l'on amitie,traniquans pour argent & denrées des rafrachichemcntjVolut le Roy par envie viliter leurs navires, & 
pourtant font allez le 14.de Ianvier 99.avec z.Chaloupes au pay/ou le Roy (accompagne des tous fes nobles Gentilzhommes , & autres Serviteur» 
& Efclavez) nous récontroit dehors la ville de Tuban,armes comme pouvez veoir en celte Figure, des Arquebouiès eV longues Picciucs/ort gentil' 
!es,excellants en bonté &c longueur les noltres, aucuns ont a la fin 2.fers eminens , dont de 2.1èmblablcs en filt il prelcnt a ion Exell.avecq un Cri $ 
rfo^tres exquifèment faicl:es,mais par le malheur de Madura fommes demeures les debiteurs,de la rccôpenfè de (on preiènt & amitié, mais fèra te* 
compenfe s'il plait a Dieu .11 lèmbloit cftre Homme vaillant citant monté fur Ion Elcphant^qui eftbit gouverne d'un crochet par un de fès fùviteUi* 
dont il le fceut alîez bien gouverner,ayant ladne belle la hauteur de 2.hommes,mais n'elt encore pas li grand que ccluy qui le fert en guerre.Lc W 
salTit en une petite Loge a jambes croilees comme chez nous les coulUu'iers/uivant le norme qu'ilz tiennent par toute la lava. Avoit un Caiàqu n! 




fïeurs dons,mais ne voulut (a caufe de la Loy) menger n y boire avec nous. Et comme il alla a terre , fuit il honnore de ? . coups des CaïK^ce qU* 
|oy picuil grandemencEt cç que les noftres ont veu (eftant au pays) n eft pas ièulemcnt icy doit derrière, mais y eft aufli peint. a P P E N 



APPENDICE. 

VOCABVLAIRE DES 

MOTS IAVANS ET M A L A Y T S, 

QJ'AVONS MESMES ESCRIPTS A TERNATI, SERVANT 
de promptuaire a ceux qui y défirent rtavgier, car la langue Malay te s'ufe par toutes 
les Indes Orientales,principalement es Molucqucs. Lefquel avons jcy 
voulu mettre pour fatisfaire au curieux Letteur. 




VOCABV LAIRE DES MOTS 

IAVANS ET MALAYTS, QV;AVONS MESMES ESCRIPT 
a Ternati,fervant de promptuaire a ceux qui y défirent naviger.car Ja langue Malay te , s'a- 
fe par toutes les Indes Orientales,principalement es Molucques. Leiquel avons icy 



Franchois. 

CHnufla 
dcfublcr 
icfpondre 
adorer 

porter en bas 
Retenir 
accepter 
arer 

cultivcur 
arriver 

défendre 
oùir 

labourer 
Couper 
autre 
ain fi 

touiiours 

illecq 

pôvre 

derrière 

trop tard 

trop tempre 

Vuide 

regardez 

manifadùre 

ouche 

vin aigre 

îefponce 

terre 

furgiraterre 

foir 

tout 

ancre 

pouretc 

ancrer 

labatre 

VoftrcS 8 

bras 

amore 

feul 

tirer les vaines 

accorder 

Aventurer 

arrefter 

ceiTer 

amener 

attendre 

bru fier 

abayer 



CWalayts. 
Tackhoe 
kaehvacr 
miniaot 
backajfe 

batturon cabauwà 

carrât an pangal 

tariman 

bangala tan w 

orangoum 

jampe 

turan cababc 

badangat 

backargd 

karat 

laing 

bigitoti 

Jartan 

difomna 

casfian 

balacan 

lambaet 

arrygalab 

abis 

liât 



tfja&ap patina 
a\a va) jana 
cawia afa 

^avanay <$fti (c<$9y$ 
fiatfa/a ft>ti<jatf 
(Baf]ar*So£ 

^uti ca*£4 fauà 
^vvpatfa 

(vnDM^a^i^îtijc^u* 

£afcati<jav 

jwianjau£ 

(WtatitiE^ ^ 
{vttaeftvnv 
jaÊanbitia 
anfuitia* 

paj rôitia 

pamj au« 
tëauav) afiatj 

^a\a[jatitia 

^ava/cu3<»va/ 
^vyiotija^aiai 
(Wiafatj 

|*U17M 

£>jv>t) ^a(*pati4aKW<</ 
fia/ianjtavj 



bavanmirà 
tbouka 
brïtou 

tavajudarat 
piggy darat 
ma/an 
famonga 
favou 
kasfwnamat 
labo faon 
Urre katltvaer 
candatipackanird 
tangan 
oupan 
jendtri 
kaelwacr darot 
badamme 
bamamrouotiutù» 
bapajfoa 
yangàn 
bawa 
nanty 

backara oh mangé* &>"3*V 
mangaU fo^*** 



Ati^àvj 
euf ay 

afapatiatj^f/g 



(V*ian£v> 



Franchois. 


^Malayts. 


Lier 


JCdt 


arroufer 


zicron 


aprefter 


boatadar 


faire crédit 


petjcbaya 


amender 


boeaet bae 


cogiter 


battau doelott 


fauver 


femoeny 


garder 


femoeny 


defplairc 


tida bishouka 


employer 


Zouda balança 


enfumer 


L rr 
vaa ap 


nager 


trayzion 


rompre 


pqtzix 


payer 


vayar 


commencer 


mouilay 


defircr 


maunckd 


piper 


bodoy 


enièvelir 


tanam 


guetter 


batiagay 


enchanter 


tackana 


mocquer 


barmayn 


défendre 


papodan 


mordre 


jpg* 


aggraver 


mangorooufokroH 


offrir 


baUvaer 


prier 


tointacan 


feuilcs 


ùop 


faigner 


kalwaer darat 


diligenter 


betachinta 


trembler 


goumattaer 


promettre 


tavar 


retenir 


manaroo 


commandement 


fourouan 


aveugle 


bouta 


large 


lebâr 


homme courtois 


kyatyagnm 


dedans 


dalang 


dehors 


lonaer 


bleu 


idgo 


enhaut 


attas 


en bas 


di bava. 


meilleur 


bayek 


amer 


payit 


pain 


rotty 


beurre 


minga fappt 

or an pandt thicor 


Chirurgin 


boulenger 
lire de noples 


ùranpande rotty 


cavecanjyan 


nopfes 


mtcananminnm 



anfcatf 
Jav^/atia^ 
/OLtkiv^bMtny 
Japaw^ 
^apawf 

(vviaryafu 

^îatyav^avj 

atap 

^au^Ôut^ 
lanat*} 

^natî^afaM^a^ 

- 

,gvîui?pata») 

^vnanavaf 

tafun^atj 

/ivpana 

£aJo il m a^fa^O* 

€a/a\vo 
cvM^otiavj 

fv c fia^ 
^iag 

^afanj 
pa^ié 

fati^a fappi 
patt^if ^iti^cucvj; 
papavêat) 
(uaan Jau<? çau^ 



■ Tranchoir 


Malayù 


"chaiïit 


tampat ttdorAn 


feuille 


d&von 


lv.Ul-l.V3 


cackara 


Ventre 


pourott 


vedic 


cAnjmgAti bu ma ta 


lvlivj 


pAfltAît 


JuillUGS 


CAcky 


barbe 


ianget 




'Zotifôtt 

r\lWI VU) 


large 


éddi 

I 


bois 


eut an 




iambdtait 




, gAuno 


OS 


iouldnc 


befte' 


binatan 


fleur 


bonehan 


l 11L.11 1»- 


ClATAt 


iardiii 


Cabû» 


arcq 


pAïtcV 


*ti U1V 


pACft 


hniflurc 


. kackact 


lunette 


far ou mat ta 




Jpï^AYt 


roienée 


campa 


Hlv-VIC » 


cambvti 






"te.LiiAllA.vl» 


WïAfÏA 


CiiaulCl 


hell/iv/r/iPf 


fendre 


IaIU 




gAYTQU 


rv.nfrntir 


b art ou 


venu 


datan 


mon tPTi 


. ffAJIt 


baifcr 




icniierer 


ambtl 


bnrfpt 

1 1LI l LVI» 


tnockol 


Jllùli.Uv. 


T)iïio \iL~it 


OOIlvliA 




cf\\\xX Hv.**r 
vAslli lj uiv.1 


panda 


rnarcnanunc 


A AfT/IVt/lfiO 


artifvccl 


bayngd pAfldc 


courbe 


krott 


froid 


dingin 


K nv 


raiâfXa 


Idoine 


biny ta ui a 


cuijfinicr 


totàapoo 


MJUilUlll.1. 




Gfianiurc 


n fil fi fin nllfi 
vçlC vif une 


marchand 


eran badagan 


puis 


frigj 


peigne 


fijeer 


herbes 


rompot 


veau 


. anac Jàppy 


chappon 


cabyrett 


Canelle 


cayoumank 


erain 


tombaka 


chat 


cotchyn 



VOCABVLAIRE. 



GvziU 
tAÇAA$bv** 
Je m fan J 

fax a awvU^ 

^a^bv* coKiifamCv 1 



Franchois. 


UlfalAyt. 


chafteau 


gettrtH 


coulTin 


banthal 


chaux 


capor 


chandelier 


damaran 


boutique 


ktàc 


Conicomrcs 


mïimou 


pierre precieulc 


bâton 


ou Diamant 


f tramât n 


Buxolle 


pedomman 


contrael: 


bitfzara, 


eicrcuicc 


catatt 


petit 




Coquôs 


nior 


Capiteinc 


mna coddx 


faire 


beat 


avoir pitié 
s. 


ampon 


boire 


minnon 


couvrit 


tvtop 


carer 


bamoula 


durer 


baUmbai 


dan fer 


manart 


feicher 


çsmor 


fonger 


mimpyn 


menaçcï 


britacot 


oblciuc 


cakin 


tuer 


matît 


divilcï 




penfer 


tbtnto 


inort 


bamaîtH 
j 


lourd 


touly 


trirte 


batzintta 


gras 


gommo 


drap efpez 


cayn tabbad 


alors 


cala cala 


fou ventes* fois 


boyniacalit 


la,illecq 


Java 


la mortie 


fantangd 


jour 


harry 


journellement 


farry frryan 


elTuyoir 


kayn earyn 


boyau 


forott 

tanXouri 
i \i j 


larron 


foif 


cryn 


double 


lipat 


pitoyablement 


cas fi an caly 


trois 


Hra 


vertu 


o 1 


tenue 


nipis 


cher 


mahad 


gout 


tyris 


fange,ordure 
village 


chamar 


nigry citgill 


ferviteut 


cranbeta 


fille 


anaparampuam 


diable 


Jcttam 


efpines 


Jury 


jurogne 


0 -an maki 



Cv>ta 

fan/g*? 

m 

inviy 
fajcAtro 



Pranchoisî 
huis 
bruagc 
planche 
joignant 
damas 
cell hemme 
menger 
fcandalifcr 
honnorcr 
hériter 
«galer 
finir 

pondre un œuf 
noble 

devanthict 
ailleurs - 
aunes 

premicrerneftt 

honnefte 

tinc fois 

ferment 

aucunement 

aucun 

cul 

ceuft 

poix 

homme honnête 

Canard 

demande* 

iôiic 

Retour* 

faute 

fontaine 

fcuift 

pktftuittkt 

Macis 

fin 

îompfc 
bon 
artillerie 
ferand 



fJMalaji* 
finto* 
mabù 
fapan 
dtkat 

foutrâtoùifi 
cran H ou 
mac an 

bomeyna 
beatkafatr 
bacaffèwg* 
bajjama 

Mis 

aian bat tlloof 
clubalan 
ealmary dolu 
laricnttmpà 
gas 
delou 
bode bayé 
(achtly inj 
fompa 
barancalé 
bïgition 
fartât 
tilloor 
cayfian 

cran bat bâtit 
itj 



VOCABVLÀIRE. 

Franchois. 



pômes de Granadc dilima 



nana 

foutra Qtlèudm 
couraitgd 
fonge 
boaboa 
fapirin boàt 
bonga paU 
dm 
pathià 
bacick 
btdiU 
bafatt 
fadang 



fouvenir 
fentit 
hier 

pierre quaixée 

aller 

donner 

attaindre 

curer 

feindre 

croire 

conduire 

courroucer 

complaire 

ftmtix 



tngathan 
iamati 
ealmary 
battouajfa 

W 
bry 

baampttr 
fagar 
icatpingafl 
bataott 
icott 
wnfàr 
îouck* 
iammM 



J*»*y. 

/\n>y iccu 

(VWAmJrt*) 
(W*AmjAM$-' 

(toAiJafapîn^a 
ficinf pat A 

açay AnfcfoU 
tfia^v anft>u\A 

6*9 , 

jvu/t a ^oîf\)iAb|«i« 

ÇVMïAVHj*: 

(ApimjaG** 
c(jAmSAMj}Af* 

^a/a 

A^faW# 
(CouaVAu* 

Cx^t* 
^niti/A?*** 

^aG?* 

far 1 . 

ÇA£* 



S 



rencontrer 

abayer 

accomoder 

remémorer 

commander 

faliier 

gracieufemem 

plaifir 

cichc 

courrouce 

fain 

grandeur 

graue 

fidcl 

heureux 

volontiers 

comunion 

entier 

bru fié 

rofti 

verd 

jaune 

orfeburé 

ceinture 

courtine 

chair falée 

chèvre 

grand-pere 

grande mère 

Dieu 

gibet 

montaignc 

oiaifon 

efprit 

compagnie 

or 

arefte 

aider 

avoir 

embraffer 

hafter 

taire 

marier 

refaire 

quérir 

hayr 

tôuflir 

oiiir 

commandèr 
dur 

fuperbe 
haut 

chair dure 
huy 

cornaient 
combien 



tJMalayi. 
botta mon 
thaugan 
mintan 
bango» 
mangoroan 
badammt 
bainga 

fouckamoidang* 
ttkttr 
loupa 
baick 
clubalan 
wamoulaj 
pctzjaya 
aran 
candati 
mambrjbtto 
boula 
waangnt 
pangan 
biron 
counj 

pan4tmajp 

daflar 

tidorc» 

daggbymésfmg 

€ambi 

iboft 

ibott 

diot 

gatito* 

gounon 

wnta 

lava* 

bajjiman 

ntajjk 

toulang 



ada 
baptlé 
laças 
totop 
cauyri 
boatlagf 
batva 
marouca 
batour 
dtngatr 
namangd 
cards 
crasamd 
tingy 

danghyncam 
haryiny 
appa 
barappé 
dda jiny 

Q 



'3****1 

^mainte 
laitue* 

ÙtaM f ««5^*3 

UMk 
été 

^am^^Wa^ 

^^MJA^ 
/«AYAttg 

^AirVwW 

f àbrviA 

tA^IVJ 
|5Ît A 



VOCABVLAIRE. 



ïranchois. 
elle 
îcy 
fain 
moitié 
jufqu'aicy 
cent 
Sire 
chemiie 
chef 

couvreckef 
Kiain 
oreiller 
maifon 
coyement 
cerf 
lièvres 
lievrier 
chien 
gelines 
enfer 
ciel 
col 

cerve^TX 
cheveux 
marteau 
bois 
cocq 
peau 
bourreau 
miel 

combien ce {a 
chafler 
voler 
entrer 
pafmer 
faire entrer 
je 

jeufne 
ouy 
en 
an 

damoifcllc 
fer 

entrailles, 
encre 
garçon 

inftrumctmufîcal 
choifir 
enfans 
agenouiller 
noiier 
peigner 
cognoiftre 
venir 
mafeher 
cftriver 
chaudron 



tMalayt, 

itos 
Jïny 

lapacr 
Jàpanga 

dicy yvy 
Jarattis 

ky&n 

bayou 

fapaf/a 

cayn capalla 

tangan 

bantal 
\rcuma 

bacatan 

roufa 

plande 

angby phndo 

augbyn 

ayam 

del avatana 

dylanghy» 

Ichetr 

cuta 

rambott 



cayou 

ayanlatky 

coveyt 

behgynganton 
mado 

barappejvy 
bovan 

bat âne an dioutafl 

majfo 
paya 

biar ntajji 

bits 

mouda 

iaa 

dalan 

tamvan 

Anna dare 

wùft 

dalamparot 
toulyfan 
bonda 
cotfiappen 
fily 
anack 
baùllo 
dabondaer 
fifecr 
bakanal 
datan 

. backelay 
parie tamback 



vm/a 

tAgtm 
AÎavy fana 

piva îcvu 
GuwcjA^yNJ 

prtWrtM | Ç Çfj w\ iat 
.(VHAWttA 

/auvSa») 

ONoA&D»} AMMVW 

%a\£ 

(iiiAMp tfiACAg 
>a\€iay£ 

^A^On^O 

j /vt£a 



Franchois. 
chandelle 
niifîne 
Chrcftie» 
bahu 
enfant 
vache 
mouftachc 
froment 
petit 
lampe 
enfeigner 
courrir 
cbucher 
charger 
loger 
mener 
prefter 
rire 
fonaer 
vivre 
efeouter 
livrer 
lai (fer 
léger 
laide 
friand 
caut 
long 
peu 

cfchcllc 
drap 

Poivre oblonge 

poux 

membres 

leures 

corps 

luminer* 

plomb 

meifehes 

mentir 

amour 

faire 

marequet 

cuider 

pencher 

mefurer 

troquer 

pouoir 

murmurer 

amye 

libéral 

moy 

mien 

maigre 

excellent 

manche 

demain 



UMalayt, 
damaer 



fatou nejftranj 

pyty 

Anack 

fappy 

dangedt 

gadon 

kit fie * • 
lamara» 
blaygeer 
bailary 



faratcan 
(aling 
engoucan 
meingam 
retava 
pacolganta* 
idof 
dengher 
bryaca» 
ùngalca» 
ringan 
iahat 
calaparm 
tzerade 
pangan 
fadekit 
tangx 
cain 
tabee 
cotto 

baou tangan 

bebeer 

baden 

tarran 

tyma 



dûufia 



boatt 
tanda 

teinta ou ingat 

pandebryckatt 

oucor 

toucaer 

bo/lee 

bafjbngot 

caffe 

lapas cou 

kita 

pongA 

cornai 

bacick 

tangan 



f>A#£ 
*A\£ 

QMbxxgy 

f&tfM»*lAg 

c-ff<f 

.VUAKlivA 

ptravcfl 4 



VOCABVLAIRE. 



Pranchois; 
paravcnturc 
davantage 
moins 
plufieurs 
las 

confanguinitc 
fol 

coutel 

coutelier 

niaffon 

monnoye - 

nionnoyeur 

poularc . 

fourris 

laid 

puccllc 

bouche 

mary 

mois 

niefurc 

amy 

^tiraille 

marche 

conviue 

maiftre 

fiïîhc." 

neblc 

jneumicr 

natte 

lune 

bonet, 

mats 

midy 

mere 

mouftarde 

approchci, - 

coudre 

clouer 

nommer 

ffterniïcr 

inviter 

prendre 

reciner 

humilier 

arroufer 

aguillettcr 

haineux 

^ouvean 

^iligc nt 

bas 

or 

non 

ttullcparc 
ïien 

Reformais 
jamais 



f 



\Malayt. 
fapattaum 
lagy 
cour m 
bayntan 
lala 

fendant 
pifou 

pandepifou 
pagtr 
harta 
pandearta 
candAparampnan 
tiecs 
fou/ou 
anaâara. 
molot 
lacky 
bonlau 
octirafl 
fobott 
cota 
pajfaer 

tampamacanan 
pandebtllagatt 
tapon 
$fan 

cakmary 

pandebounûff 

ticaer 

boulon 

toudeng 

tung 

tingarf 

tnaa 

fafdve 

moampctr 

waniayt 

pocolypocoti 

namania 

baiou 

pangtlntàcan 

rnacan^otrt 
boathambacr 
i bafo 
icat 

Icliatiahat 
bar ou 
%erredc 
bavas 
facaran " 
tida 

tida bar an 
tida ada 
facarandoloH . 
iidalagy 



couvai) 
<?acte* 
fa (vu 
cacay 

fabÎMj 

iawa 

/^avifo*) 
fana 
fitwfai) 
vcwvav) 

pacjac° 
paffa^-o 

<^6v*j 
/apojj 

pafanj *fciw* 

/ica^ 
gtjufavj 

/ia*\3 
6fuja«fcitt* 

fafav^ 
A«\apa\acfe 

^avang 
/palcu 

r a^i^ ^^^î) 
^£a^ 

^niavijat) <5°*** 

jaw^Safa*) 

ganio 

IgaAgafa 
fiavo 

*a£é*) 
*>*apA\ At) 



Franchois. 
perfonne 
nombril 
nuid 
ongle 
aguille 
cou fine 
neveu 
nez 

Cloux de Girofles 
NoixMufcades 
Nord 
allumer 
defiuner 
révérer 
détacher 
de pouillcr 
détenir 
déclouer 
deceindre 
décoller 
refufer 
entamer 
enfuir 
endodrinci*. 
lever 
révéler 
monter 
mander 
obedient 
vomir 
enfuir 
palier outre 
environner 

refter 
revelér 
defchargef 
guerroyer 
rencontrer 
malfain 



vicl 
impudique 
ignorant 
outre 
pieca 
naguerres 
a caufc 
congé 
aufli 
incertain 
cmpcfche 
impoffible ' 
inégal 
bceuf 
ceil 

aurcillé 

huile 

four 



CMalayt* 
tida jappa 
tandaporot 
malam 
hkou 
iarom 
anackncènt 
tzoubou 
idom 
chanke 
pala 
bara 
pajan 
tnakanpagy 
takot 
jalyn 

falyn packian 

ïahan loupa 

bacadivaer pocou 

CAulwacrpingban 

baîtatta cap alla 

candxty 

car au an 

larjean 

berytadoulou 

bangou 

backatart 

riayn 

caf 

tondocan 

ptoutacatt 

Urycan 

byatM 

couleTjy 

diatasdiang 

bouca totop 

falingkan 

moujô 

batamo 

facït 

tuora 

docana 

yni tida tau 

dïatas 

Umbatbinga 

tidabanga 

carna apa 

minta dolu 

bygitoin 

iidafongo 

adafoucar 

tidabanar 

tidefamma 

lobot 

ptata 

talîngan 

mingan 

dapor 



/tJHfcanai^ f exc £ 

çÇanti* 
Vax* 

%>Hx€fp 

(iiianja^fJ^^ 

^a^vjcvfam^j 
<i/j"iafafj 
^yviafou ^accw 

|ya^<***«i^fca9 
c4iHa/g 

Avavajay 
/\avaif J 

^vicw/a^ 
fa\ica*j 

^av-ff^wj 

^gaifwm^ 
^«njact^ 
fu\?\a 
«xwaavav) 

fava^) 

v*afavaÇ 

ravvia^ata^ 

Vifrftica^ofu 

^wiac^Mv 

cuva jcvi^ja 

rtnviajaM^ 

«ta6a*iav^» 

0 



ïafitijAt) 
favi^<i 
IÇa|j«v 



chait 



vocabvlaire; 



FrançhoisV 
chair de Boeuf 
rcchcvcur 
obligation 
fource 
occafio* 
orient 

E.quart au N. 
appaifer 
cueillir 
penfer 

empacquet^ï 

priÇcr." 

prîfcr 

emprimer 

piiTcr 

efproucr 

planter 

expérimenter 

afflefUons 

tourmenter 

profpcrcr 

plat 



UWalayt. 




ddghy lambê 


t«KAç£ f<*py 

£. l ie 


tariman 








doits 




fj.ru A dYifchù 




timor 




îimor 




bodtÇoucké 




cadavacr 


r y 


inzat can 


v^Soai vcc4»i 

J 


bout bûttcûfân 




taver 




CdfTc 




lafis 




chanfchyn, 




rajjâ 


HT* 


tanam 




Icdtdinx 




àïarcin 


^4fVg4vc4tj 


commatacr 




fonda caya 




pngdn 









Pranchois. 
paire 
cheval 

papier , ;.. 

baril 

poivre 

pot 

porte 

puis 

gage 

tripes 

poignard 

Porccleinc 

parroquet 

Pilote 

plumes 

quiter 

vexer 

bleffcr 

mavais 

qui tance 

quiter 

jeu des cartes. 



CWalayi. 
dudcatît 
couda 
carias 
boncoufan 
Uda 
tapian 
fintou 
prigby 
gady 
forot 
cris 

mancoo 
mry 
mallim 
boulomarulis 
lapas can 
bondt moulagan 
add loue a 
ghahatt 
papas can 
carianiam baick 
cartas biguidit. 



^U4\îfju9 

Jafc£ç4»j 
vxity 

lvn/vuy4>} 

4414 

J4\>£ (VV\X>uty*&f 
fÎ9^t?C4^ 
4^4 

4i44\t)J^ 



SENSVIT VN AVTRE VOCABV: 

L £ I R E, SE VLEMENT DE LA LANGVE M A LA Y TE B< 
Franchoife.Qr la langue Majay te cft u fée par toutes les Indes Orientales, çft aulîî en ufagf 

es Mpl.ucques.Quind à là Portugaifc eft fort utile par tous ces pay*,a caufe qu'il y a partout de^Truchemans 
Ôc en Hollande,trouvc on en tous, les boutiques des Vocabulaires a vendre ' 



Trahçhpis, 
Compter 
confeilïcr 
richefie 
voiager 
net 
riche 



piller 
régner 
gafeher - 
rouge 
rade 
crier 
du Ris 
dos 

anneau 

fans vous 

frappez 

agu 

aigre 

malade 

maladie 



Uvfaldp. 
Bilan querd cjutra 
bytjîdra 
or a caian 
bdialdn 

caian 
barevtyn 
manfiuri 
koucom 
fanganii 
mera 
laças 
pangil 
baas 
bdUcca 
cbmchyn 
fimbtri 
clam 
taÇiam 
rxafam 
Jakyt 
Jakytan 
barancalla 



Franchojs. 
Eftroicl; 
pelant 
vipère 
cfpaulc 
fable 
caut 
hardi 
bouiller 
chantre 
chanter 
plat 
queue 
éviter 
viande 
ville 
fermer 
jouer 
foir 
piler 

qucnouillç 
ranger 
Saffran 
forger 



Malayt. 

Nypis 

barat 

tolar 

kant 
fdjfit 
farUnt 

bran. 

wajfakan 

mïnitnhi 

mintthi 
pingan 
teot 
Un 

macanan 

negri 

cuntfican 

bafiudi 

molam 

tomba 

maganti 

baiki 

çonnyr 

fdndckan 



Franchois. 
Marefchal 
foucy 
dcbvoir 
dire 

dimanche 

dormir 

doux 

rcfpandre 

charte 

fourbiebettç 
depuis hier 
ferrurier 
folie 

puanteur 

puer 

îbulicr 

fort 

pièce 

piquer 

batoa 

fufêau 

languir 

cftroift 



Malayt. 
Vandabisfi 
hytehinu 
tfitan 
hccattA 
Umna 
tydor 
timor 
tompd 
tjïufi 
Sapit 
c^almari 
fdndccontfi 
gyla 
trojjh 
ini bonjjà 
haiparts 
cr<u 

fâppangdH 
wdttfuiri 

CAÏU 

antra 
fat an 

C9TAM 



CMalayt. 
tarât 



Franchois. 
pcfant 

goûter fadab 

houer fangali 

clic J$a 

fier gergtfon 

lente cor ancras 

miroucr leatdicaefia. 
garnir de quelque caerfiabatU 
jurer (chofe fompa 

lacérer tjiarri 

pierre battu 

écrivain ittrtulis 

houe fangali 

dormir fidor 

linceul fellimo 

fondre andtior 
Tille 

parler fcWj 
luire (ments terran 
toucher les inftru- befuidi 
joueur d'inftru- pranderebor 
maculer (ments boatfiamar 
fervette tomal 

envoyer Juruan 
mourir 

moucher fuit fi daman 
aager barnan 
navire cappal 
marinier eran tua para* 

fiier 
noir 
cftouper 
épargnes 
pefche 
coups 

tue ialan 
tompre tant 
miroir tiaermin 

argent Jerfi 
bras backeyen 

tout en général famoang* 
couper /tfffg 
labourer iatcya 
Araca pjnanga 
poudre de Canon ooby 
paifant alforees 
laportez combaly 
Buffle carboo 
Boueq gamby 
«dieu tyngal 
frère tddolaley 
barbe Jg*«!g* 
ventre ^«w* 
*>s 

dehors blowatr 
mifericordicux carnguanUr 



entrante 
itaw 

gallam 

campon manaro 
dofa 



VOCABVLAIRE. 

Franchois. UMalayt. 

payer chiny 

f aI1 g dama 
lafeher les vciucs bcwangdarncr 

livres fy'^ 
achepter 
marchand 

petit «fg^' 

venez ça marée 

Candie caiumaint 

eferevifle horra 

Chivettc gattodalgalix 

Calamus dirimgo 

herbe dingyn 

bronfe tambagk 

chaux capyer 

le jour «7^ 

tuer tenue 
la 

ccftuy-la itomn 
mort 

boyaux /*™' 

trille chinta 
j e vous remercie terymacacke 

menger ptakan 
vinaigre 

demandez minta 

devanthicr balmariis dauU 

œufs tdoor 

canards Me 

Macis tengâ 
fouvennczvous engat 

trouve botonuum 
allez 

allons wrjf 

hier balmary 

couftume efieedat 

donner^ berny 

verd ife 

vous fakanen 
briques 
faliiez 
voarre 

un Canon bedyl 

n'eftpasbon tiedabayek 

bon tayek 
grand 
argent 

or *f 
bonjour 

va t'en 1 tachgbj 
combien haUf* 
i C y (tcz vous cbiny 
cornent vous por- bygimana. 
le coeur ^ 
aider toulong 
frapper 

clic rambojel 



Franchois. CMatayt. 

col £0«/<?» 

touts cafelk 
main 

chapeau hkedang 
Sire 

chien *^55*f< 
tenez bonegàrde tage 

combien cela barafpt itu 
une poulie 

un bois cayo 

une maifon roem* 

moy fnanytA 

an *<h»wi 

glace Ai*» 
encre 

jeune tttonds 

y a il ^ 

garçon raf/fo* 
jenel'entcnspas tyedatau 

je ne le délire tyedamau 
je ne l'ay point tietada* 

jelay ado, 
je vous remercie tarrimacajji 

cognoiftre bunal 

petit kitchyl 

choifir rffoawrc 
roquets 

entant ^«tf 

herbe tberbcdjl 

Roy rwf£« 
terre 

leurcs lambbydcr 

laiffer Jî/* 
plomb 

lampe falyta. 
charger Tarqucbu-jS fedîji 
lnmicre (fc 

vie W£rft>* 

coucher baring 

avainder dufta 

laiffez gangs 

delaiflcz iangemafi 

faire bretottn 

demain j/SwA 

couteau /w/tf* 
homme 

nuift i»*/*** 

nez yntf don 
après 

clou 

aguillcs narotft 

nenny fiafc 
Moi x Mufcades faiU 
Cloux de Giroflesjî/wb 

noix calamn 

oftezlc amvtl 

Ardùprcftrc ctdda 

G 3 âlluMCf 



Franchois. 
allumer 
yeux 
oreilles 
huile 
oreiller 
nous 
oncle 
viel 
lever 
guerroyer 
Eléphant 
bœuf 
plumes 
papier 
poivre 
Perle-amour 
ris 
dos 

anneau 

rouge Oamoifi 
jurer 
houtir 
doux 

Dimenchc 

fœur 

agard 

dpaulcs 

taire 

elle 

noir 

foulicr 

fel 

argent 

malade 

il me faudroit 

pefant 

îàcx 

acier 

mourir 



Malayt* 
pajfai 
mattyc 
îalingA 
nuagm 
bantel 



tua 
bangs 
backelay 
catgba 

fih 

calamp 

cartas 

ùda 

peffa 

bras 

balaccA 

chïinfin 

faccalata mur a 
femfA 



manys 

ionmahet 

addeparapas 

doduer 

baon 

dycm 

dya 

iîA 

afon 

matary 

fecA 

jabiit 

tebylaccA 

brat 

corni 

ntglt 

bantarm 



VOCABVLAIRE. 

Malayt. 



Franchois. 
plats 
miroir 
force 
efpingles 
efpée 
efeu 
javeline 
frapper 
je fuis malade 
marefchal 
fort 
navire 
argent 
brebis 
pierre 
fel 

bariquclle 



pycnntg 
Jàrmi 
goethieng 
cAhemtun 
padang 
Jalrvackc 
tomba 
pockul 
bytefecatA 
goedA 
cras 
capal 
falacha 
domba 
batu 
garram 
prau 



femêce de la mon-Jatani 
dents (ftarde Anton 
but 

lorbifiA 



langue 
Truchcman 
ce II trop 
corde 
affranchir 
eft vuidé 
crainte 
poiffon 
vendre 
perdre 
plusloing 
amitié 
front 
doigts 
entendre 
oublier 
tempre 
combatre 
chair 

pardonner 



foeda 
taly 
lepas 
pacafuyra 
tacat 
ican 
iourvat 
ilan 
bapA 

pondarr* 
batAck 
iarjary 
taven 



pagy 
backalayo 
lalyer 
ampo 



Franchois. 
bru lier 
demander 
chauvefouris 
pied 

beaucoup 

monpere 

une femme 

pucelle 

jounenceau 

amy 

porcq 

oifeau 

feu 

beaucoup 

jumundices 

peu 

ou 

gaigner 

chaud 

malheur 

a caufe 

fourcils 

nous 

vale d'eau , 
ou eft il 
caue 
bien 

que dis tu 
garde toy 
hors la voye 
Tamerinde 
Pompon longue 
bois d' Aloes 
Gallegan 
Gengembrc 
Laque 
Parroquet 
Perdrix 
Voarre. 



CHalayt 
baccAr 
betangia 
Iavo 



betababpa 

•fArAnpoAn 

naymoeda 

cemoeda 

mAetylootj 

fih 

borron 
apy 
bange 
çhttho 
felykit 
dymana 
menang 
penas 
fayA 
fadyni 
aliis 
dep 
lande 

WAYiAAdtil 

eyer 

JauÇa 

Macatta 

nanthj 

hlm 

# 

iaccA 
garro 
lavwas 

aliA 

c ai u lace A 
lori 

m 

looro* 



Compte a U Malayte. 



Franchois 


OWalayt. 


Franchois, 


Vn 


Sam 


Treife 


Deux 


Du A 


Quatorze 


Trois 


Tjga 


Quinze 


Quatre 


En fat 


Seife 


Cincq 


LymA 
%am 


Dixiept 


Six 


Dix huict 


Sept 


Toufiou 


Dix neeuf 


Huid 


Delapan 


Vingt 


tfœuf 


Sambalan 


Vingt & un 
Vingt & deux 


Dix 


Sapûlo 


Onze 


Sabalas 


Vingt & trois 
Vingt & quatre, 


Douze 


Dut fol** 



CMAlayt* 
TygA balas 
En pat balas 
LymA balas 
Nam balas 
Toufiou balas 
Delappan balas 
Sambalan balai 
J>uapoU 
Duapolafatn 
PuapoladuA 
DuapoUtygA 
VnapulAtnfAU 



ïranchois^ 
Poivre 
Macis 

NoixMufcades 

Girofles 

Eauc 

Riuc 

Argent 

Reaulx 

CafTes 

Poiûoa 



VOCABVLAIRE. 

r Aucuns Vocables lavans. 

Franchois, 
Poignards 
Navire 
Ilyarrop peu 
Vn grand Canon 
Arquebule 
Pour qui 
Pourceui 
Bœuf 
Chrefticns 
Effranger, 



TinduVocabuUirc^. 



BiTfonpXs^ | 
CEft lcfiege R,oyal,conlcillant avecq fes GenulzhomiiKS & bu b ncurs i 



Brkfve déclaration du N°-2o. 



de chofes d'importance. 
D.EftlapnncWeMofqueoiiEghie. L 0,^^ 

E Eftle grand Diable d'Eléphant , belle fort crueUc, Comble &uihu- 
maine,de la léguer de deux hommes ; a ctoe & aguarie eu la guerre. 




i 



Déclaration plus ample du Nom. 20. 

_ ; • nr.n<!iTiefmes conduit:) premièrement mon toit il cincqdegrcz 
U*iL>m ks portes de pardeça Lt'fort 
1 . en haut,par une porte eftroicte • Jij paflais les murailles font faiftes de briques , & pavées (comme 

cftroiaes & baffes-Arrivames en fon -V™?** sleseftab les des Eléphants du Roy, chafcunapart,foubz un 
chez nous) de milles: Devant que d'entrer au 1 au d E , h t du Roy lié du pied a une 

«oia,bamfurquatrcpitos.AumUieuyavouUungrandpai,auqi b ^ p 1 g ^ 



enft 




DISCRIPTION DE LA MAGNIFICENCE 

grande chaînc,Ie premier que vîmes cftoit l'Elcphât du Roy, duquel il fe ferr en la guerrc,unc befte fort fauvage,quî aa 
fommé mainte pcrfonne,grande & robufte a merycillcs,dc la longueur de deux hommes, le mufle cftoit a rny blanc,d 
ces Eléphants y curent 1 3 .en nombrc^l'un excédant en beauté l'autre/ont péchez & gardez par certains homes , qui les 
enfeignent chofes eftranges.Apart font ilz amenez journellement en une folle prochaine du Pallais Royal , ou ilz Coût 
Iavez,lesfontprofterncr&terre,tourncr,vircr,&:pluficurs autres ftratagemes. B.EÛ le Pallais fufdit, C. Eftlefe- 
gc Royal conftruit de picrrcs,ou il fc met feul en forme d'un Coufturier /& ces Gcmilzhorumes & vaflàulx font afli* 
autour de luy,dont en vimes encore plu fieurs autres fieges au dit Pal lais & court; Cefte aiTcmblée fe faicl: quand il y a de 
quoy trai&er touchant la republicque. D . Eft la principale CMofqne 9 en laquelle n'avons pas efte. E. Eft legrafld 
Eléphant dfi Roy,lcquel fecut fi bien manier un glaive du mufle qu'aucun homme , & quand on le commande de trjtf 
ïuicun, ac le faicl: il pas feulcment,mais le jette fur le doz en la prefence du Roy. 



Briefve déclaration du N 0t ai 
A.Eft la maifon d etous les bagages du Roy Tubain font gardcz,& cm- j cftoit nourri,& enfeigne de leurs maiûrcs 
pacquetez en coffres, voire qu*il les a incontinent prefts, quand il veut 



Faire quelque entreprifè, 

B. Eft la mai ton des Cocqs combatans , qui font fermez en un lieu apart 
en grands corbcilles,& (oignez de leurs maiftres. 

C. La Toge des Parroquets (nommez Noiras) les plus beaux, intelligi- 
bles oc plus amiables , de tout l'univers , certain oilèau,fort amiable 



D. Eft la loge des Chiens de touttes fortes,qui font auffi cnlêignez conv 
me les autres de leurs gardiens. 

E. Eft (comme vifmes le Roy aflis joignant nous) fbivEIcphant, ainfi 
qu'il vient tout doucement côme un anneau , lèproftemer agençai* 
& met le mufle iùr une pierre, le Roy le dône certain fruit, & après sfr 
tourn il vers fon logis. 





Déclaration plus claire du Nom. 21. 

EStanfs conduits & arrivez au Pallais,nous fuft montré certaine maifon (quotte'c de la lettre A)ow fe gardent le bâ* 
gages du Roy en certains bahus y qui y eftoyent en grand nombre en taiïez & pikz,dont toutte la maifon en cftoit 
accumuléc,tellernent que quand le Roy veult entre prendre quelque chofe ha toutes fes armes preft. B. Eft la 
maifon plus prochaine,ou eft la gifte des Cocqs,pendants en Corbeilles comme chez nous les alouettes & font lefdiâs 
Corbeilles fai&es des baftons cfpcs a l'inftar de deux doigts comme poiies vcoir en cefte Figure, & fontgârdcz d'aucuns 
qui y font ordinez qui les pafeent, penchent, & enfeignent a combatre , tellement que quand le Roy veult veoir aucun 
çhçf d'oeuvre de fes Coçqs,fcav gt incôtinent ^ui en eft le maiftre, & fout ont pii» çholeicz,a «ufc qu'ilz font toufiourfi 

fenace 



ilcs 
but 
fie- 
iflls 
ide 
and 



unfi 
ou* 



>4* 

oit 

tu 
as 

ins 
un 
us 



DV ROY DE TVBAR 

m^LcsParr^qu^^ 
Niables W ^ 
^ulcn^esplumcs,^^ 

ftresen avonsappotté un comme as entendu cy devant , &fontnomn itz ots i or 1 ,. - , am . 

Holmes) ^"habitent «n aucunes contrées des ^.^^^ r ^^f^ q ^^2™X 
re a en eux achevé touttcpcrfcc*on,car fin la poitrine & oubz le corps ^^SéCdSSSi SfiSS 
^lesaifles, menées verdes & blcus.foubz les jaifleson. dz «"^^^^^S^itepl,» 

beaux)a/fw/W^conim .,5 rirH rmr leurs mniftrcs qU'ilzcos- 

par a W ^ «fc «M " P "f^Sr «î bo S ^ es oS«S Semais quand 

uoiffent d'un ferme entcadcmcnt,elpluchent la barbe , le n un «f^^MJ^g a „ p a , ais Roya] • om )cur 
ilyaunautreeftranser.legratent&mordentcommeunCh en ^^^^ J icmm t ^ ui ^ 
Siu C rurunbaton,firmeauncercledontaubou^ftu„aug C ^n^ 

BfkfvediÇcrifûon du NôfoM. ' 

Vccy encore h magnificence du Roy Tukuii, laquelle il tous mon- | dpnten 
fooitperfonnellcriient. „ , , s ; . • 1 VnrDreïcncceuftil plulïcursdifcoursavecqnous. 

sVEft le lieu de fes oifeaux aquatiques , refcmblans a noz canards ma s ^ Sont ks lieux des Concubines du Roy bien 500.cn nombre. 

plus grandsjcs œufs excédent en grandeur. k&noftLes,& pour iai^w 1 ma^. 




DISCRIPTION DE LA MAGNIFICENCE 



1 efforcent dcmandoit la grandeurdenoz Chcvaux,difions,commc vos petits Eléphants, dent en avions v eus aucuns 
petits : le Roy s'en rit , &cuidoirqucccfut moquerie , mais voyant que Jedj/ions a bon efeient priaquclevoulion 5 
atnençr un tel Cheval & Chien : niais refpondions qu'il n'eftoit pcfliblc défaire. Ê. Montre- l'Eléphant du RôY$ 
quand le Roy eft quelq; part en fa court, luy cômande Ton maiftre,& dit va tcn,le lloy cft la,faic"kz le revçrece 4 , 6: alors 
s'en va il Û\fy qu'aucun le conduife , & le met a genoux devant le Roy, qui 1 e prefehte certaine mengcaille,& après s'ea 
il vers Ton mai ftre- 



Defcriftionf ïfM claire du Nom. 22. 



moitie.Sortants de ce jardin paffames derechef par une porte j éfa le Roy nous codu ît en cette maif on B. en la prelènce de ±.dc lès femmes cfpoufo 
les i.plus agecs le vindrent recevoir joignant rhuis.De ces 4.10110$ avoit il 6.filz & 2. filles. Et citants ainfi en laprefèncedc ces femmes , degaignoit 
de- lean Schuermans,ayant une manche d'orce/ert clairement kiifànte & les monltroit la blanche feuiileje fit aufli dcfubler lechapeau, 3 
fin qu'ilz pbvoyent mirer fà blanche & polie corne. Entrâmes en la maifôn,vifmes deux de ces plus jeumes fémes,guigner derrière une nate,& tous 
ces femmes eftoyent fèrvies de certaines vielles ciclaves. Au dehors cefte mailun 3 eftoycnt aiîïs certaines Concubines , comme voyez en Ia lettre C» 
veftuz d'une rine toile de Cotton. D.Eft une place f èpai ee d'une muraille,eltions conduits par une fort eftrokte porîellette, en ce lieu fè prcfenter& 
certain nombre des Concubines du Roy,touttes an* if es en rang,& veltuz a 1 ordinairc 9 ayants leurs logis tout alentour de la muraille , ou les moi*" 
dres habitent pour lèrvir aux grandcs,ainii que l'une cil en plus grande réputation que 1 autrc,& comme panâmes par une portelette marquée dcl* 
lettre Eivimes en un me fine ordre un grand nombre des Concubines vcltucs comme les autres , & eftoyent touttes cefdites Concubines (ièlonl* 
conjecture) bien en nombre de 300. 

Brkfve déclaration du N x 2^ 



A{îèz ne nous pouions elmerveillerde la familiarité du Roy Tubain, 
corne il nous fit entrer en là chambre de nuiefc , retirer les liens 3 & nous 
fitvifùredu tout. 

À.Eft comme il le coucha au îit.efhnt le chalit une table de pîerres,tail- 
lee tout alentour des rucillagesje lit & oreillers eftoyét de l byev B. Eli 
la Fille du Roy, jouant avec lbn Père devant la couche, ornee aux bras 
dts richez amicaux. 



G.Eftions nous trois ailîs fur une narte,ayants plulieurs Dilcours avecjl 
luy 3 oyoit volontiers parler de noftre manière de guerroyer -, ce que K 
racomptions par k me nu . 
D.Eftoyentdes Tourtclles qui pendoyent autour de fbnehalir , parp^" 
res en corbeilles , elontles cichcllons eftoyent. entrclaflès des beaUX 
Corals de diverfes couleurs , chofc récréative & plailànte a veoir. 



v r 0 



- x : 



Discours plus ample dn Nom. 23* 




lions 
s'en 



rcA.) 

lices* 
gnoïc 
:au,a 
:toU$ 
reC 

:dcl* 
lonl* 



rpaî- 

>caui 



1 



DV ROY DE TVBAR 

LE Lecteur faura qu'avons 2 .fois veu la magnificence Roiallc du Roy Tubain , mais non point tous a unc-fois 
a caufequeftions la dernière fois trop des gens,& pourtant fut la refte des noflres conduite par une portclettc au 
dehors du Pallais,c X cepte nous trois,qui demeurèrent chez le Roy.qui nous conduit en la chambre des Tourtu. 
ielles,licu de fon dormitoir,fe coucha au lit (quotte de la lettre A.) le chalit eftoit a r.nftar d un _autel.de h , grandeur oïd,- 
nairc bafti entièrement des pierres gris,& taillée tout alentour des pillages. Sur la g.ftc du ht cfloyem les Patres plus 
îargc S) a caufe de lafraifeheur, le ht cftoit de foyc,rcmpli (côme les oreillers) des plo^* 1 ^^^ 0 " 1 ^^^^" 
fut fpergee une nattc,pour nous aflcoir.felonleur manière côme on apporterez nous les «^^ for ^f^Z 
affiscômekscouturicrs.côbienquenèl'cftionspasaccouftumé. Nousinterrogeoit aflczboneeipacel eftatdei oft c 

W,kqud le «comptions par ^^""l^iTfôr^ 
mervdlkntqu'aviot^ 

denozannesrepôdionsdesArquebufcs ) Mufquets,Piques& P luiieurshômcsa^ 
descoup S desAiqucbufcs,voiiedescuiranicrs,ftii:unsungrandtintamarredes 

^ûtcimonschafcûpeut^^ 

vintuneelclave(char S éeavecunedesfillesduRoy)devâtfonlit>quelleeftoitornee^^ 
«Hellegrav^evant^ 

natte) 3 ffeukts, affez bonne cf P acc en fa chambrc,avecq lcRoy & fa fille, c* les fien «^^W£5SS 

P°ur lafraifeheur , mais iont ridez des Courtines. , JD. Sont les ioiutuiciies cn^uuuo w t , 

Rendions font lafehées de Coral de di verfes fortcs,chofe plaifante&facheticuie. . 

Briefvedifcriftiondu Nom. 2 4. 



Celle Figure du N6.24.devoït eftre 2 5 .mais a caufc qj le vîmes demie 
£ment 1 avons mis pour la fin , & fert pour môftrer la cuiiolite du Kov 
Tubain. En celle ville y a il mainte maifo des riches boùrgeoiS,qui n cit 
pas fi belle que ks diables de ih Chevaux, qui eiloyerit fept en nombre, 
ceints de colle des efchallons à eftarts baftiz de la terre,* fin auc les fieps 
pouvoyent tôber en rerre.En chafq; diable n'y a il qu'un Cheval lie a la 
c *eiche,Ies Chevaulx font de petite itature,inais fort beaux , les jambes 



tenves légers à la courte, fonrentfeuxheeftimez a fin qu il 11 y en a pas 
beaucoup, les haïriez font a leur mode bien excellents tellement qïi il : Te- 
rnit blé eftuiic chez no 9 ,& on leftimeroit eftre une çhofe hngulicre. I ay 
Sris cecy pour en fervir le curieux Lecleur,a fin q u il pourrait veoir qu c 
ces contrées les gents ne font point fauvages mais font grands arna- 
t ^detouttescSoibA^«^ dctoaftaTO - Sontgentsfort 
experts en h guerre.